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EDC de KorSkarn

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Desdenova, future Consul

Spoiler (Afficher)
EDC décrivant l'état d'esprit du personnage il y a 3 ans pour pas spoil !
D'autres suivront, une série de 3 je pense, rapprochés si temps/motive/inspiration.



3/283.4, Haute-Ville, vue sur le Templum Occidentalium.
Zone verte -> Sûre.





Il avait osé.


Donner les accès du cercle... À ces Loyalistes...


Et ce gros tas vert n'avait même pas prévenu ?!



Il n'y avait rien qui pouvait mieux l'atteindre, le Cyborg l'avait vécu comme une trahison, que soit déformé jusqu'aux propos de Sigmar dont il avait dû forcer la décryo pour s'expliquer...


Et finalement n'arriver qu'à un compromis ?! 
Où ils conservaient les accès... Puis voleraient les leurs ?



Le Cyborg voyait déjà l'histoire se répéter devant son œil poupre, fixé sur la baie vitrée et ses lumières. Les menaces, les charges extravagantes, les faux documents, les expropriations...
Bientôt les faux aveux à signer, les 'perquisitions' sulfateuse et épée déjà dégainées, les interrogatoires, les assassinats confiés à quelque Militaire ou Agent zélé.
Ce cercle leur avait résisté...


Alors qu'on venait précisément de se battre pour empêcher ça ?
La Guerre Civile ?! TOUT ÇA POUR QUOI ?



Le Cyborg bouillonnait de rage face à la baie vitrée, agité de tremblements spasmodiques, ses doigts organiques surtout s'agitaient comme il avait parfois vu faire ceux des agonisants au combat, gisants au sol avant que l'apoptose ne les fauche vers le prochain réceptacle de leur volonté.
Ce n'était en tout cas pas beaucoup moins douloureux, et il fallait toute sa volonté pour résister à être emporté lui aussi par cette brûlure intense, ce feu qui ravageait ses entrailles. Ce feu, qu'il en croyait pouvoir vomir du plasma, tournoyait dans la furie d'un animal en cage, ce feu lui hurlait...


"Tout ça pour rien ?"



Il se retourna, ou peut-être sursauta, avec une telle vitesse que ses articulations en craquèrent au sein de l'étreinte armoriée, les pans de son cosmo' étanche froufroutant sa surprise dans un mouvement comme le plumage d'un oiseau.

Elle était là.


: "Encore trahi. Encore 'enculé'. Il y avait même un Hostis dans le tas pour t'en prévenir !"



Le regard frénétique du Cyborg se fixa sur une forme fuligineuse dans la pénombre du salon, jouant dans les recoins, une masse de ténèbres espiègles au regard où se cachaient deux foyers de malice, deux yeux lui renvoyant le sien unique avec moquerie.

Desdenova...



: "Toi... Toujours a venir festoyer et jubiler..."



Son rire cristallin retentit dans la pièce, le genre de rire qui se répercutait sur les murs nus, vrillait les tympans, sonnait faux, mais non pas par sa sincérité... Au contraire. Par la puissance de l'exultation, sans feinte, de la souffrance d'autrui... La sienne.
Une souffrance même physique, quand toute cette rage réprimée, cette violence refoulée, perturbait les équilibres chimiques non seulement avec les implants cybernétiques, mais aussi au niveau cérébral par la plus simple fatigue. Le Cyborg en avait la migraine de sa situation.


: "Tu ne peux pas m'en vouloir, c'est un spectacle toujours aussi délicieux... Qui m'appelle... M'appelle de si loin !"
: "De si loin en moi... Tu n'es pas réelle, Desdenova. Juste la catin personnifiée de mon incertitude."
: "Hoh, mais en parlant d'incertitudes, mon chéri, que vas-tu donc faire ?..."



Il inspire profondément, la migraine s'amplifiant alors que les rouages de son esprit tournent à vive allure, a contrario parfait avec la forme fuligineuse de ténèbres et de froid qui lévite sans hâte vers lui, éternel demi-sourire aux lèvres.


: "Étonne-moi, toi qui crois faire chuter des gouvernements... Que vas-tu faire de celui-là."
: "... L'aider. Postuler à la CdL."



Suspension du temps. Les sens s'effacent un instant, alors qu'il la fixe, pétrifiée, comme surprise... Avant qu'elle ne sourit, puis ricane à nouveau... S'approchant tout près, presque contre le cyborg, alors que l'odeur de sa fureur luisant comme le bruit des gouttes de la pluie faisant de même avec la baie vitrée reviennent à la charge.


