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Et qu'un jour..

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Article inconnu de vos perso, bla bla, première partie de cette anecdote inventée, la seconde arrivera plus tard ! Mais elle permet de continuer à dresser un portrait du Sang-Mêlé !


Et qu'un jour..
Seconde anecdote du Sang-Mêlé

Mains dans le dos, bien droit, jouant de sa chevalière impériale, Persisk admire cette pluie qui s'écrase contre la vitre, venant fouetter le verre et embaumer le cœur elfique de l'orc. Au loin, l'Ambassade rayonnait, comme à son habitude, il pouvait la distinguer malgré l'intensification des gouttes qui dégoulinent contre sa vitre, entamant une seconde course folle, pour venir s'écraser quelques cent étages plus bas. Qu'importe l'Ambassade, après tout, rien ne vaut le spectacle de l'eau radioactive qui, tel un rapace avide de sang, tente d'attaquer l'homme, sans pour autant arriver à l'atteindre, protégé dans un cocon couvert d'une pénombre rassurante. Il hume l'espace ambiant en fermant lentement ses paupières, relevant son nez comme s'il pouvait, par la même occasion, attraper plus encore de matière olfactive.


Bonjour, Persisk.


Le palpitant de l'orc semble ignorer la présence. Il la savait tout près de lui, depuis longtemps. Elle ne voulait pas le déranger, auparavant, mais son pacte était passé, il l'avait brisé, aujourd'hui il payerait, au prix fort. Il avait manqué à son devoir, celui qu'il s'était imposé; Un engagement pris solennellement sous Son Regard, à la lumière vacillante d'un cierge presque consumé, dont la flamme caressait le menton de l'orc alors doté d'une pilosité sauvage. L'engagement qu'il prit lorsqu'il eût finit son éducation intellectuelle, lorsqu'il comprit que sa vie ne serait pas destinée au sang et sexe, que foutre et violence, viols et meurtres, désespoir et solitude ne le détruiraient pas. Que les crédits ne guideraient pas sa vie. Le jour où il Lui voua sa plume et son sabre.


Prends place, je suis à toi dans quelques instants.

Aucun bruit ne se fait entendre, l'ombre se mouve dans le siège qui se trouve face à son bureau, telle une invitée de marque. Devant elle, un cadavre de bouteille trône fièrement à l'endroit où habituellement le Sang-Mêlé place son deck, outil de travail quotidien pour un homme un tant soi peu intégré politiquement. Un élastique rude et long traîne à côté du verre du Directeur, un bout de latex tordu, semblant usagé et vieillissant, témoignant d'un vécu certain. Mais l'ombre ne s'intéresse que peu à tout ce sinistre spectacle, son regard transperce Persisk, de tout son cœur et de toute son âme, sa voix semble sortie du plus profond des entrailles de la cité, un mélange de timbre entre le fumeur compulsif et la dague aiguisée vient caresser les oreilles pointues et vertes.


Avant que tout ceci ne se finisse, explique moi pourquoi tu t'acharnes à détruire ce don de l'Empereur?
Quel don ?
Ton cerveau, un don rare pour un orc.
Je ne suis pas un orc, tu le sais.
Faux, qu'importe que tu réfléchisses ou sois doté du plus grand cerveau vert de la cité, tu resteras un orc.

Persisk esquisse un mince sourire, qui vient dérider les traits fatigués et tirés le marquant de plus en plus. Il reste coincé là, humant l'air, distinguant une effluve qui serait désagréable à tout elfe, un mélange de sang, de chaire et d'os en décomposition. Mais l'orc n'en démord pas, ses émotions ne sont trahies que par l'arrêt progressif de ses mouvements. Il calme lentement ses gestes, son anneau restant maintenant immobile et dénué de toute emprise, l'index vert droit se levant légèrement en direction du ciel. Il entrouvre ses lèvres, un son s'en échappe, tel un sifflement sec et glacial dont Persisk a le secret. Une raillerie offensante, insolente, dont il semble fier d'en prononcer les sons.


Je suis un sang-mêlé.


Conneries, Persisk, tu n'es rien d'autre qu'un vert puant et pédant.


D'un soupire lent, l'orc ponctue cet échange, trop banal à son goût. De toute manière, tous le lui répétaient, il fallait se rendre à l'évidence, personne n'acceptait la réalité. Il n'était pourtant pas fou. Si ce n'est l'apparence, il n'avait rien d'un être vert habituel. Qui imagine un orc chaste, alors que toutes les femmes de la cité le veulent ? Qui imagine un orc désintéressé par la guerre au sens bestial du terme ? Qui vise cette putain de perfection ?! Qui n'baise même pas toutes ces traînés qui l'veulent alors qu'bordel elles sont bandantes ?! Hein, qui peut imaginer qu'un orc réagisse comme ça, qu'il se contrôle tant bien que mal et y arrive ?! Et même elle s'y trompait?! Même elle suivait les écureuils de panurge?! Même elle affirmait qu'il se trompait ?! N'était-elle pourtant pas omnisciente..?


Tu es venue me tuer, définitivement ?
Non, tu ne me crains pas.
Je t'attendais.
Pas ta fiancée.

Le coeur du Sang-Mêlé s'arrête. Une légère perle de sueur vient couler le long de son front. Il se remémore, maintes et maintes fois, l'échange bref. Mais elle n'avait pas pu dire cela. Il avait mal compris. Oui, c'est cela, il avait mal compris.
Un genou au sol, il observait la cité. Les larmes du ciel coulaient de l’œil de l'Empereur. Les premiers-nés partageaient la peine du Sang-Mêlé, et les larmes des égarés et disparus coulaient le long de la vitre glacée. Le gel balayait tout autour de l'orc. Ses pensées s'affolaient, la vide l'emplissait, et la Mort faisait apparaître dans sa main une seringue.


Tiens. Je t'ai piqué une clope. T'as ça en échange.

La Mort tirait de son manteau un briquet afin d'en faire jaillir une flamme ardente. Des voluptés d'âme s'en échappaient. Elle observait avec passion l'orc tprturé. Alors que de son regard, elle revenait observer la flamme qui consumait la tige de nicotine, un premier nuage d'une épaisse fumée venait envahir la pièce.
Le Sang-Mêlé se relevait machinalement, tel un zombie après l'appel de la Faucheuse, et revenait s'asseoir à sa place. L'élastique en garrot, tapotant de son index la seringue, Persisk observait d'un oeil livide sa douce amie. Elle avait purifié la vie de l'orc. Elle avait sauvé son âme. Elle serait à jamais sa seule compagne, maintenant. Elle le hanterait, plus encore qu'elle ne le faisait jusqu'à maintenant. Sa propre vie était ruinée.

Informations sur l'article

Le Sang-Mêlé
01 Août 2017
472√  13 10

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