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Acte II : Requiem for a new Dream

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HRP : Le poème est RP, vous ne pouvez en avoir connaissance que si vous avez eu le carnet entre vos mains.
Le titre est inspiré d'un EdC d'EveR, joueuse qui m'a amené sur ce jeu, qui m'a appris à apprécier l'écriture et qui m'a poussé à améliorer mon RP même si je me suis égaré sur DC depuis. Merci à Elle pour cette plume qui a su me marquer.


« Trop peu de pages, jamais assez de mots. » EveR

https://www.youtube.com/watch?v=fO6Zrk-WZFE

Requiem for a new dream


Un grincement métallique rompt le silence nocturne de la chambre, signant la présence de l’être qui se remémore un temps fastueux et heureux où la rouge vautourde arpentait cet espace devenu trop étroit depuis son départ. Il ne peut y avoir de remord sans bonheur, il ne peut y avoir de lumière sans ténèbres et il avait éteint l’étincelle en se revêtant d’un manteau de colère. Dans l’âtre de son âme il ne pouvait subsister que les cendres de cette passion qui avait été consumées trop rapidement. Acceptant la sanction, il ne pouvait continuer à vivre sans modifier la gravité même de son existence, fondre dans le creuset de sa souffrance les parcelles de son être pour tisser le fil d'un nouveau destin loin des terres contaminées du secteur interdit.


Les pupilles d’un jaune métalliques s’affranchissent de leur immobilité mécanique pour analyser sa dextre, membre cybernétique recouvert d’une peau synthétique. L’humain entamant sa conversion sur l’autel d’un dieu bionique pour remplacer l’organique par l’automatique dans une fuite effrénée pour ne pas se retourner vers son passé. Le seau ASTEK reconnaissable sur la peau d’albâtre luit comme une rune de protection, bouclier protégeant sa chair des affres du temps et des assauts mortels mais ne pouvant rien contre l’emprise des lames immortelles sur son âme qui subit chaque mot assassin comme un poison qui se répand lentement dans son esprit qui sombre dans la brume des émotions incontrôlables. La pulpe de ses doigts vient enserrer la plume ancienne pour apposer sur le vélin le fruit de ses maux.


Dans l’éternité d’un instant isolé de l’univers,
Les gains du sable s’écoulent avec lenteur,
Loin des chimères organiques qui se meurent,
Mon esprit abimé sombre au fond de la mer.


Des abysses où ma chair se dissout inexorablement,
Les engrenages de la grande horloge résonnent,
Tic-tac inlassable jusqu’à ce que la dernière sonne,
L’étincelle de mon âme s’envole vers le firmament.


Au cœur de l’atelier onirique de ma volonté,
Martelant mon esprit sur l’enclume de mon corps,
Forgeant dans les flammes de ma passion mon sort,
Dans ces ténèbres, je suis mort et je renais.


De ma chair affaiblie j’ai fait jaillir le métal,
De mon âme fracturée j’ai modelé un esprit,
De mes sentiments piétinés j’ai rassemblé les débris,
De mon être maudit j’ai bâtie une cathédrale.


Plongeant sans crainte dans cette vie mécanique,
Mélangeant dans mon cœur l’huile au sang,
Bénissant la logique numérique tel un croyant,
Modelant mon corps de membres cybernétiques.


Les androïdes rêvent ils d’un amour bionique,
Quand les émotions ne sont plus que des octets,
Que les larmes coulant ne sont plus que simulées,
Sommes-nous encore en vie en étant métallique ?


Concluant ce texte d’un long soupir, il dépose la plume dans son étui avant de clore la page pour la condamner au sein de l’ouvrage de cuir. Un nouveau grincement métallique se fait entendre lorsqu’il se redresse, quelques ajustements pour ces nouveaux membres cybernétiques étant nécessaire. Ses nouveaux sens bioniques percevant jusqu’aux pulsations de son propre cœur qui cicatrise lentement.


Il scrute la pièce d’un regard circulaire avant d’activer un léger éclairage et entame d’avancer sans se retourner désormais. Les fils du destin peuvent être cruels et leur dessin incompréhensible mais sa logique numérique balaye les questions pour s’engager sur la construction d’une nouvelle vie. Chaque page d’une existence se doit être tournée, pour en rédiger d’autres jusqu’à ce que l’encre manque, la suivante ayant déjà son titre…

« Adenium Obesum ».



« Chaque fois qu’une lumière brûle deux fois plus, elle brille deux fois moins longtemps. Et vous avez brulé on ne peut plus brillamment » Blade Runner

Informations sur l'article

Journal d'un solitaire
17 Octobre 2022
217√  11 2

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◊ Commentaires

  • Jeremiah (52☆) Le 18 Octobre 2022
    [J'aime beaucoup ta plume - ★]
  • Phyrris (23☆) Le 18 Octobre 2022
    Incroyable, tant par la qualité de l'écriture, que par les références utilisées, la musicalité de tes mots, juste merci pour ce moment ♥