Recherche

EDC de Acius

Bienvenue sur les EDCs de Dreadcast
Vous trouverez ici tous les articles rédigés par Acius

_Des proportions humaines, Acius est un parfait parangon. Il n'est pas haut comme un elfe, ni bas comme un nain. Il n'est pas large comme un troll, pas plus qu'il n'est étroit comme un kobold. Mise à nue et délestée de ses atours, sa silhouette est de celles qui ne se distinguent pas, se fondent sans peine dans les foules et savent promptement se faire oublier, si bien que l'on soupçonnerait peut-être là l’œuvre de quelques artifices high-tech; s'ils existent, c'est avec un soin particulier que l'homme les dissimule, cultivant une certaine sobriété vestimentaire, et un rejet consumé de l'apparat dernier-cri.

_Acius est un corps bien organique, où ne semble fleurir qu'une sobre cybernétique; on le prendrait sans doute pour un voyageur d'un autre temps s'il n'y avait, perpétuellement visé sur son visage, ce curieux regard solaire, comme dénué de pupilles. Metteur en scène de sa propre comédie, il a glissé sur ses orbes ces lentilles colorées, qui captent et réfractent la lumière d'une manière que ne le peuvent plus ses yeux imparfaits. Par écho, cerclant son front comme une auréole, un diadème finement gravé ceint le flot des mèches grisonnées qui tendent à courir anarchiquement sur ses traits.

_Silhouette roide égarée dans un smog de tabac capiteux qu'il crache à cycle régulier, vous le trouvez là cintré d'un long manteau aussi sombre qu'épais, battant ses cuisses à chacun de ses pas, nuque préservée des lames de froid par un haut-col rabattu jusqu'au lobe de ses oreilles parées. Au revers saillant du pardessus, une boucle métallique a été brochée; y pend un respirateur cliquetant en fibre de carbone. A son épaule droite a été cousue une discrète petite décoration patinée par le temps et les intempéries qui tombent inlassablement sur la Cité. Sous le manteau, un pourpoint matelassé, aux teintes fatiguées par les décennies traversées, couvre l'homme de la taille au seuil de son cou; le pli qu'il accuse à sa poitrine trahit la présence d'un holster pectoral sombre, où peut luire l'éclat polymérique d'une lourde crosse. Un pantalon simple d'ouvrier couvre le galbe aride de ses jambes gagnées par les varices; une sangle en cuir d'écureuil, où ont été greffées deux larges poches de tissu, enserre sa droite cuisse, tandis qu'une paire de genouillères en fibre rigide a été agrafée à l'articulation des genoux. De quelques emplacements peuvent s'échapper une faible luminescence, caractéristique des cartouches énergétiques de la carabine Varja. Haute sur ses tibias, scellant solidement son pantalon, sa vieille paire de botte fait grise-mine, cependant que les nuits passées dans les mangroves acides ont achevé de ronger semelles et coutures. Elles crissent, craquent, grincent, mais l'homme ne semble pas déterminé à s'en départir, sourd à leurs plaintes.




Murus Artificum
(Merci Full !)
(Merci Full bis !)
(Merci Kemelvor !)