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Le devoir à ses effets.

L'eau devrait cesser de mouiller comme les larmes devrait arrêter de blesser ?
Je ne pensais pas quitter l’Ordre Noir un jour, pourtant je l’ai fait par amour d’une vautoure. Jay occultait involontairement des événements qui étaient probablement les vraies raison de sa présence, il voulait en lever les doutes. J’étais aux derniers cycles Vicomte et superviseur des opérations concernant les attentats qui devaient toucher toutes les Organisations Impériales. Ce que je voulais c’était marquer, sonner l’alarme d’une justice qui était endormie. J’ai également dessiné les plans du dernier bâtiment de l’Ordre. J’ai toujours été quelqu’un droit, que ce soit dans l’exercice de mes fonctions de Brigadier ou alors par la récompense de mon titre de Vicomte suite à la remise de la Légion Noire. Je me souviens avoir traversé tous les grades, depuis le simple agent des SRI jusqu’à Soldat, Lieutenant, Major et Brigadier. On m’a privé de la jeunesse, j’ai vécu dans le mal même. Quitter l’Ordre Noir c’était comme traverser un secteur et en découvrir un nouveau. Lorsque je suis arrivé, j’étais pétri d’incertitudes. Tu imagines le tableau ? J’avais bâti tout ce que j’étais en plus de vingt ans dans l’Ordre. J’y avais des amis, mon Oriflamme.. Je me suis élevé au point de me faire un nom : « Gamma ».
Lui, le fils de la Rébellion, ayant vécu sous la régence de Zarah était un de ces nombreux symboles de la réussite. Il avait quitté la terre souillée d’ocre et de sang sans le moindre crédit. Il aura épousé une carrière d’arme. Il avait refusé la destinée d’une épopée carmine et porter le lourd ban de la honte rebelle. Sans avoir gouté à l’honneur de servir dans l’Ost de Lance, il s’était plutôt rendu aux Services de Renseignement Impériaux. Il voulait embrasser l’Ordre, la reconnaissance et surtout la valeur même de la vie. Mais au lieu de ça, c’est sur un trône morbide que son séant trouva une assise. Pourtant ce passé semblait déjà s’étirer assez loin qu’il n’équivoquait sans une certaine nostalgie.
Et, Norah était là. Je ne connaissais cependant personne alors qu’elle s’était déjà forgé un réseau de connaissances. Je me sentais comme un jeune adulte qui avait tout à découvrir mais j’étais qu’un exilé qui devait chercher sa place et j’ai tant désespéré pour la trouver. Et aujourd’hui je suis arrivé là. Malgré mon éternel passif, j’ai quitté le statut de terroriste pour prendre peu à peu celui de Comptable.
Jérôme sourit très légèrement confiant sa casquette noire à la table bleue en face de lui et au regard du personnage tenu dans l’ombre des projecteurs. Il lui glissa d’ailleurs un regard suivit d’un clin d’œil. Le salon était grand, spacieux même. C’était l’œuvre de Mademoiselle Wills sous ses directives et envies personnelles. Pourtant elle était vide et si silencieuse que le bruit de leur respirations passaient inaperçue. Les lampes bleues encadraient parfaitement le salon ouvert et affichaient l’aura de l’Impérium, à défaut d’une puissance de luminosité, le bleu assombrissait l’ambiance. Un bleu qui était aux yeux du Comptable une couleur très chaude. Cette Ombre adressa un regard méfiant à l’Humain, trônant sur son fauteuil bleu, un regard que l’on adresse aux inconnus avant de se dérider et tenter d’apprécier ou de s’évaporer. Leurs entretiens étaient devenus à la longue des familiarités. Un soupire flatta le silence, Jérôme reprit la parole.
Je ne suis encore qu’un étranger, opportuniste et pourtant je n’ai qu’un cœur, un bras mécanique, des ailes peintes dans mon dos et crois moi je respire. Je me sens bien et je ne pense jamais à me lever pour sortir de ce berceau dans lequel on se sent si bien. Tu ne crois pas ? Tu en penses quoi de ces murs.. ?
Un regard pourpre se détacha pour dévisager le Comptable, enfoncé dans son fauteuil, sans vraiment lui répondre. Jay en venait doucement, suivant un discours assez décousu sans aucune cohérence il arrivait toujours à détourner son propos et réellement assommer la féline sous ses maux, dignes d’un vautour enfermé dans la chair humaine.
J’aimerai vraiment que tu puisses voir ce qui me stimule depuis toutes ces années. Des mécanismes inconnus soupèsent mes pensées. Un long voyage t’attend et j’escompte bien t’embarquer dans cette folie qui est indicible, immatérielle. Ce n’est pas par nostalgie, je ne suis pas un de ces enfants réveillé trop tard. Je ne suis ni d’un nord, ni d’un sud. Je suis tout à la fois, je m’aligne et je fais mes comptes. Tu n’as toujours pas payé, tu t’es laissée prendre par un devis qui t’a au final consumé jusqu’à te prendre la parole. Je t’aurai invité à prospecter avec moi, mais c’est terminé.
Il termine par un sourire, conscient de monopoliser l’attention de la damnée de manière indécente. Il élargit son sourire narquois. Il ménage la table face à eux, deux verres carrés aux lignes carmines qui décorent les gobelets sur la table brisée. La médiocre qualité de l’Ambroisie présentée, les gorgées lentes et les regards qui se terminent au sol pour détailler inutilement les pelotes de moquette. Jay tapote de toutes ses digitales de chair la paroi de glace, avant de reprendre.
C’était ça ton désir, que je me perde et me laisse aller par quelques morceaux de tissus que l’on accroche à un buste. Je l’ai fait ce périple et qui a duré toute ma jeunesse. J’ai senti la haine du mal, et toi à part en rire dans ton regard pourpre ? Tu voulais que je sois ton pantin articulé, emprisonné et donné lors de ces festivals. Aujourd’hui c’est moi qui t’ai, j’ai ton contrat. Outre ces réjouissances, j’en profite pour trinquer et te laisser à ton tour tracer les premières lignes de la solitude. Si tu n’as l’intelligence à revendre je sais combien tu es émérite.

