Recherche

EDC de Eaven

Bienvenue sur les EDCs de Dreadcast
Vous trouverez ici tous les articles rédigés par Eaven

Cacher

Qui suis-je ?

---------------------
J'avance dans les couloirs qui résonnent de vide, le regard s'arrêtant sur ces tableaux étranges que je ne comprends pas toujours. Tu avais dit que tu m'expliquerais, que tu me dirais ce qu'ils représentaient.. Mais le temps t'a manqué je crois.
La nuit venue, alors que la quasi-totalité de la ville s'endort ou dort déjà, je rentre enfin, prends cet ascenseur que je n'ai jamais vraiment aimé, et me retrouve dans ta tour, cette chambre que je ne peux me résoudre à quitter.
Me voilà en cette ville depuis plus d'une année, et déjà, certaines nuits apportent leurs lots de questions. Comme celle-ci..
Qui suis-je ?

Mon regard se perd sur cette chambre quasiment abandonnée maintenant. Abandonnée de ta présence, bien que celle-ci résonne encore parfois, dans ma tête, mon être, quelque part. Tu n'es pas oublié, et je m'efforce de tenir la promesse que je t'ai faite de me relever. Mais si seulement tu savais à quel point c'est vide sans toi. Et, dans un réflexe, ma main droite vient effleurer la peau de mon cou, le tatouage encore si récent, qui m'a fait tellement souffrir, comme ton départ. Un symbole pour moi, de la promesse que je n'oublie pas, et qui veut dire tellement. Comme si j'avais fait graver ton ombre sur moi.
Je suis ta compagne.

Tu m'avais dit de faire attention, à ceux qui voudront profiter de cette tristesse. C'est pour cela, que je ne suis pas sortie avant un bon moment, et j'aurais peut-être même du rester encore un peu enfermée peut-être. J'ai donné de légères marques d'affection, gauches, je ne sais plus vraiment ce que c'est, et ne veux pas le savoir avec un autre. Mais je suis là. Parfois, il appelle, quand il a besoin, quand il veut. Parfois, je m'inquiète, lorsqu'il semble ne pas aller au mieux. Parfois encore, il est là, juste pour être là, réconforter. Ma main effleure alors cette fois l'hématome sur ma tempe, il y a des choses qu'il ne devrait pas savoir, et pourtant.
Je suis l'amie.

Lui encore, qui par trois fois m'a relevée face à une faiblesse physique que je déplore. Je suis redevable de tellement de personne en cette Cité, qu'il m'est de plus en plus difficile de me souvenir de chacun. Mais lorsqu'elle m'a dit qu'il était mal en point, je n'ai pas hésité. Peut-être pas uniquement pour payer la dette que je pensais avoir, mais par humanité, je crois. Je l'ai vu blessé, presque à l'agonie, sans rien dire, imprimant seulement les événements. Depuis il s'approche, je le sens. Il sera peut-être mon aide et je serais la sienne, mais je ne briserais pas la promesse que je t'ai faite.
Je suis la désirée, peut-être.

Je vis souvent la nuit, pour éviter de retrouver ces visages dans mes cauchemars qui hurlent mon prénom sans que je ne les reconnaisse. Certains, mais pas tous. Effrayants, affamés d'une chose que je suis incapable de leur donner. Pour éviter de me rappeler que ta présence rassurante n'existe plus que dans mon imagination et mes souvenirs, aussi. Oublier certains problèmes chez moi qui font que certains jours me sont difficiles, oublier ces impressions désagréables. Oublier la faiblesse dans l'espoir vain de paraître forte. L'espoir.
Je suis la blessée involontaire.

L'article pour le DCN est fait, tu n'imagines pas à quel point il m'a été difficile, dans certains témoignages, de voir écrit ton nom. Mais, en bonne élève, j'ai continué, bouclé ce qui devait l'être. Le reste de mon temps est fait de quelques rencontres, et d'entraînements qui m'épuisent parfois, me laissant des traces physiques comme je ne me le serais jamais permise auparavant. Tout cela pour être moins faible, pour évoluer. Ma main droite se relève de nouveau, venant serrer un peu ma gorge où j'ai parfois encore l'impression que son mono-filament m'étrangle, tranchant net presque. Je caresse cette peau fragile avec le souvenir de cette arme qui m'a valu une cuve, sans raison. Une folie que je ne connaissais pas encore.
Je suis la Nouvelle Arrivante.

J'ai trouvé un livre dans ta bibliothèque, qui m'a valu un cri de surprise. Comprends-moi, y voir ma propre écriture, sur un livre que je ne connais pas, et que je n'ai pourtant jamais écrit. Qui n'apparaît pas à l'Académie. Qui est une copie de quelque chose qui me semble familier. Et toujours cette impression de déjà vu, déjà vécu, mais faible, si faible. Je l'ai revue par hasard, elle m'a raconté certaines choses, de nouveaux malaises se sont ajoutés aux autres, comme si mon corps répondait à ce que mon esprit ne connaissait pas, normalement. Et cela lui fait mal, c'est évident. J'ai essayé de me faire pardonner de ce mal que ma présence engendre parfois chez elle.
Je suis son fantôme.

Et je suis probablement aux yeux des autres, plus flous, qu'une femme de plus en cette Cité, une enfant pour beaucoup.
J'ai l'impression de porter un nom qui ne m'appartient pas. L'impression de vouloir venir te rejoindre déjà. L'impression d'avoir vécu ce que je ne connais pas encore.
Face à cette fenêtre, je vois mon reflet dans la vitre. Vague, indistinct. Derrière lui, la ville brille de cette lumière que nous procure encore l'énergie.

Je suis sans réponse.
Les questions s'accumulent.
... Qui serais-je ?

Spoiler (Afficher)
Entièrement subjectif, pour la première fois.
Evidemment, inutilisable IG.

◊ Commentaires