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EDC de Eaven

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« Ne m'attends pas. Je ne reviendrais plus. Je n'existe plus. »

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Les températures ont augmenté ces derniers jours. Trop peu pour réchauffer le cœur gelé de l'humaine, que l'on pourrait croire infiltré par les pluies acides. Rongé de l'intérieur. Elle avait presque accepté l'absence et le silence, pour les empêcher de résonner dans les moindres de ses pas. C'était sans compter l'ascenseur émotionnel que fournit constamment cette Cité.
Toujours cette même solitude. Agrémentée de l'espoir lamentable qui maintient, jusqu'à l'ébranlement. L'espoir qui fait que l'on surveille de loin, que l'on rêve peut-être un peu trop. Ce sentiment trop fort qui fait vivre et mourir à la fois. Puisqu'elle faisait encore partie de la première catégorie, elle avait filé d'un pas mécanique mais soutenu. Que tenir cette agence ait au moins un avantage ! Récupérer ce qui tient à cœur, pour mieux se blesser sur les souvenirs tranchants.
Une autre nuit, mais une solitude différente. Une solitude sans espoir, le vide tant qu'elle ne l'avait plus connu depuis longtemps. Et elle ne s'en portait pas plus mal, qui aurait souhaité revivre une perte ? C'était plus que ça. C'était pire que ça..
Sa solitude était devenu un entrepôt, dans lequel elle agglutinait les souvenirs amers, les blessures de l'âme, les elferies inavouées et les fantômes de sa vie. C'était un entrepôt scellé qu'elle ne s'autorisait pas à ouvrir, dont elle ne parlait pas, dont elle disait dans ses sourires qu'elle avait perdu la clé. Par malheur, il l'avait trouvée et entrebâillée la porte, laissant sortir son contenu fané l'espace de quelques instants. Et puis, tout s'était refermé.
Et puis, il était mort.
Un terme qu'elle n'était jamais parvenue à utiliser.
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Elle était incapable. Trouillarde. Elle connaissait ce point de non-retour qu'ils étaient trop nombreux à toucher, et elle se forçait à le rappeler à sa mémoire, pour tenir, ne pas sombrer. Ce serait trop violent, elle n'était pas la seule cette fois. Elle n'était pas seule, mais avait toujours ce même besoin de réconforter ce qui ne pouvait l'être, de rendre des sourires à tort et à travers. Surtout à tort. Car même si hier, ses sourires se brisaient avant de naître sur ses lèvres, elle tenait. Hier.
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« La peine habite cette Cité depuis des années.
Elle change simplement d'appartement chaque nuit.. »

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Parfois, elle s'accorde le droit de rester un peu plus longtemps que prévu. Elle pensait savoir comment y faire face, comme elle l'avait toujours fait. Plongée dans le travail, satisfaire les clients autant que faire se peut, cacher son état déplorable derrière le travail en attendant que les sourires reviennent. Le lot de tous, la routine de chacun, un jour ou l'autre. Mais elle avait osé rentrer et, sur le pas de la porte de sa chambre, quelque chose tintait déjà. Une alarme. Une alerte.
Ses pas inconscients traversèrent la pièce pour que ses mains tombent sur ses affaires. Elle enfila le Cosmopolitain trop grand, avant de voir le petit appareil qu'il lui avait laissé avant sa cryogénie, cette machine dont elle avait oublié le nom, mais qui jouait toutes les musiques qu'il y avait entré. Elle lança les notes, qu'elle laissa défiler en terminant un travail, jusqu'à s'immobiliser finalement. Sourde à l'alerte, elle finissait prise au piège de la musique qui retentissait à ses oreilles.
♪ Here I stand
Helpless and left for dead ♪

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Elle ne comprenait pas la langue, pire encore pour elle que le latin impérial, avec lequel elle avait encore tant de mal. Malgré ça, quelque chose l'emplissait toute entière, une douleur sourde qu'elle croyait comprendre. Qu'elle pensait pouvoir définir.
♪ Close your eyes
So many days go by ♪

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Elle ferma les yeux un instant, et quelques souvenirs revinrent à sa mémoire. Bien des jours plus tôt, des heptades, des années, il s'était tenu là. Avec elle. Un sourire au bord des lèvres, un sourire au bord de l'âme. Il avait vécu dans ces murs, ils avaient survécu.
♪ Easy to find what's wrong
Harder to find what's right ♪

