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Pied Noir

Créé par Oeclyde le 15 Novembre 2020 à 10:59

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Oeclyde Posté le 15 Novembre 2020 à 10:59 #1
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~ Oeclyde Ganicus ~

Nom : Ganicus
Prénom : Oeclyde
Sexe : Masculin
Race : Humain
Âge : 55 ans physiquement + 80 ans d'existence
Taille : 1m83
Statut : Senateur
Lieu de Résidence : Secteur 1
Activité : Premier Consul de la Chambre des lois


Voix : VF : Thierry Desroses doubleur de Giancarlo Esposito


Curriculum Vitae

Actuellement 
Gardien du savoir à l'Ordre du Griffon
Premier Consul de la Chambre des lois
Sénateur Impérial
Magister en sciences politiques
Historien chercheur linguistique
Anciennement
Legatus Imperatoris
Haut Dignitaire
Noble
Librarius
Fondateur et directeur de l'Université Impériale
Magister en droit
Délégué du Dreadcast Network et de la Chambre des lois




SOMMAIRE
Oeclyde Posté le 15 Novembre 2020 à 11:02 #2
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I. Une ombre dans la lumière




« Et lorsque j'entrai en ces lieux, le silence demeura. »

Nonobstant le silence, il fallait y faire. Quelques minutes lui suffirent à se demander de l’intérêt de son entreprise, et sans crier gare, il s’exila de la place, sans le moindre mot ni attention. Preux guerrier de la curiosité, il n'en fallait pas plus pour se détourner de la niaiserie du bas peuple, et d’hypothétiquement faire autre chose que d'aller dilapider son maigre cachet d'allocataire en prostituées alcoolisées.

L'impérieuse maison de son sauveur fut le seul endroit où il pu passer la nuit. Une nuit bien tranquille à l'égard des malheureux qui jonchaient parfois le sol de la rue, et qui avaient comme lui un jour, bénéficié de l'assurance d'une vie meilleure. Une abjecte vision qui remontrait dans les tripes à tout ceux qui manqueraient d'un minimum d'ambition. Dès lors, sa tâche se révélait difficile, mais densément motivée.

Il ouvrit son calepin l'air approbateur, notant minutieusement les multiples possibilités qui s'offraient à lui, quoi que peu convaincu par certaines. Et en juste parmi les braves, il embrassa la journée qui s'offrait à lui, une détermination que cachaient ses petites lunettes rondes, qui lui donnait un air détaché. Et à mesure qu'il rayait noms et merveilles sur le carnet, il demeurait confiant.

Et si cela n'était pas aujourd'hui, on ne sait pas de quel pain sera fait demain.

****


« Un pied noir ? De quels premiers nés il est issu ? »

Il se gratta sa barbe imaginaire.

« Aucune idée, mais c'est pas courant. »


****


« Oeclyde Ganicus, immatriculé 50956. »


L'homme en blouse blanche consultait ses fiches, un leger rictus à la tempe vint interrompre sa contemplation passive.


« Déjà des antécédents médicaux ? »


« Une vision partiellement défaillante de loin, et un problème aux jambes. Il va falloir lui consolider cela cybernétiquement, sinon il ne marchera pas. »

« Je ne vois pas pourquoi Thallys lui a donné une raison d'être, même comme monitoré, il ne devait pas être très utile. Il est faible, c'est un éclopé. »


« Quel gâchis d’énergie, surtout en ce moment.. »


****


Il inscrivit à son carnet : "Ne pas oublier de prendre les deux gélules tous les soirs."
Avant de le ranger dans la poche avant de son veston.


_____________________
15062014
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Oeclyde Posté le 15 Novembre 2020 à 11:10 #3
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II. Dance et déontologie


Il prenait ses gélules chaque soir dans une lassante monotonie. Une grimace et une brève mais délicate caresse sur ses cuisses qu'il se concentre sur son interlocuteur, où plutôt, ses. Il décrocha ses lunettes de son perchoir, et les rangea dans son veston. Lui même se posait beaucoup de question sur le sujet qu'il traitait, et il espérait sincèrement obtenir autant de réponses qu'il pourrait en distribuer via la presse. Il souhaitait faire la lumière sur ce qu'il se tramait dans l'obscurité des souterrains, et percer l’obscurantisme de la communication Impériale, famélique à son grand regret.

Après un bref échange de regard, leurs mains se joignirent, prêts à s'entendre.
Avant même que la danse ne commence, le pied noir marchait maladroitement sur les pieds de sa cavalière.

« Ce n'est pas "Dame" mais Lady. »

Il ignorait que pareil anglicisme était utilisé. Il avait pourtant lu quelque part que la langue officielle de l'Imperium était le vernaculaire, mais qu'importe, autant de repartie pouvait-il avoir, son avis ne comptait pas vraiment.
Mais il ne se laissa pas décourager, et reprit la valse avec un nouveau partenaire, non sans une certaine aisance dans un premier temps. Hélas, la moindre tentative d'effectuer une figure échouait lamentablement, car nouveau cavalier ne connaissait pas cette danse. Alors fallait-il être classique, quelques mouvements de hanche, pieds alignés, sans fantaisie. Et alors que le pied noir ne bougeait point son regard, celui de son cavalier était tantôt fuyant, tantôt méprisant.