: "Mon pauvre petit écureuil... Alors c'est donc vrai... Tu es devenu un Loyaliste, cette Guerre t'as surtout abattu toi, hahahaha !..."
: "Quoi ?!"



Le deck grésille, les circuits imprimés rament dans la confusion des impulsions nerveuses fulgurant(es) à traduire. Qui ? De quoi ? Hein ? Que veut-il dire ? L'équivalence d'un marmonnement, pas bas de voix, mais bas d'esprit, perdu sa raison, petite boîte remplie d'échos où se bousculent et s'entrechoquent les mots.


: "Je... Nous... Nous avons fait cette Guerre... Précisément pour construire quelque chose de meilleur... !"
: "Ho oui, j'adore les histoires... Dit moi tout, dit moi comment tu vas faire avec Syra ! Elle t'adore teeeeeelllllleeeemeeent !"
: "... En faisant preuve d'humilité... Sincère... Que je ne souffrirais plus de ne pas servir après tout ça... Plutôt mourir, libéré enfin d'obligations."



L'infernale Desdenova se recule lentement, ses yeux fixés sur elle, la bouche ouverte, bée... De pitié, alors que deux bras tentaculaires d'ombres viennent lentement effleurer les flancs du Cyborg, l'ébranlant dans des frissonnements d'un froid brûlant secouant tout son être pourtant transi de sueur.


: "Mon pauvre petit..."
: "Tu vas te traîner à ses pieds n'est-ce pas ? Lui faire toutes les promesses imaginables ? Peut-être même elle aussi lui faire de l'œil et n'importe quoi sur toi ? 'Pour l'Humanité' ?...
Alors qu'en réalité, tu ne feras que satisfaire tes propres nouveaux appétits de Loyaliste haha : Tu as soif de servir, soif de t'agenouiller, soif d'être en sécurité, soif d'être reconnu, soif d'être récompensé, depuis que ServerGuard t'as éjecté comme une merde et qu'on n'a fait que te traité comme tel, ô, 'Ultima, Dernier Alte Nobilis'... Loyaliste."
: "FERME-LÀ !"



Chaleur. Feu. Pression. Les mains du Cyborg enserraient sa tête à l'en faire mal, son corps tendu jusqu'à la crampe, brûlant, rouge, pulsant.
Boom, boom, boom, tambourine le gond organique qui n'appelle qu'à s'éteindre... Ou éteindre, dans un déchaînement aussi salvateur que jouissif...
Mais il reprend soudain son souffle, inspirant profondément comme pour la première fois, et pivote enfin à nouveau vers la baie vitrée pour reposer son regard sur la Cité, sur le Grand-Œuvre des Enclism qui s'étale en bas, sali par le smog, tentaculaire, jonché par les buildings d'espoirs lointains, décatis.
Elle se rapproche derrière lui, l'enlaçant et posant sa tête sur son épaule, sans la moindre réaction de sa part, comme figé, éteint, désactivé, le souffle lent.


: "Qu'est-ce qu'elles penseraient de toi..."
: "J'y pense, précisément. Mais elles sont mortes ou cryo, et je suis seul a porter ce fardeau depuis longtemps."



L'écho d'un rire aussi lointain que douloureux semble retentir dans le néant, alors que le Cyborg plonge le regard un brin vers le bas, dans le vide, celui en contrebas, grand ouvert.


: "Je pense qu'elles seraient déjà fières que je sois arrivé jusqu'ici.
Je pense aussi qu'elles voudraient que je fasse tout ce qui est nécessaire pour que je sois en mesure d'aider l'Humanité.
Y compris hypothéquer ma sincérité, ma franchise, et porter à nouveau mais comme jamais, le masque de la politique. Parce que je suis fatigué de me battre, de détruire des fondations pourries et rongées et derrière de ne pas poser les nouvelles, sûres et solides, dans le terrain vague."



Pincement de cœur, malaise.
On a tous une qualité au sein d'un milieu, qui nous met un peu à l'écart, une facette de la personnalité qu'on connaît et cultive pour se sentir spécial, différent, au milieu des autres. Pour lui, c'était la sincérité qui le bâillonnait autant que l'interdisait parfois de se taire ou de mentir.
L'abandonner, c'était abandonner encore un peu... Soi-même.
Mais ne l'avait-il pas déjà fait pour éviter la Prison à répétition ?


