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19 . Apocalypse, VII. 226.3


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Dans quelques jours, cela ferait un an...
Un an qu'ils étaient mariés. Pour le meilleur.
Un an qu'elle se nommait Striker.
Un an qu'un nom s'était collé à ce qui, il y a encore quelques temps, n'étaient que deux lettres. Un matricule. Un code. Un identifiant sans plus d'âme que le ID650921 auquel elle avait donné une histoire.
L-X. LX. Elix. Elle, "X"... femelle anonyme, femme innommée. Robot Jane Doe. C'est ce qu'elle était jusqu'au 7/226.3. La veille de ce mariage...
Depuis, elle traversait cette existence en se sachant différente sans pour autant être devenue une autre.
Depuis, trop souvent, elle se cherchait dans un souvenir, le sien ou celui d'un passé qui ne lui appartenait pas...

... la bête est piégée. Dans la moiteur d'une prison à la sauvagerie artificielle, elle fuit à la recherche d'une échappatoire. Le chasseur l'a enfermée, leurrée par un mensonge de confiance. Elle hurle son défi. Le langage primal doit résonner dans ce qui reste d'instinct de survie à l'humain toujours mammifère : de lui et d'elle, le danger, ce n'est pas lui. Depuis le coin où elle s'est réfugiée, elle jaillit. Son corps aux muscles bandés se détend dans un bond puissant et rapide. Choc des corps. La cible est atteinte. La bête hurle encore. Mais son pire ennemi n'est pas la proie au sol. C'est son reste d'obéissance à une loi qui n'est pas celle du plus fort. La hiérarchie primaire de l'alpha. Une loi naturelle qui s'impose malgré sa supériorité physique. Alors la peur, celle de la transgression de l'interdit, celle d'enfreindre la loi robot-éthique amène le blocage et le revirement. La panique fait se blottir le corps athlétique de l'animal tremblant contre celui de l'homme. Autoritaire. Rassurant. Les larmes coulent... L'enfant prend le pas sur l'animale. Puis vient la femme. Le kaléidoscope des anima finit par se fixer. L'instinct se fait basique. La sauvagerie change d'harmonique. Les corps entament une autre danse.
Ainsi elle est, caméléon social. Elle se cherche et s'adapte d'un rôle à l'autre jusqu'à livrer à son ordre l'intelligence froide et machinale.
Et la voix de l'homme résonne dans son âme : "Je veux te nommer."

... Dans un sursaut coutumier, semblable à ceux qui, depuis toujours ponctuent ses nuits et ses phases de repos, elle ouvre les yeux. Une lueur douce et familière nimbe la pièce, répondant à l'ordre muet de son effleurement domotique. Près d'elle, allongé, un autre prédateur au sommeil agité par des cauchemars qui peuplent les ombres de leur chambre à coucher. Peut-être s'est-il lui même déjà levé cette nuit comme elle le fait doucement, légèrement apaisée après avoir, dans un réflexe salvateur, touché sa peau tiède et respiré son odeur familière. Peut-être s'est-il déjà rendu comme elle à la salle de bain, passant de l'eau fraiche sur son visage avant de lever les yeux vers le miroir.
Depuis ce soir là, il lui arrivait régulièrement de suivre le contour des traits familiers qui s'y dessinent, d'y chercher un visage, d'y voir un nom s'inscrire dans la buée... Depuis, sa glace ne lui renvoyait plus le même reflet. Une étrangère...

... semble surgir des brumes au cœur des vapeurs de cette mise en scène qu'il a voulu. Les traits se superposent. Le visage se dessine. Avant qu'il ne la nomme, elle sait déjà. Le temps se suspend comme cette goutte d'eau hésitant à venir troubler le chuchotement du maitre des mystères :
"Avant cela, tu as été un Sentiment. Inspirée par un Sentiment...vouée à le susciter. Tu es un souvenir d'un homme qui aime."
... Les informations se gravent dans le silice et le chiffre.
Je veux que tu saches qui tu es puisque demain tu seras Elix Striker... On n'existe pas sur un mensonge.
... Les questions s'enchainent et se bousculent...
Mais pour que tu sois vraiment Elix, il fallait que tu sache ce qu'on voulait que tu sois.
... La révélation se confronte à l'émotion qui se fige, la laissant de marbre pour l'heure...