La danse fut longue, si longue qu'on en oubliait la première, si bien que cette dernière paraissait fade par rapport à l'actuelle.

Quand ils eurent fini de valser, nouveau cavalier intima l'ordre de ne pas oublier la première. Mais elle était si fugace, que s'en souvenir serait douloureux. Nouveau cavalier lui expliqua de nouveaux pas de danse, mais ce n'étaient pas ceux que l'on apprend habituellement.

« Relisez vos codex et passez un diplome de droit. »


Amen, disait-il alors, et il s'en alla de la piste, bien malheureux de sa valse, et espérant que tous les danseurs de cette ville n'était pas ainsi. Il partit à la recherche d'un nouveau cavalier ou cavalière dans l'espoir que celui ci soit de charmante compagnie.

Son arrivée avait été mouvementée, et s'il était convaincu de ce qu’était l'Imperium et de sa nécessité, on méprisait trop facilement les danseurs débutants. Il était insatisfait, toujours résolument pour oublier cette première danse. Mais maîtresse danseuse arriva, et au terme d'un tirage de tutu, elle conclut :

« Ça, c'est une leçon de vie, Monsieur Ganicus. »


En trois mots : Ne désespérez pas.


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19062014
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Oeclyde Posté le 15 Novembre 2020 à 11:15 #4
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III. Impuissance


Vingtième cycle. L'alarme électronique retentissait.


Pied noir n'en avait que faire : Il avait troqué ses lunettes noires pour une paire de lunettes classiques. Seule sa lampe de bureau venait percer l'obscurité de la pièce. Il était affairé, râlait de façon visible sur son article. Mais qui pouvait l'entendre ? Il n'y avait jamais personne au DCN. Il était tellement obnubilé par son texte qu'il n'avait pas voulu entendre la sonnerie de sa montre, qui le mettait en garde.

Il reprit encore sa feuille, la tournait dans un sens comme dans l'autre, mais tant le portrait que le paysage lui paraissait désuet. Il planta les marques de son inspiration sur le papier âcre, soupirant sous sa plume quelques phrases, quelques propos désordonnés. Résolument, il n'y avait pas grand chose à en tirer. Il tacha d'en tirer les conclusions qui s'imposaient. Insatisfait, il déchira le feuillet dans un craquement caractéristique, et se redressa vivement sur sa chaise.

Pris soudain par la grimace, un arc électrique lui foudroyait les jambes, l'accablant d'une vive douleur. Il glissa son regard sur sa montre : 20eme cycle 13, il n'avait pas entendu l'alerte sonore 13 minutes plus tôt.

« Bigre.. d'andouille. »


Et alors qu'il virevolta de sa chaise, Pied noir s’effondra dans un violent fracas, manquant de se déboîter l'épaule par accident. A même le sol, ses jambes fondaient, impuissantes, incapable du moindre mouvement. La douleur commençait à s'estomper, mais à quel prix ? Ses jambes ne répondaient plus. Pire encore, il avait brisé ses lunettes par la même occasion. Jurant, il tourna sa tête, cherchant une masse informe dans le coin de la pièce, une sorte de montagne aux couleurs ternes, tantôt marron ou gris.

Telle une loque dégueulasse, il tira le haut de son corps pour se mettre ventre à terre, et rampa laborieusement vers le Graal impie. Il tirait ses bras devant lui, mouvant sa lourde carcasse avec difficulté. Ses muscles encore informés peinaient à le faire avancer, mais centimètre par centimètre, il ne pouvait renoncer. De tout de façon, il ne pouvait pas reculer.

Arrivé devant la montagne sacrée, encore fallait-il l'escalader, l'effeuiller. Son Graal ne se trouvait hélas qu'au coeur de la montagne, et que creuser allait demander des efforts pantagruéliques.

« Je vais tuer celui qui a inventé le porte manteau. »


Alors il leva les bras, et commença à tirer sur la première couche qui dépassait, plein d’espérance. Mais le pic s’effondra sur lui, choc amorti par les tissus. Se dégageant, il cherchait précipitamment sa propre couche, son imperméable, et sa précieuse boite.
Ses yeux sondaient fugacement chaque bout de tissu, jusqu'a trouver son appartenance. Il s'en saisit, victorieusement.

Une boite, une gélule, une délivrance.


Une sensation comparable à un orgasme, sans tâcher son pantalon. Une légère caresse sur ses membres inférieurs, quelques ronds du pied, et un soupire de soulagement. Son traitement faisait effet dans les dix secondes, il reprenait déjà l'usage de ses jambes, et se releva, constatant le bordel qu'il avait causé.

« Prie pour ne jamais tomber à court.. »


Maintenant, il fallait retrouver ses lunettes..


