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EDC de EveR~4918

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Errances

« Les gens qui nous donnent leur pleine confiance croient par là avoir un droit sur la nôtre. C'est une erreur de raisonnement ; des dons ne sauraient donner un droit. »
- Nietzsche -
♪♫ - ll y a là une aberrance de la sensibilité,
qui a cet intérêt de traverser l'idée simpliste de finalité.
- Paul Valéry -

Sur les marches du Centre, lever les yeux vers cette canopée cotonneuse aussi malsaine que porteuse de rêves, sans doute de trop d’illusions. Dans la poche de mon trench ma main effleure le carnet sur lequel j’ai perdu le sens de mots qui vont dans tous les sens.

Brumes noires sous mon regard, file liens ou les défile. L’étole de l’étoile, ruban sombre de naphte, mosaïque de pavés, de songes éveillés ou à peine effleurés, tapis de verdure, frondaisons tâchées de sang ou de larmes foulés au nom d’une Harmonique dont peu à peu je perds les notes. L’esprit en vrac de trop de liens viciés que j’ai dû arracher d’une âme à l’état brut lacérée.

Un pas, puis un autre, cette fois pas de but, réminiscences inondées de soupirs par le trop qui tue plus surement que le pas assez, les souvenirs en lambeaux, la mémoire souffle dans mes chairs des rimes qui s’exhalent. Trop de mots glacent le regard que je porte sur moi, trop d’entre eux dont je n’ai pas même goûté les saveurs. Je ne veux plus les imaginer. Le respect c’est aussi de ne pas oser s’écouter ou d’arrêter de rêver.

J’ai espéré mes cordes vocales se briser par les cris qui ne seraient plus silencieux, ne se perdraient pas en chemin dans ma gorge qui se serre et les retient en moi. La lame de mes larmes a emporté bien des murmures, le souffle, éparpillé mots et vœux, le temps a rompu bien trop de promesses.
L’éphémère des présents je l’espérais éternel, les minutes impossibles à dénouer ; maintenant je sais et pourtant je n’arrive toujours pas à cette liberté.

« …de ces passions qui n’en finissent jamais de mourir dans leurs errances. »

L’extérieur, les pavés, taudis et beaux quartiers, la pluie, la nuit, les menaces et la glace, les sanglots sanglent ma gorge, quand d’autres s’égorgent, de tous à soi, à contre-courant, la Lame et le sang, les trottoirs se vident de marionnettes égoïstes, démembrées ou coincées dans leur propre monde, comme d’autres sortent des cuves pour le pouvoir soudoyer, une noblesse rébellion dont ils ne feront jamais qu’effleurer le sens ni comprendre sa nécessité.
Reste les veilleuses hésitantes, ombres sous des néons d’une Cité sous tensions. Des portes aux serrures sans clé concentrent rayons de lumière, je n’ai pas peur, juste mal.

Nouveaux pas, oublier la vie qui bât, réprimée, la décoller de ma peau, éteindre le jour, étouffer la nuit ; il est d’autres lumières pour transcender l’obscurité que des phares sans dignité aux ego démesurés. Maintenant aucun bruit ne traverse les portes, les cloisons de ma prison restent silencieuses. Mon esprit plus encore au bord du vide à jouer les équilibristes, harmonieuse décrépitude. Le mur Ouest est maintenant devant moi, le Secteur est juste différent mais finalement pas tant que ça.
Arrière-plan, entrecoupés de flashes éclatants, les paysages d’un univers fantasmagorique défilent à leur cadence, une superposition de visages, une accumulation d’erreurs, d’illusions réitérées à l’envie, à une armée désordonnée d’espoirs jusqu'aux plus improbables.

Les notes prennent en intensité, s’accordent à jouer de plus en plus faux, avec de moins en moins puissance ; mécanique d’un manège à la cacophonie organisée, les cris d’une cour de récréation, de tintements d’ego en signal d’alarme, l’air vibre de percussions à contre temps.
Fleur de métal, pétales coule, croule de sang, sans emphase, phase d’une litanie désarticulée en suspension, les ténèbres plus sombres, les fantômes s’invitent. Je respire mal cet air nauséabond. Le lord et la putain ne laissent jamais de place qu’aux tourments.

Extérieur, nuit, pluie, vent, je monte d’autres marches au son d’un cœur qui s’arrache, l’édifice éteint, ramassé sur lui-même me pénètre plus que je n’y entre. Ma prison, mon univers… il est temps de lâcher prise, le cou tendu offert à la bise en un dernier rebond.

Vil(e)s et veul(e)s scarifient le V du vice et de la victoire ; la vengeance vomit sa vindicte. Vide vacuité, versus vampiriques volontés où le vainqueur vassal conjugue sa vanité en ventriloque.
De vIerge à verge, le verdict est Impérial.


.... Ni cryo , ni cuve une fois réunies... nous avons une promesse à honorer.

L’errance dans l’indéfini est notre marque à tous. Nul paradis, et nulle soif de celui-ci. Une nostalgie qui n’a d’infini que son inaccomplissement. Voici tout ce qui, en nous, est positif : nous avons transformé la malchance en charme. Nous avons donné un sens vivant à la négation.
- M.C. -



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A Elle, à Lui, à Eux.... Merci.

Informations sur l'article

VIII - EmpreinteS
16 Juin 2014
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