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En rouvrant les yeux, les souvenirs n'existaient plus. Envolés, il ne lui restait que ces blessures intemporelles qu'elle gardait enfermées. Précieusement. Comme un poison dont on aime s'abreuver. Elle savait que quelque chose n'allait plus. Elle le savait disparu.
♪ Trembling crawling across my skin
Feeling your cold dead eyes
Stealing the life of mine ♪

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Ça la reprenait. Son visage dansait devant ses yeux dont la blancheur habitait les iris. Au fin fond, la voix de la raison, lui soufflant qu'il n'existait plus. Qu'il avait disparu. Que ses mots étaient partis avec lui. Qu'elle ne faisait qu'halluciner, qu'espérer cette dernière danse promise.
Quand on désespère, on finit par croire n'importe quoi. On oublie les paroles pleine de bon-sens échangées la veille, on oublie les demies-promesses de soutien, on délaisse les étreintes, les épaules accueillantes. On s'abandonne à ce que l'on n'a plus. Alors, après avoir vainement brandi ses dagues sur le vide dans une menace, elle avait abandonné sa raison, et accepté la danse.
Elle avait abandonné le combat, et accepté une dernière folie.
♪ Say goobye
As we dance with the Devil tonight ♪

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Ce n'était pas le Diable avec qui elle dansait ce soir. Mais c'était une danse enflammée et pourtant mourante d'avoir déjà été consumée. Mais sous son regard voilé, un autre dessin prenait forme, les murmures qu'elle imaginait étaient ses propres cris, ses demandes se teintaient de désespoir. Elle n'avait jamais su dire au revoir. Peut-être que lui non plus..
♪ Goodbye.. ♪

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Son visage disparaît à son regard, mais il revient pourtant la hanter au coin de la pièce par moment, il l'habite, la réchauffe autant qu'il l'effraie. Mais elle l'a perdu depuis longtemps, et ce soir, c'est ce qui lui revient. Elle ne voit son visage non pas pour se protéger, non pas pour oublier sa mort.
Mais pour se souvenir qu'il fut vivant.
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Je t'attends, comme je t'ai attendu.
Au Royaume des Fantômes, les Souvenirs sont Rois.
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Que quelqu'un fasse cesser cette valse macabre..
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Spoiler (Afficher)
Oui, en ce moment je ne sais plus écrire que des niaiseries. Mais on s'en fout ! Encore merci à Toi, pour tout ce qu'on a pu jouer au travers du temps. Pour la musique aussi. Tu vas manquer.

◊ Commentaires

  • Roxann (62☆) Le 14 Septembre 2016
    Quand c'est si bien écrit, si touchant, on en redemande... mais sans la cause si possible.
    "Elle n'était pas seule cette fois". Mais l'autre est un caillou froid qui s'empêtre de pudeur face à la maladresse : deux débiles face à l'incompétence de larmes. On est pas sorties du sable...!

  • Niasse (126☆) Le 14 Septembre 2016
    Moi j'aime bien tes niaiseries ! .
  • Gaïa (93☆) Le 14 Septembre 2016
    Putain putain putain.. Eaven ! ♥ Même si ça ne parle pas des sacrés macarons.
  • Eaven (642☆) Le 14 Septembre 2016
    Deux cailloux qui ne demandent pourtant qu'à s'ouvrir un peu. Sauf qu'un caillou, ça ne s'ouvre pas. C'est plus du sable à ce rythme-là @Roxann !

    @Niasse Un jour, j'écrirai une niaiserie sur toi, je suis sûre qu'il y a moyen ♥

    @Gaïa MACARONS ! Mmh. Oui non mais, déjà fait ça. Et puis, c'est vrai que j'aurai pu aussi écrire sur la disparition des macarons. Mais un seul sujet triste à la fois : lui au moins, il le mérite.
  • Cryx (711☆) Le 15 Septembre 2016
    acceptes l'aide qu'on veut te porter ma beauté ♥
  • Lyxus~60811 (82☆) Le 15 Septembre 2016
    Juste magnifique *