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29062014
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Oeclyde Posté le 15 Novembre 2020 à 12:13 #5
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IV. Logorrhea - Sinceritatem


Sirroco, élan de poussière sous le doux soufflet de l'air qui trépassait entre ses lèvres. Dès lors, une colonne de poussière s'éleva, tourbillonnante autour du faible éclat de la bougie incandescente. Le désordre laissa soudainement place au silence, tandis qu'une main tant moite que mâte tâtait fébrilement l'épaisseur de la page, écartant avec toute la délicatesse du monde ce qu'il restait de poussière. A sa respiration lente et profonde, s'ajoutait une certaine fragilité dans son regard : Les cernes ne laissaient deviner qu'une prédominante fatigue.

Sous son regard, il tissait du doigt un lien avec l'encre, glissant ce même doigt sous chaque mot, chaque expression. Le moindre mot ne pouvait être acquis et placé là au hasard, car l'ordre transparaissait dans ces écrits. L’incompréhension laissait souvent à l'examination le chemin de la vérité.
Mais dès lors, l'application était d'un autre ordre : Comment savoir si ce que l'on apprend est juste ? Peut-on réellement rendre irréfutable ce que l'on lit ? Il fallait approfondir les recherches..


« Amen »


Il referma l'ouvrage, provoquant une sordide bourrasque, le faisant tousser bruyamment, résonnant dans l'immense bâtiment vide où ne reste le soir très tard que les cafards. Et alors que sa main gagna sa joue, il ne tarda pas à rejoindre le lit de Morphée, gente demoiselle du sommeil, aux rêves latins, teintés de cauchemars de barbarismes lexicaux.

****


Voilà plus d'un an qu'il attendait. Chaque démarches, chaque demandes eurent été faites, et soigneusement pensées. Le projet intéressait, et il n'y avait point d'objet de discordance. Et pourtant, l'issue qui devait être actée laissa place à la candeur. Il avait naïvement cru qu'il n'y aurait aucune écharde dans le bois de l'Imperium, mais devant l'ouvrage, la lenteur préconisa la lenteur. Une année balayée par un simple non qui aurait pu être donné un an auparavant. Un compromis trouvé dans un intermédiaire.

« ..une volonté de dissocier les deux voies de la curiosité, celle dont on vante les qualités et celle dont-on honnit les défauts. »


Mais qu'importe, le temps n'avait d'importance pour lui, car cette quête était intemporelle et impersonnelle. Seules les résultats comptaient, et il n'hésitait plus à employer la première personne du pluriel pour désigner maintenant ceux qui l'aiderait dans cette tâche, digne héritage des premières danses verbales d'Oakenshield.

Et devant pareil spectacle, il se détendait en récitant "Le jour du Retour" ; poème aux milles recettes. De qui était-il ? De lui ou d'un autre ? Voilà de quoi attiser de nouvelles recherches.


****


Heureux il est de ne pas se faire honnir en contredisant Duces, voir même le Legatus lui même, du moins il ne se le permettra que dans la langue. Impensable l'aurait-il cru, car il se souvient encore, il n'y a même pas quelques heptades ce que son audace failli lui couter. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et en prenant des risques, comme le firent nombreuses et nombreux avant lui, avec plus ou moins de succès, il franchissait les étapes, sans doute trop vite à son gout. Il avait su se rendre indispensable à certains endroits, et se faire éminence grise pour d'autres. Ses ambitions étaient connus de la plus haute, mais qu'en ferait-elle, peu lui importait, c'était déjà un tel honneur. Une place de choix, qui ferait de lui sans doute dans un avenir à court/moyen terme, l'objet de toutes les jalousies, ou pire, de la concurrence.

« C'est une leçon de vie Monsieur Ganicus. »


Mais finalement, quelle était cette leçon de vie ? Fallait-il écouter ou faire preuve d'audace ? Qui sait ?

En attendant, Pied noir, café en main, préparait l'enceinte de sa voix.


« Rappelle-toi, ô vénéré Cyrius,
Que nous sommes la cause de ta venue,
Recordare, Cirius pie
Quod sumus causae tuæ viæ
»
DIES REDITUS


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27072014
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Oeclyde Posté le 16 Novembre 2020 à 10:15 #6
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V. La peau que j'habite


Noir, comme la nuit après le soir.
Sombre, comme l'homme dans la pénombre.
Foncé, comme l'audace controversée.
Mât, comme le nœud de sa cravate.


« Vous me demandez pourquoi je fais cela ? »


Il réajusta ses lunettes, toisant du regard la personne en face de lui. Il feint un sourire, s'approchant des thèses métaphysiquo-philosophique. La discussion prenait des allures de purge, et pourtant, elle en dispensait un grand intérêt. Derrière les cris de jouissance physique, le dialogue se poursuivit, se parant de la plus belle intelligence qui soit. Les idées fusaient.
Mais l'heure sonna, pied noir voulait sortir de ce cauchemar. Veni, vidi, vici, il employa sa magistrature à clore l'étalage de connaissance qui débordait, et implosait au visage de quiconque se dresserait sur la route des trois cerveaux. La philosophie, la linguistique, la science : Son cerveau se dressa au dessus de l'émulsion collective du savoir.

« Vous n’arrêtez jamais de réfléchir ? »


Il secoua la tête, arguant un sourire. Les idées fusaient, il était déjà passé à quelqu'un d'autre. Il y avait cette fille au regard si poignant et mystérieux que pied noir ne pouvait s'en détacher. De simples signes de tête, des sourires, quelques mots précieux et pertinents. Neféria avait déjà tout compris. Devant la puissance des mots, l'homme mât se plaisait à converser avec sa nouvelle compagnie aux cheveux colorés. Il ne manquerait pas de la voir, s'il pouvait, le plus possible.