Il s'octroya une large gorgée avant de poursuivre.
Seule tu ne seras plus rien, ils n’ont pas remarqué où tu étais. Les titres, les accréditations n’y changent rien. Tes idées ne restent que les tiennes, enfermées dans tes tempes. Si tu m’avais regardé au lieu de … Tu m’aurais enrichi la vie, j’aurais renforcé la tienne. Peu importe.. Trancha-t-il .
J’étais convaincu que tu me ferais confiance. Aujourd’hui.. Dans le trio qui me regarde. Une s’occupe de l’agent et deux de l’Homme. C’est que tu me manques en fait.

Il termina lui aussi dans le silence, le regard dénué de toute espérance. Il ne l’avait pas précisé, son regard en amande et coloré par un marbre calciné par la fatigue, il voulait rester et parler avec ce qu’il lui restait d’Ailes. Son devoir l’amène parfois à quitter les enclos aux reliques nombrables. C’était un échange temporaire, autorisé. La guerre était présente, il arrivait cependant à se laisser porter encore et encore par le reste d’un implant pourpre, immobile et fixe. C’était ça être Comptable, veiller sur ses reliques.
Spoiler (Afficher)
Longtemps que j´y pensais, un hommage à un personnage qui repose en stase. Elle a marqué tant pour sa manière de penser que pour tout ce qu´elle était.Je remercie le trio qui veille sur Jay sans qu´il en demande tant. Une envie soudaine, merci et je prends les critiques ici ou en privé. Merci JD Shayne j´étais parti pour ne plus poster ici. smiley

Informations sur l'article

Nupseï
07 Juin 2016
1984√  17 6

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◊ Commentaires

  • Norah~50792 (375☆) Le 07 Juin 2016
    Sur la forme, j'aurais espacé les pavés pour aérer.
    Sur le fond, tu sais que j'adore ta façon d'écrire, même quand tu restes aussi nébuleux !

    Nounou veille sur bbG. *décrédibilisation ON*
  • Jay (555☆) Le 07 Juin 2016
    La mise en page est voulue smiley
    Je suis comme ça.. Peux pas faire moins nébuleux !
  • Léonie (327☆) Le 07 Juin 2016
    Quel honneur que de déposer une 500ème étoile méritée.
  • Jay (555☆) Le 09 Juin 2016
    Merci beaucoup , je ne pensais pas récolter tant ^^" Je suis surpris.