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9. Tempus fugit...


Du temps avait passé.
Long temps. Et il avait semblé à la gynoïde qu'elle l'avait poursuivi avec cette nonchalance pressée qui la caractérise sans jamais parvenir à le rattraper. Tempus Fugit... Inexorablement, il fuyait et disparaissait. Et avec lui, les choses et les êtres... Les souvenirs se gravaient en octets et perdaient de leur sens et de leur profondeur par la disparition de l'émotion qui s'y rattachait, impossible à graver dans le silcium.
Tant de gens, tant de choses... Tant de douleurs atténuées par la numérisation. Le corps figé dans son cercueil de glace, L_IA avait cristallisé en 1 et en 0 les dernières notes d'un opéra tragique, partition mécanique dont les harmoniques grinçantes avait fini de résonner au cœur d'un silence immobile.
Lorsque son cyborg charmant était venu la sortir de sa torpeur glacée, la belle au béton dormant avait entendu ses promesses d'un nouvel avenir, autrement, ailleurs. Ils y avaient pensé beaucoup ; s'étaient aimés, à peine... Et puis les rôles s'étaient inversés et Kambei s'était rendormi. Un ptit tour et puis s'en va, la laissant à nouveau seule, plantée dans cette ville morne où une némésis la poursuivait de sa vindicte hargneuse. Passe-temps de la "princesse" Dawne, ça devenait presque un avenir quand tuer le temps pour ne pas le voir fuir était l'activité majeure d'une ville hors du présent aux habitants sans futur...

Alors s'assit sur un monde en ruines une gynoïde soucieuse...*
Contemplant sa courte vie au grès des rues grises et brumeuses, elle se souvenait... Le temps fuyait mais laissait des empreintes.

//Le mur ouest du BloodMoon contre lequel elle s'était laissé glisser, anéantie et épuisée, à peine remise de sa fièvre pour s'entendre mourir en quelques mots. Chancelante, en larmes, elle s'était effondrée là, vidée de ses forces et de sa volonté de vivre. Une fourrure contre sa joue et les bras de Skara qui l'entourent. Sa voix qui parvient à passer les sanglots, ses mots qui lui redonnent un peu de force, à peine. Une promesse : "Je suis là. Je ne t'abandonnerai pas, ma Eli..."
Skara. Un rempart contre la chute. Un ami-amant au rôle trouble qu'elle avait connu si fort et vu si faible à la fois... Sans pudeur, dévoilant une sensibilité à fleur de fourrure, il s'était accroché à elle. Et de même, elle à lui. Quelques temps seulement. Puis la promesse s'était oubliée quand il en avait tenu une autre. Et le temps avait passé. L'un des plus-qu'humain de cette jungle urbaine avait sombré pour devenir un monstre s'adonnant, parait-il, à la pire des pratiques. "Tu manges des gens?". Son simple "Oui" l'avait fait dégueuler pendant 36 heures et obligée à une réécriture d'urgence de ses données sociales. Un soupir face à ce mur. Skara... Une abomination rendue à son état primaire de barbarie obscène qui lui faisait perdre son droit à l'âme. Dans un innocent orgueil, "Eli", l'enfant-robot qui l'avait vu jouir et pleurer dans ses bras ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur un ton coupable. Et si elle avait été là?

//Le Mad Circus... Aujourd'hui vide et morne, aussi triste que le clown tragique à qui il appartient. Les images défilent. Des soirées folles, souvent alcoolisées... Le canapé du fond, là-bas et un sourire en coin sur un souvenir censuré... Retour vers la porte et là, un autre visage s'inscrit... Au cœur de vapeurs du skiwi qui parfois parvenait à l'enivrer, elle avait rencontré celui qu'elle avait failli tuer dans sa fureur cybernétique quelques jours plus tôt. Son chasseur, souriant en coin, comme sortant de nulle part. Quelques mots échangés, un fou rire et... //
... surtout pas de promesse. Apparu au cœur de l'orage comme une douce lueur au milieu des ombres grises du Secteur Rebelle, comme une halte dans sa course à l'autodestruction. Un sourire dans la pluie. Pas de promesse, sauf une : s'amuser. Et de fait, elle s'attachait comme on se raccroche à faire naitre un sourire sur le visage mélancolique de celui qu'elle appelait son "P'tit prince". Et les jours s'enchainaient parfois aux nuits, sans rendez-vous, comme on se porte... Et puis, sans crier gare, d'un jour à l'autre ne lui avait plus répondu que le silence. Un rêve sans promesse... La torpeur l'avait pris et l'avait presque figé comme les glaces qui en gardaient toujours un autre. Pas de promesse. Pas d'espoir. Pas de futur. Tempus fugit...

//BloodBankMillenium. Autrefois GeDoMaZo Fiducial... Combien de fois avait-elle failli entrer dans ce bâtiment et briser l'accord tacite, forcer la provoc' et venir claquer une bouteille de skiwi sur le comptoir...? Le lieu lui est inconnu quand elle y entre. Pas de réminiscence. Rien. Tout est froid. Pas de frisson quand elle en sort. Et pourtant... //
"T'as vraiment une vie de merde." . Le grand cynique avait parlé. Bam! Le marteau pouvait ponctuer sa sentence... L'homme qui aimait les flingues, les femmes et le fric l'avait accompagnée, si loin et si proche à la fois, dans sa déchéance éperdue à travers une étrange relation MPistolaire qui s'était étalée chaque nuit pendant près d'une année. Confident étrange qui la remerciait quand elle lui narrait son désespoir pour ce que lui-même se sentait alors plus heureux. Peu à peu, il devenait son intime sans l'avoir jamais touchée ; elle le connaissait d'avance sans avoir jamais vu son visage autrement que sur un holo qu'il lui avait envoyé et dont elle n'avait aucune certitude que c'était bien lui. Leurs gestes leurs étaient inconnus quand leurs esprits se devinaient parfois...
"Putain, où est-ce que t'es?! 'Parti'. Parti, parti... c'est pas une réponse parce que c'est pas une possibilité. On ne "part" pas de Dreadcast! Alors c'est ça ton pied-de-nez à ce destin sinistre? Disparaitre? Pouf! Fin de partie du cynique! On couche le roi sur un pat...? Tu fais chier! T'as que d'la gueule, Rikudo!.."

D'un geste vif, elle essuie une larme rageuse et shoot dans un caillou qui vient s'éclater sur le mur de la banque et reprend sa route, pérégrine solitaire d'un chemin sinueux entre des murs de poussières...

//...150 impasse des gnolls... //

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* "Alors s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse. Tous ces enfants étaient des gouttes d’un sang qui avait inondé la terre : ils étaient nés au sein de la guerre, pour la guerre.". A. de Musset, La Confession d'un enfant du siècle.
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Cet article n'existe pas RP. Les informations contenues sont inconnues de votre personnage.
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◊ Commentaires

  • Manerina (1403☆) Le 08 Juin 2012
    Je revendique haut et fort mon statut de fanette! smiley
  • Jude~21543 (76☆) Le 08 Juin 2012
    Je te rejoins !
  • L-X (1335☆) Le 08 Juin 2012
    Merci mes fanettes...

    @ RasKass : poussons pas le bichon trop loin non plus hein...