Chimère.


Car la vérité se cachait derrière ce regard enthousiaste. C'était il y a peu les paupières lourdes que pied noir affichait à qui voulait croiser son regard. Les journées étaient longues, et sans repos. Le visage fermé, il passait ses journées dans les livres, les écrits et les ouvrages, attachant une importance particulière à chaque paragraphe, phrase, mot, lettre.
Il souffle, il souffre, ses mains sont tremblantes, sa vision défaillante. L'heure tourne, la fatigue l'éprend, l'ébranle.

Il travaillait beaucoup, sans état d'âme, avec toute la conscience du monde.

« Vous y portez déjà la moitié du DCN, monsieur Ganicus. »


De sa faiblesse aux jambes naquirent une redoutable persévérance, via des épaules solides. Sa vie n'était que travail, manger, dormir.
Il lui fallait quelque chose en plus. Peut être elle ? Elle lui paraissait inaccessible. Cela lui plaisait, il ressentait quelque chose d'étrange.

Elle qui était si différente, accepterait-elle Ses différences ?


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08082014
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Oeclyde Posté le 16 Novembre 2020 à 15:39 #7
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VI. Cinquante nuances de gris



« Cher journal. Je ne sais quel intérêt tirer de cet exercice, si ce n'est apporter un jour les mêmes feuillets qu'Astelan. L'ouvrage narcissique d'une plume au nom oubliable et jetable dans le néant profond. Pour ainsi dire, je le conçois, et je consens également à penser que l'on ne trouve que ce que l'on cherche, quand il n'y a rien à voir... »


Il étira la peau de sa joue, tandis que la lame venait lui rapper la peau, un air de menace. Il s'y reprit à deux fois, revenant méticuleusement sur les grains de poil encore vifs. L'ouvrage semblait lui convenir, et il s'en convaincra en passant le dos de ses doigts sur sa chair choyée. Pied noir prit alors le temps de nettoyer chaque instrument avec précaution, et de les ranger à la place qui leur était définie. La conscience était de mise, car elle fait l'objet de toute les convoitises : En outre, il savait que le premier regard, le premier échange était toujours décisif, et que dans une optique de résultat et de pertinence, rien ne devait être laissé au hasard. Sa vie n'était qu'une suite de calculs savants, ou il laissait environ 90% à l'ordre, 5 à la créativité, et 5% à la spontanéité. Cependant, pied noir aimait à croire qu'il savait user de ces pourcentages à sa guise.

Dans la vie, comme au travail, il s'affairait à se rendre impeccable, désirable, indispensable.


« .. Il n'y a pas d'idylle, je n'ai présentement vu que l'outrage des mondes, contre lesquels il faut voguer à la rame. Ces mondes ne peuvent être teintés de bords uniformes et rectilignes, mais plutôt d'un grand agglomérat sphérique aux propriétés diverses et variées. Mais de ce que j'en suis sure, c'est que ces mondes sont soit teintés d'hâte, soit de léthargie... »


Depuis son arrivée, il eu été confronté à toute la réalité, à toutes les classes de la société, l'abreuvant d'une culture sociale notable. Il croisa tantôt la gentillesse que l'hypocrisie, l'intégrité que la jalousie, la curiosité et l'ignorance. On l'aura tantôt félicité, tantôt facilité. On l'aura honni, sans jamais lui manquer de respect. Mais dans ces échanges de courtoisie, la véritable pensée de l'hôte d'en face n'est jamais correctement cachée.

L'homme mât avait appris, au cours de ses pérégrinations, à faire attention à tous les sens des mots que ses interlocuteurs employaient, et d'une seconde lecture, il voyait un double langage que beaucoup dessinaient. Parfois sans conscience, mais parfois pleinement assumé. L'ouvrage de la communication devait comprendre, il le fallait.

« .. On me pousse dans le vide, mais un vide où l'on s'écrase par le haut. Quand je serai à mi parcours de l’échelle, je devrais "m'adoucir pour poser votre marque et moins l'imposer" des mots du Dux Moïra. En soit, je me dois de poncer les bords en angle droit de mon carré personnel, et s'en faire des petits quarts de cercle... »


Lorsqu'il eut fini de ranger soigneusement ses affaires, il entreprit d'enfiler son noir de travail, style sobre aux allures ecclésiastiques. Ses boutons de manchette précautionneusement attachés, il entreprit une dernière parade devant la glace, jusqu’à la rendre divine quand, se regardant floué par ses yeux handicapés, il replaça ses lunettes sur le bout de son nez, et prononça la prière.

« Empereur, vous dont le souffle a inspiré notre vie.
Contemplez votre oeuvre, et pardonnez nous de nos erreurs.
L'humain que vous avez rendu immortel peut être horreur.
Mais au fond de son coeur, elle est sans doute la plus aboutie.
»


Il est temps de repartir dans ce monde, où les nuages sont intemporels.