... Mais le marbre s'est vite fendillé et une fois la carapace ôtée, les informations se sont entrechoquées dans son être laissé en désordre. Elle repense à ses mots en contemplant ce miroir et les interprète, dépourvus des accents d'amour vrais ou mensongers murmurés au coeur des vapeurs trompeuses de cette nuit là. Ce qui demeure, c'est la traduction qu'elle en a tirée : Tu n'es qu'une copie. Le reflet d'un idéal disparu. La mémoire d'une morte réincarnée par la volonté d'un fou. Comme elle voudrait bousiller l'image qui lui fait face alors même qu'elle a dans son miroir l'objet de sa quête, de leur quête... Celle autour de qui ils se sont tant interrogés en fouillant les secrets empoussiérés des Archives du secteur trois. Celle dont il avait, le premier, volé le nom lors d'une nuit d'hérésie. Celle qui l'avait tant fascinée et qu'ils étaient venu chercher ici, à peu de choses près...
La main se pose sur le verre au milieu de ce beau visage qu'elle se prend à ne plus vouloir regarder. Un instant, son poing s'est refermé, crispé. Un instant, elle a hésité... Mais à quoi bon? Le miroir n'est pas coupable : tuer le messager n'efface pas la vérité. Une vérité que le maitre des secrets lui avait offerte en cadeau. Tout ce qu'il savait d'elle et d'Elle... Un cadeau de mariage.

... "prendre pour épouse Elix..?"... Elle flotte. Elle plane. Perdue. Paumée. Larguée au bout d'une corde dont l'extrémité semble flotter dans le vide, à quelque mètres d'elle. Il dit "Oui" comme s'il tendait la main pour saisir le bout de la corde. Zartam se tourne vers elle, visiblement aussi ravi d'être là que d'aller assister à un conseil de la noblesse. Autant que d'autres dans la salle qui font semblant d'être heureux. Certains sont plus doués pour le faire croire. D'un coin sombre surgit une silhouette qui s'efface et disparait. Comme une ombre exposée à une lumière crue : elle se marie. C'est son tour. Elle ne comprend pas ce que dit Zartam. Dans le doute, la réponse doit être "Oui."Elle se retourne. Panoramique sur les visages qui se mélangent. Il manque quelqu'un. Il manque tant de gens. Mais il manque quelqu'un. Celui ou celle ou ceux qu'elle ne cessera d'attendre durant toute cette soirée du lendemain. Elle cherche et réfléchit. Une main prend la sienne et le bout de corde qu'elle se passe au cou volontairement avec... Un visage parmi tant d'autres, illuminé d'un sourire sublime. Des lèvres passionnées qui écrasent les siennes. Sa voix grave et calme qui lui chuchote son bonheur "pour toujours". Dans son cou...
... la caresse de son souffle. Effleurant ses narines, son odeur. Sous ses doigts, la douceur de sa peau... Ses yeux fixent les volutes de fumée qui montent et ondulent, paresseuses et lascives, vers un plafond trop haut. Au cœur de ses songes éveillés, elle repense à ses hommes, les siens, et les "siens"... A cet homme, à l'autre et celui-là. Son esprit dérive et les visages se confondent et se mêlent... Lui avait-elle dit les mêmes mots? Lui avait-elle offert les mêmes caresses? Lui avait-elle fait les mêmes promesses? L'avait-elle à ce point aimé...
"Pour toujours et à jamais"...?
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- Cherchez pas dans vos convertisseur PTI, le 7 /226.3, c'était bien le 21/12/2012... Rien n'était laissé au hasard!
  • BO de "The Bourne Identitiy, en français : "La Mémoire dans la peau". Bien plus évocateur dans le cas présent.
  • Il y a, bien entendu, dans le deuxième paragraphe, une évocation de la [art=http://www.dreadcast.net/EDC/Arcanta/Article=5194]Vision nocturne[/art] d'Arcanta
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Cet article n'existe pas RP. Les informations contenues sont inconnues de votre personnage.

◊ Commentaires

  • Zartam (626☆) Le 19 Janvier 2013
    L-X, boite de conserve de la désillusion.

    :3