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Rémanence Ep5 : Umbra

Episode 1
Episode 4
 

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Merci au JD Solon pour l'image, qui n'a pas été faite pour cet article à l'origine.

 

Episode 5 : Umbra

Le sas est grand ouvert, donnant sur un mur blanc.

J'imagine, optimiste, un avenir brillant
qui grâce à mon sommeil est devenu présent.
Peut-être que le smog n'existe plus vraiment.
Peut-être qu'un moyen a été découvert,
pour mieux nous protéger des rayons assassins.
Les calculs de Castel nous l'avaient bien prédit :
Une révolution menée par le QI
Nous permettra de voir notre étoile, Kepler 20.

Nous permettra enfin de l'appeler "Soleil".

Oh, des projecteurs.

De simples lampes, reliées au sas. Dommage.

Mais ce n'est pas si grave.
Mes souvenirs reviennent.
Ce lieu est souterrain, je l'ai traversé "hier".
Un complexe secret
de la West Corp.

Où sont-ils tous passés ?
Ces sous-sols sont si sales.
Ces sots s'y sont-ils tous asphyxiés, inconscients ?
Je dois rejoindre la surface.

Je connais le chemin. Tourner à ce tournant. Gravir des escaliers. Longs. En colimaçon...

...

...

...

...

"Hier" nous descendions, en légion optimiste.
Aujourd'hui je remonte. Seul. C'est...

...

...

Voilà la sortie.

...

...

...

Tout est noir.

...

...

Il est tard.

...

...

Le parking à l'entrée est vide.

...

...
La route aussi.

...

...

Et West Lab est en ruines.

...

...

Le bâtiment en face. C'était un bar célèbre.

...

...

En ruines aussi.

...

...

D'obscurs pressentiments
m'assaillent.

...

...

L'air est pesant.

...

Le sol, grisant.

...

La pluie, acide.

...

Et les rues... vides.

...

L'explication est simple : il fait nuit.

...

Ou pas.

...

...

"IL FAIT NUIT, HEIN ?!"

...

"Ta gueule..."

...

Une voix cancéreuse m'arrache à ma folie.

L'odeur de cigarette attire mon regard
vers une silhouette, qui se tient dans le noir.

Un elfe ou un vautour, un encapuchonné
et certains de ses membres sont mécanisés.
Un gars du sixième siècle, un être décharné.
Je ne sais pas qui c'est, mais je suis sûr qu'il sait.

...

"Dîtes-moi ce qui est arrivé à ma ville !"

"Ta ville ?"

...

Il ricane, se moque, en me dévisageant d'un coup d’œil infrarouge impudique et stressant.
"Y'a pas d'ville ici. Y'a du vil.... Ça... ouais... y'en a...."

...

Il est fou à lier, sinon très bon acteur. Ou les deux.

...

Il laisse, silencieux, un instant s'égrener, au rythme des cendres qui volent dans le froid.

"Hey... C'est pas une bonne idée de te balader dehors comme ça... surtout avec les derniers événements... et les rôdeurs. Et les odeurs. D'où que tu sortes, retournes-y. "

...

Son mégot tombe au sol, il sourit dans le noir, puis avance son front vers moi en exhalant
une fumée opaque, l'haleine d'un chiqueur.

"Y'a pas de ville.... y'a plus d'ville."

...

L'inconnu n'est pas seul à instiller la peur.
Cette idée que le temps présent soit plus minable
que l'époque laissée derrière ce bunker...
"C'est une catastrophe. Qu'est-il arrivé ? Parle !"

"Hum...."

Il jette un œil soucieux vers une autre ruelle.

"Tu vois les projecteurs là, la faible lueur qui tapisse les rues dégueu' d'vant toi ? Bah... c'est tout ce qu'il y a dire. On crève tous pour ça... Et quand j'dis tous... Les SanFac, c'est quoi... une vingtaine de péquenauds qui crèvent plus que les autres ! "
Son regard revient se poser sur mon visage, il échappe un soupire.
"Y'a longtemps.... ouais, y'avait une ville. J'la trouvais sale et pleine d'ordures. Mais y'avait des gens dans les rues. Y'avait des bars. Et... et puis ça a changé. La guerre... la Grande... foutus neuviens... Et pas changé en mieux... Les Murs... t'as connu les Murs ?"

...

La guerre...
Les calculs de Castel étaient un faux-semblant.
Ont-ils même existé ? J'en doute fortement.
Notre fière équipée. Tous menés en bateau.
Assassinés, par LUI, dans leur cryo.

"Quelqu'un ma précédé, sorti du même endroit. Grande taille, cheveux blonds, imberbe et profil droit. Yeux bleus, pas très loquace, mais un regard qui glace. Castel, de son prénom, ça vous dit quelque chose ?"
La paume de sa main se pose sur mon bras, elle se crispe. Il a l'air agité. Ses mots sont plus hachés, C'est comme s'il sentait venir un ouragan... Il relève son œil, à l'iris modifié, tout en lâchant sa prise. Un rictus apparaît, fier, sur sa joue glabre.

"Bien sûr que j'l'ai vu... j'vois tout, mon pote... mais faut pas rester ici... Tu devrais arrêter de poser des questions et... trouver un abri, dans le reste des égouts ou en hauteur... j'conseille la hauteur... Et puis... Ouais, non... oublie..."

C'est alors qu'il s'éloigne, son pas est très rapide. Il surveille sans cesse le bout de la ruelle. Son corps se fondant presque dans le décore lugubre.

"Répondez-moi avant! Eh, quoi! Je dois vous suivre ?"
Il est déjà parti, par peur. De quoi, en fait ?
Il y a quelque chose au bout de la ruelle.
Et une autre présence, au dessus de ma tête.
Dans l'ombre, sur les toits. Les rôdeurs, c'est ça ?

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