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16082014
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Oeclyde Posté le 16 Novembre 2020 à 17:38 #8
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VII. Division Oeclydienne
Cinquante nuance plus claire


[Ambiance]
Ô gente Astelan, dont le coeur rouge fane.
Puissiez vous être là, quand mon âme s'éteindra.
Et pleure la gitane, devant mes courtisanes.
Et au son de sa voix, le calme arrivera.




« Cher journal. Je ne suis que complaintes à m’éprendre de deux femmes, dont l'une est morte. Cette épreuve que l'on m'abreuve, que l'on m'inflige, forge ma foi et mon courage. Mais quel illustre et odieux incrédule je fais, pardonnez moi Thétis, mais je ne peux me résoudre à aimer celle qui dispose de 12% de chance d'être ma mère biologique. C'est contre nature, quand bien même, vous n'êtes qu’immatériel aux yeux de tous.. et des miens. »



L'amour, une notion si vague qu'elle ensorcelle. Certains tombent amoureux dès le premier regard, d'autres se risquent à de petites courtoisies amoureuses après bien des années. Mais teintée comme l'Imperialisme, chacun a sa propre définition de l'amour. Peut-on aimer ses amis ? Peut-on aimer un animal de compagnie ? La notion d'amour s'est étendue si familièrement qu'elle est usée à tord et à travers.
Mais Pied noir ne pouvait s'y résoudre, les doutes subsistaient depuis ce jour où le corbeau lui avait signifié cette opportunité. Dès lors qu'un pécule de pourcentage s'élevait, il ne pouvait plus adapter la notion d'amour de la même façon. Il fit passablement son deuil, au gré des échecs personnels. Peu importe, ce n'étaient qu'épreuves envoyées par Lui selon lui.

Cette remise en cause, cette possibilité maternelle, lui avait alors redonné un coup de fouet. Et au rythme incessant du claquement caractéristique de ce dernier, il avança péniblement au plus vite pour ne pas en recevoir d'avantage. Il lui fallu quarante huit heures pour à nouveau de rendre disponible, indispensable et indissociable de ses fonctions. Le scriptor magister à la peau mât, et au regard ébène, suintait encore le café, quand les premiers résultats lui apparurent enfin. Il avait compris enfin qu'il s'était enchaîné de lui même, et qu'il n'avançait pas en s'attachant à vouloir poursuivre l'oeuvre d'une personne qu'il n'est pas. Il s'était résolu à comprendre le monde, pas par rapport à ce qu'on lui disait ou ce qu'il lisait, mais bien parce qu'il voyait et comprenait.


« Liquéfier leurs apports serait indigent, car nul en ce monde ne peut nier l'importance qu'ils ont eu à leurs époques respectives. Ne voir qu'en leur unique vision l'avenir de l'Imperium serait sans doute se barrer l'esprit de tout ce que l'esprit Humain, avec un grand H, a à apporter. »



Toutes les nuances de la vie s’éclaircirent. Tout ce qu'il avait refusé de comprendre s'éleva, et s'encra. Ses prières, ses actions trouvaient enfin un sens tant auprès du monde qu'a ses propres yeux. Il vivait enfin, libéré, exorcisé de son propre démon : L'amour, non des sens, mais l'amour de l'idole. Libre et pieux, un nouveau jour lui passait. Et dans le ciel infâme et silencieux, les nuances de smog éclaircissait sa voie.


« Ouvrez moi vos esprits, je vous en prie, que nos âmes commuent en un idéal commun et original, que nos idées s'entrechoquent, s'affrontent et se synthétisent, et que notre poing ne soit pas taché du sang de l’opulence et du péché. Et dans ta miséricorde, puisse tu pardonner aux écureuils égarés qui restent sur les acquis, tant d'un coté, que de l'autre.. »


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24092014
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Oeclyde Posté le 17 Novembre 2020 à 10:40 #9
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VIII. Proximus


« Et il conviendra de se faire figure quand d'autres n'en ont pas ou plus l’étoffe.»


Ô Muses, vous qui transcendez le cœur et l'esprit.
Vous que les Hommes regardaient avec mépris.
Voyez, Muses, ce que la peur leur a appris.
Et donnez moi l'illusion d'avoir compris.


Mains jointes devant lui, le regard inexpressif, le dos bien droit, il saluait parfois d'un bref hochement les arrivants, et fit de même horizontalement pour balayer la salle du regard. Sous cette impressionante coquille emplie de sérénité, moultes réflexions lui parvenaient au cerveau. Il se demandait pourquoi la ponctualité était d'arriver après l'heure dans ce monde. Il se posait la question de savoir pourquoi assister bien docilement sans discuter à un événement attirait d'avantage que participer à l'émulsion collective intellectuelle permettant aux gens de s'exprimer. Il balaya d'un geste de la main de genre de pensés, résumant et concluant le fond par une longue double phrase prononcée si inaudible que l'on aurait dit une prière.

