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EDC de Siouka~35641

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Jour de ménage

T’as d’jà essayé d’bosser à deux dans une cuisine de cinq mètres carrés quand qu’y a un gars qui pionce au milieu ? Bah, j’ai subi ça depuis quéqu’jours. J’arrivions au boulot avec mon ptit gobain et on voyait c’te grande carcasse de numain qu’encombrait l’espace derrière l’bar. Alors nous, toute la soirée, c’était la galère à rames d’faire le cuisinage et servir les clients. Et pis quoi ? Tu penses à l’effet sur la client-telle ? Ça craint du gros nécureuil poilu d’arriver dans un bar et d’voir de l’aut’ coté du zinc un parachuté des nimbes, aussi actif qu’une moule et muet comme un sextoy.
Pendant l’service, mô, j’pouvions pô m’empêcher d’y écraser les panards et d’y foutre des coups d’coude, mine de rien, à chaque fois que j’y passions d’vant… c’t-à-dire environ toutes les dix zgondes – à la fin d’la journée y d’vait avoir l’thorasque gris à poids bleus. Mais y’a rien qui l’réveillait. Des fois, même, il était carrément figé d’vant ma cuisinière. Alors là… l’était furasque la gob, croies-moi ! J’en pouvais pus mais j’voulions pô d’paraître barbare d’vant mon chéri alors j’prenions sur moi…
Mais hier, mon gobain Krish l’a pô pu v’nir travailler alors j’m’ai dit que j’f’rai ben un peu d’ménage… genre, sortir les ordures, quoi. Ca a pô manqué ! Quand que j’suis arrivée au taf, l’grand machin était planté comme un totem gris et silencieux. Le pire c’est qu’y avait un autre ilien qui v’nait d’arriver – le même mais en bleu. J’ai commencé d’préparer mes ptits plats normal’ment pour pô attirer l’attention du voisinage. Un coup d’coude à droite, une queue écrasée à gauche et aucun des deux qui bougeait d’un pouce – l’enfer.
Bon, l’autre ilien, y vient d’arriver, j’y laisse une chance tout en lui écrasant l'appendice caudale une énième fois. Mais le numain, y va aller voir c’qu’y s’passe sur l’trottoir. Je regroupe mes forces (j’en trouve un tit peu quand que j’suis en boule), j’le chope par la taille et j’le bascule par-d’ssus l’comptoir. Y s’est écrasé de l’aut’ côté mais y bougeait toujours pô. J’me d’mande si qu’y dormait encore ou ben si qu'il’était assommé… j’sais pô. En tout cas, l’plus dur était fait. Après j’avions pus qu’à le raccompagner poliment jusqu’au trottoir, à coups d’pieds dans les côtes. C’était plus simple le carrelage était glissant.
Faut pô croire, hein. J’suis une fille bien élevée, alors j’y ai envoyé un ptit mot pour y espliquer qu’il était aussi gênant qu’un pustule fessier, qu’sa place était sur l’trottoir et que s’il avait froid il aurait qu’à s’tricoter une écharpe avec les poils qu’il avait dans la main. J’ai même mis ma patronne en copie pour qu’elle s’inquiète pô d’voir que l’totem avait changé d’place. D’ailleurs elle m’a répondu pour me dire que c’était ok, que j’avions bien fait.
Une heure plus tard, Ynaelle est v’nue au bar et là… rebelote ! Le numain se re-pointe, se met en mode « j’fais semblant d’bosser » et se grisifie sur un tabouret du bar comme si de rien n’était et sans toujours piper mot. Forcément, mô j’l’ai poussé du tabouret et il s’est fracassé d’nouveau l’teston sur l’carreau. Bien fait ! Pour montrer qu’elle approuvait, Yna lui filé deux ou trois coups d’rollers dans l’buffet - Chacun sa méthode. Je r’gardions en rigolant, tu comprends, honneur au patron. Mais elle, moins délicate qu’une tite gob, elle lui a r’mis une enveloppe pour solde de tout compte avec en prime un aller simple pour la cuve.
J’espère qu’y s’ront pô trop pressé d’la vidanger c’te cuve-la. Que s’il avait pô d’savoir-vivre, au moins il ait du savoir-mourir.

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