: "Tu dis cela, mais tu n'as aucune confiance, surtout maintenant, et rien qu'en leur compétence... Tu reconnais nullement leur autorité statutaire... Et pourtant tu vas obéir comme un Loyaliste, avide de grimper ! 'De toute façon si ce n'est pas moi, un autre obéira' !?"
: "... Oui. C'est d'autant plus une raison d'être là. Pour aider.
Pourquoi aurais-je la prétention de ne plus pouvoir servir alors que précisément j'obéis toujours à mes devoirs d'Alte Nobilis ? Pourquoi aurais-je la prétention de ne pas être bien assis alors que j'ai moi-même dit aux autres de la Coalition avant que ServerGuard prenne les rênes 'si il semble trop que je fais cela pour mon ancienne place, je refuse d'être élevé car ça serait plus détrimental que si j'aidais là-haut' ?!"



Le regard pourpre dérive lentement sur le verre blindé pour accrocher le reflet du visage fuligineux à côté du sien. Son demi-sourire semble s'être effacé, caché derrière l'épaule du mâle. Seuls ses grands yeux luisants lui renvoient l'inquisition, la retrospection, avant qu'elle ne reprenne la parole.


: "De combien d'illusions tu te berces, tordues, mon pauvre... Pour justifier ton avidité.
Ose me dire que tu ne rêves pas, que tu ne désires pas, redevenir celui que tu étais... Au sommet. Ose me dire que ça ne te réveilles pas la nuit, d'y songer."



Cette fois-çi le regard s'étrécit, réfléchissant ? Doutant ?
Le ricanement cristallin lui, s'égrène à nouveau au fil de l'aiguille brûlante qu'elle plonge dans son cœur. Écartelé sur le bûcher du destin, écartelé sur le bûcher de la réalité.
Elle se penche doucement en avant pour venir souffler sur les braises, les agiter d'un vent frissonnant sur les pectoraux du Cyborg au travers de l'armure.


: "Tu me raconteras le goût qu'avaient leurs bottes... Surtout si tu est refusé hahahaha !"



Grognement. Le bras métallique se lève, et retombe avec la même soudaineté sur la forme vaporeuse, tranchoir argenté fendant le nuage haineux, celui-çi demeurant un instant suspendue, comme totalement insensible, jubilation grimpant d'une octave excitée avant de s'éloigner, disparaissant lentement, se dissipant dans l'air comme si elle n'avait jamais existé.
"C'est précisément si je continuais de m'opposer simplement parce que je ne suis en haut que je serais un Loyaliste. Comme ces petites putes qu'on voit et même n'entendent quand elles ne sont plus au pouvoir cachées derrière un statut..."

Le Cyborg fixe longuement le vide, inexpressif, avant de tapoter son deck, prenant soin d'effacer les bandes caméra avant de reprendre son travail sur les Codex.

◊ Commentaires

  • Aurore~67251 (137☆) Le 03 Janvier 2018
    Y a autre part où on se bat pour essayer de construire quelque chose de mieux... smiley Hinhin.
  • KorSkarn (573☆) Le 03 Janvier 2018
    @Caeldoris La plus belle des étoiles !
    @Aurore 15 ans, depuis sa chute de la tour d'Ivoire, que les sirènes chantent à l'oreille du Cyborg... Il vas falloir faire mieux que ça ma chère, surtout vus les moussaillons qu'il voit sauter à la mer !... smiley
  • Stellijah (216☆) Le 03 Janvier 2018
  • NeufCentÖnze (1514☆) Le 03 Janvier 2018
    *
  • Asajj (755☆) Le 03 Janvier 2018
    Sympatoche à lire. ★
  • Zartam (610☆) Le 03 Janvier 2018
    On a tous une part féminine.
  • Sigmar~2569 (207☆) Le 03 Janvier 2018
    C'est fascinant de découvrir des personnages sous ce genre d'aspects, j'étais vraiment dedans alors que j'ai du mal à lire les EDC.
    Le personnage intérieur est super attachant de l'extérieur, tellement pragmatique et cru.
  • KorSkarn (573☆) Le 05 Janvier 2018
    Merci !
    @Zartam Le Cyborg fait pas exception !
  • Sneni (1500☆) Le 06 Janvier 2018
    Viens en Rébellie,
    On fait des romans,
    De la poésie,
    C'est mieux qu'en Marran.