« Le peuple est élevé tel un troupeau d'écureuils domestiques qu'on abreuve d'événements inutilement propagandistes ou dramatiquement passifs.
Mais le pire, hélas, c'est qu'il s'en contente. »


Son regard se fit plus placide, la conférence débutait sous le regard des quelques curieux qui avaient fait fi de leurs embarras personnels. Ils venaient en toute quiétude cultiver la graine, porteuse d'une réflexion critique sur le monde qui les entourait. Pied noir s'en contentait, après tout, il était plus intéressant et pertinent pour lui de débattre en petit comité que d'avoir grande assistance passive et muette, écoutant sagement ce que maestro avait à leur apprendre. Il avait assimilé une chose, qu'il fallait aussi apprendre des autres, et pour cela, il devait plonger sa main dans les songes des curieux et des érudits.

Le temps faisait son office : Attelant à se rendre indispensable, son travail commençait à gagner en notoriété, si bien même que l’ennemi de l'est parlait de lui. Le début de la gloire disait-il ironiquement. On lui promettait un bel avenir, à droite à gauche, on lui parlait de délégation, de noblesse et autres florilèges de distinctions honorifiques qui, selon lui même, ne le pressaient pas, mais viendrait inexorablement avec le temps.

Le destin du magister se dessinait indubitablement devant lui, presque aussi impuissant, presque forcé. Alors il s'y prépare, dans une lancinante obscurité. Il savait à quoi s'attendre, il savait que cela arrivait, il savait qu'il devait être prêt. Mais rien ne pouvait le préparer à ce qu'il vivra plus tard.
Déjà, avait-il l'impression qu'on le testait. On s'adonnait à la discutions avec lui, sur des questions morales, spirituelles, politiques ou sciences humaines. Jusqu'a ce qu'on lui posa l'ultime question.

« Que pensez vous, en toute sincérité, du Legatus ?»


Ses lèvres bougèrent, sa voix fut claire, son esprit serein.
Et il répondit avec toute l’honnêteté du monde.


Pendant ce temps, Pied noir s'allongeait sur le canapé, tirant le bras vers le vieux tourne disque à sa coté, se plongeant dans ses contemplations de petit citoyen qu'il est.


[Musique]


Et dans ses songes, il se demandait "Quel Homme, avec un grand H, craint de réussir ? Si je ne peux pas courir pour l'Imperium, je le porterai sur mes épaules s'il le faut. Mais j'ai peur."


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10102014
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Oeclyde Posté le 18 Novembre 2020 à 10:46 #10
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IX. Veni, vidi, vici



Journal,

Toi dont l'âme est immatérielle, et dont l'esprit est insondable. Toi dont l'encre décrira les mots et les maux de façon intemporelle. Toi qui est le témoin de mes joies et de mes peines, qu'adviendra t'il de moi le jour où je viendrai à disparaître ?

La société est fondée sur l'immortalité, orgasmique ode à la vie, et insupportable poison, Imperator, contemple tes enfants qui se battent sans jamais perdre, sans jamais gagner. Regarde ce que l'immortalité a fait des Hommes, des êtres dont le temps n'a plus de valeur. Des individus qui négligent la valeur des actes, qui oublient vite ce qu'on fait pour eux, et qui se remémore sans mal ce qu'on fait contre eux.

Ô Cyrius, rappelle toi que nous sommes la cause de ta venue.

L'immortalité appelle le temps, songe de toutes les réflexions. Prude est alors celui qui gouverne, car il "a le temps". Pourquoi remettre inlassablement au lendemain ce que l'on peut faire le jour même ? Mais ce que l'on redoute le plus, c'est que le temps amène à une certaine habitude, lassitude, et finalement, incertitude. Étrange ballet monotone que vivre en l'Imperium. L'on se lève, on mange, on travail, on trouve parfois du temps pour soi et les autres, parfois l'on est récompensé, parfois l'on est puni. Mais le danger, c'est de tomber dans ce microsome quotidien, en restant bien sagement là où on croit être attaché.

Une fois que l'on s'émancipe de ce lien, on ose, on provoque des choses. On se met en danger, pour des résultats variables, mais toujours en écartant l'idée que cela ne fait pas avancer les choses.

Ô immortalité, tu as apporté l'assurance aux Hommes qu'il régneront ad vitam eternam. Tu as apporté la possibilité de ne jamais perdre un ami.. au prix de ne jamais vaincre tes ennemis. Et car il ne peut pas tuer, alors que c'est dans sa nature, l'Homme invente de sordides moyens pour se venger.

Tu lui as donné une arme plus terrible que l'épée et le bouclier, tu lui as donné le temps de penser ses mots. Et aujourd'hui, l'Homme n'a plus peur de l'arme, il a peur des mots. Aujourd'hui, l'Homme ne vit plus, il survit, et elle ne dépend que d'une offrande dont il n'a pas su s'affranchir.

Parfois, l'Homme prend courage, et brave l'interdit, en sortant des chemins de l'immortalité, cherchant la pomme qu'il n'a pas le droit de manger. Je ne sais d'où vient ce mythe, mais j'ai l'image en tête du fruit interdit.

Imperator, quelle fut ta pensée le jour où tu fis don à l'Humanité de ce cadeau empoisonné ? Je donnerai mille fruits de vie pour le savoir.

Mais toi, Immortalité, tu es venu, tu as vu, et tu as vaincu.
« Veni, vidi, vici »


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11102014
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Oeclyde Posté le 19 Novembre 2020 à 17:26 #11
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X. Ab origine fidelis
Farrarius Faber

« J’aime mieux forger mon âme que la meubler. »
Montaigne

Il n'y avait de mot pour décrire la douleur que j'ai ressenti là bas..

Un homme chauve et une femme vêtue de rouge discute devant les résultats radiologiques d'un homme.
L'homme entama :

« Il s'est réveillé pendant l'opération. »
« L'anesthésie n'a pas marché ? Des doses inadéquates ? »
« Si.. mais le seuil de douleur critique l'en a fait s’émanciper. »

***

Dans la salle vierge régnait un silence monastique, ou presque. Seul raisonnait dans la pièce le "bip" ulcérant et monotone de l'electro-cardiogramme qui affichait ses constantes vitales. Sur la table d'opération, l'homme mât était inconscient : Il avait été soigneusement lavé et préparé. Plusieurs fils d'épaisseurs différentes reliaient les parties de son corps à de multiples appareils sophistiqués. Certains câbles, ceux des jambes notamment, étaient alors plantés à même la peau, s'enfonçant profondément dans la chair de l'endormis. Pieds et mains étaient solidement attachés autant pour la sécurité du personnelle que pour la sienne.
De l'autre coté de la pièce, derrière la baie vitrée, un homme blanc en blouse de même couleur, le regard placide et le crane rasé observait les ébats. Devant lui, des écrans de surveillance et de contrôles, et plusieurs interrupteurs. Avec plein d'assurance, il activa l'un d'entre eux, et commença à parler au micro.
« Procédure de métallisation, phase 1. »


Un bruit de moteur envahit la pièce, émanant de l'appareil branché aux jambes de Pied Noir. Il semblait pomper un liquide argenté, qu'il pulsait dans les jambes de l'homme via les câbles. Le chauve fit un sourire discret, poursuivant la manipulation de son poste de contrôle.
***

« Que s'est-il passé alors ? »

Le chauve se massa la tempe et répondit :
« Il hurla comme un écureuil qu'on égorgeait. »
« Vous avez continué l'opération ? »
« Oui, Il m'a fait promettre de ne jamais interrompre cela. »

La jeune femme plissa les yeux.
« Il ? »

***

Je vois.. la lumière, puis ensuite, la pénombre.
Et puis, je voulais mourir, à nouveau.

La cuve s'ouvrit, et l'Humain tomba dans un fracas sourd. Il hurlait sa peine et sa rage, se tenant les deux jambes, incapable de se relever, impuissant. Son souffle était court, il ne voyait à peine que ses mains qui accrochait le sol, à la recherche de quelques précieux centimètres. Chaque geste, chaque mouvement était un supplice de plus. Pied noir appelait à l'aide, mais personne ne vint. Il n'y avait que lui, et lui seul.
L'homme semblait sonné, mais poursuivait à périple à la recherche de ses effets personnels. Il étira son bras, se feignant enfin d'un sourire victorieux quand il attrapa enfin son communicateur pour contacter de l'aide.
Elle, lui.. non, pas lui, il ne viendra pas.. peut être lui ou elle, ou eux..

« Je ne peux pas m'occuper de vous maintenant Citoyen.
Appelez quelqu'un d'autre.
»
« Opération militaire. »
« Je suis occupée désolée. »
« Suis en SR. »
« Votre correspondant est injoignable. »

Il avait en une fraction de seconde perdu son fin sourire, laissant place à une profonde déception.
« On trouve toujours du temps pour certains, mais jamais pour les autres. »


***


« Journal, parfois j'aimerais être un antique livre dont on s'occupe et qui deverse son savoir sans jamais se taire, puisqu'il ne peut qu'être lu. J'ai l'impression que l'immortalité nous a fait perdre l'entraide entre Hommes. »


« N'attendez plus qu'on vous forge votre âme ou votre arme, forgez là vous même. »


L'humain concluait son texte, et alors qu'il s'élevait de sa chaise sans mal pour la première fois depuis son décès, il lança sa quatrième jambe dont il n'avait plus usage.


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16102014
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Oeclyde Posté le 25 Novembre 2020 à 10:45 #12
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XI. Vices
Attrape l'essence de l'hypocrisie


Etre vice dans le monde des vices
S'avancer dans sa lumière bienfaitrice
Il se crée une cicatrice, si lisse.
Si profonde qu'elle en est un délice.


Mais dominatrice ne rime t-il pas avec immondice ?

Vice au pays des vices

Journal,


J'ai longtemps chercher des mots pour décrire ma pensée actuelle.

On résout ses maux personnels sous l'égide de la peur. Il réside dans le cœur des Hommes, la peur d'être oublié ou de se faire marcher dessus. Ô grand hypocrite que je suis, je lance une pierre au dessus de ma tête avant d'en lancer sur les autres. Ils avancent avec la peur qu'on les dépossède de leurs biens, le pouvoir et la bonne fortune.


Je me sens, telle ce préservatif usagé, qu'on jette après utilisation "intensive" dans les toilettes, comme pour cacher une honte. L'eau m'emporte vers d'autres horizons, bousculé dans le torrent immonde, me fracassant sur les parois du tuyau qui me conduira à la fosse.


Vous êtes grand, mais vous restez petit se prêtent à dire les muses. J'apprends toujours un peu plus, au travers de leçons de vie que je dois vivre, et subir tantôt. Encore fallait-il se rendre à l'évidence : Le principe méritocratique est à des lieux de la véritable pensée collective, sinon, on ne sanctionnerai pas par la peur la production. Avançant dans les confins de l'ardent gouffre des écureuils politiciens, je vois à quel point le monde promis n'est qu'illusoire, et j'ai pu le constater à de multiples reprises.


Imperium, tu as ma parole que j’œuvrerai toujours dans ta progression.


J'ai toute les peines du monde à me voiler la face cela dit, tant le merveilleux côtoie l'immondice. A ta droite, il n'est pas impossible de croiser l'hypocrisie incarnée, comme à ta gauche, il n'est pas impossible de croiser quelqu'un en qui croire. J'ai l'habitude de dire que je crois aux fonctions, et non aux personnes qui croient s'effacer derrière celle ci.


La maxime dont est tirée cette conclusion est une utopie, comme la plupart des proverbes qui régissent notre société. On se les remémore pour se donner bonne conscience, mais derrière il y a beaucoup de vent.


Ô Cyrius, donne moi la force de couper à l'avenir la tête des oisifs et des hypocrites, car le hachoir ne tranchera pas qu'une unique fois.


Le vice rector n'est plus aujourd'hui, demain est un autre jour.


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26102014
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Oeclyde Posté le 28 Novembre 2020 à 11:48 #13
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XII. In articulo mortis
A l'article de la mort

[Ambiance ♫ Apparat - Goodbye]


L’excès de bien engendre le mal absolu

Que faire, que choisir, du pistolet ou de la grenade pour mourir ?

L'Homme s'attardait sur les moindres détails de la pièce, comme un vivant décrivant les quatre planches qui constituaient son cercueil. Inlassablement, les mêmes images revenaient. Le crépitement des arpèges luisants et dégoulinants qui venaient s'écraser sur le sol dans un fracas humide. L'effeuillage des murs écorchés par l'humidité et l'âge. Sous ses pièces, les escaliers qui menaient indubitablement à une fin tragique de chaque coté. Peu lui importait cela dit, il ne pouvait bouger de l'endroit où il trônait, portant fièrement son regard sur la peuplade de débris qui jonchaient le sol et rependaient un tempérament acariâtre à tout ceux qui s'appuyait sur eux. Dans ses mains, les maux de la mort. Il avait le choix de se faire sauter ou de se faire tirer. Deux choix qui conduisaient indubitablement à la même ironique conclusion.

Il allait mourir ce soir.


Fut-il encore heureux d'être arrivé jusque là. Il avait du faire fi de ses tempéraments enflammées pour effacer ses complaintes, au profit de l'objectif qu'il s'était fixé. Quand l'Humaine lui diagnostiqua son mal, le monde qui l'entourait ne compter que par ces mouvances hasardeuses et ses bruits sourds de paroles futiles. Dans son monde, Ôde à la joie des grands péchés, il passait en revu les images qu'il avait vécu quelques instants auparavant. Une chute.. un geste.. il n'y avait aucun danger pourtant. Lui aurait-on ôté volontairement l'usage de son corps ? Et alors que témoignait son sort, la vautour disparue dans la pénombre de l'oublie, chutant en contrebas dans un fracas violent. Il espéra de tout cœur qu'elle ne soufra pas comme lui souffrait en ce moment même, et qu'elle eut connu une paix rapide et sans douleur.

Il m'a sauvé la vie ? Non, il me l'a ôté.


Il regardait à nouveau la grenade, puis le pistolet. Il eut cette pensée macabre, se demandant quelle mort serait la plus douloureuse, la plus rapide, la plus propre, la plus imaginative. Après tout, il n'avait qu'a monter quelques marches pour tomber dans le vide rejoindre l'être qui ne vole pas malgré ses ailes. Ou encore, il pouvait basculer sur l'escalier, et dévaler les marches dans l'espoir de se casser la nuque sur une marche, gage d'une mauvaise réception. Il se demanda même combien de temps cela lui prendrait de mourir en se cognant un débris contre le crane. Tant de manière de mourir, qui faisait réfléchir. Au moins passait-il le temps ainsi.

Lui qui était déjà luisant de défauts et d'handicapes, fallait-il encore en plus faire presque confession de masochisme pour accepter d'être immobiliser plus longtemps ? L'Elfe semblait compatissant, tout autant que le gobelin. Il se disait que le clonage d'un pauvre 6eme d'UBA ne coûterait pas tant au centre, et qu'il irait expier ses fautes en glanant quelques déchets, comme l'illusion d'un retour aux sources.

Et maintenant ?


Il avait voué sa vie à la haine, mais celle ci est une source intarissable. La rousse était la seule à pouvoir apaiser ses peines. Son aura, son odeur, son visage, tout cela l’inhibait, en bien. Mais combien de temps encore ? Il avait peur de la décevoir. Il la voulait, il la veut.

Il tira.


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06112020
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