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EDC de Leviathan~47056

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[Episode 1] - Inhumain

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[Ambiance]




La douleur... Voila la seule chose qui lui revenait encore a l'esprit. Une douleur sourde, lancinante, se relançant a son esprit a chaque souffle se perdant contre le sol poussiéreux, plongé dans l'obscurité. Sa poitrine se comprimant dans le noir, lentement, a un rythme régulier. Depuis combien de temps était-il la ? Que c'était-il passé ? Qui était-il d'ailleurs.


Il pose une main au sol, accueillie par des débris de pierre se fichant dans sa chair, lui arrachant un geignement de douleur, a mesure qu'il se redresse. Son être est lourd, maladroit, ses jambes encore ankylosées d'être resté ainsi si longtemps.
Quelques flashent, eux, reviennent a son esprit... 186 Ab Urbe Condita. Une date. Secteur Marran. Un lieu. Autant de maigres indices qu'il tente d'explorer pour reconstituer les souvenirs fragmentaires de sa vie.



Le Secteur Marran... Ca il connait. Il se souvient bien, même, tant du Secteur que de la ville. Dreadcast, la cité des frères, immense cité d'acier forgée au milieu d'un monde inhospitalier, utopie inventée ayant rapidement viré a la dystopie, quand les Corporations ont commencées a fleurir sur le dos des luttes intestines et du malaise ambiant.
Il se souvient bien, oui... Des ruelles sombres, toujours plongées dans l'ombre des tours cyclopéenne qui, pourtant, ne parviennent même pas a égratigner la surface du smog menaçant couvrant toute lueur d'espoir venue du ciel.



Il se souvient, oui, des clochards pullulant entre deux immeubles, ou des sirènes des forces de l'ordre passant parfois sous ses fenêtre, dans son petit appartement. Il ne se plaignait pas, il gagnait une vie honnête en travaillant dans les équipes des Services Techniques, cela lui procurait a défaut d'une vie joyeuse, une sécurité financière... Mais dans le fond, il aspirait a plus.



Ses pas raisonnent légèrement dans l'immensité abyssale de l'obscurité qu'il habite. Est-il mort ? Non... La mort ne fait pas si mal. Mais ou est-il alors ? Est-ce Dreadcast ? Ou est... Autre chose ?
Soudain, le choc. Son front heurte le froid du béton de plein fouet, dans un grondement sourd. Ses mains se portent a son visage, pour le couvrir. Un mur. Au moins, a défaut de répondre a toutes ses questions, cela lui confirmait déjà qu'il se trouvait encore dans un espace conçu par ses pairs humains.



Rapidement, remit de sa mésaventure, il commence a tâter le béton qui lui fait face... Longeant le mur avec attention, furetant dans l'ombre a la recherche d'un interstice quelconque, un terminal peut-être ? Ou a défaut... Une poignée. Une poignée froide, solide, sous sa main pataude.
Il appui et pousse, ouvrant la vieille porte de métal rouillé dans le pire des grincement, découvrant au dela... La lumière. Un flash rouge, vif, et surtout, passager. Tranchant l'obscurité de manière régulière mais, ô combien, temporaire...



Il lui faut quelques temps, quelques minutes, pour que ses yeux s'habituent a la rapide agression et commencent a analyser ce qui se trouve devant lui.


Un premier flash... Un sol jonché de gravas, des dalles de céramique, une affiche... Le noir.


Un second flash... Un plafond tombant en ruine, pluie de câbles électriques pendouillant, un mur de verre mat... Le noir.



Un troisième flash... Des traces de couleur, pourpre, sanguine, une masse informe, un corps... Le noir.



Aussi étrange que cela ai pu paraître, il aura fallut un ultime flash pour que sa dernière découverte s'ancre dans son esprit... Réveillant alors les instincts d'une peur viscérale, ancrée dans les plus profonds recoins de son cerveau. Une crainte innée chez l'homme, malgré les siècles de formatage, les siècles d'immortalité... La peur de la Mort.
Et, devant lui, s'en trouvait la plus intime personnification. Un cadavre.



Il se souvenait... La date. 186 Ab Urbe Condita. Le deuxième jour de la troisième heptade. Il avait rendez-vous. Ce n'était pas un de ces rendez-vous que l'on note sur un carnet, ou sur son calendrier, mais plus celui sur le quel s'appose le sceau du secret; celui qu'il avait obtenu au détour d'une rue malfamée.
Il se souvenait, oui, cette volonté de plus. D'être plus. De ses collègues se moquant de sa médiocrité, ou de cette elfe, qu'il fréquentait jusqu'a ce qu'elle trouve plus glorieux a fréquenter. Il en avait eu assez... Assez d'être le petit technicien, disparaissant dans l'ombre d'un grand dirigeant de Corporation, ou d'un illustre agent des forces de l'ordre...



Secteur Marran... Cadran 8, sous-sol 6. Ce n'était pourtant pas bien dur de le mémoriser, après tout l'un de ses postes annexes assigné se trouvait déjà dans ce cadran. A a peine une enjambée du T-cast le plus proche, sous les pieds des passants et des officiels, des piliers de bars et des corporates. Une vie de rat, reclus a surveiller les machines ronronnant nuit et jour.
Il se remémorait a présent, avoir lentement descendu les escaliers intérieurs d'un acier noir, tournant encore et toujours pour descendre dans les plus bas niveau de l'infrastructure de la ville, dont le centre donnait sur un puits semblant sans-fond. Jusqu'a trouver le SAS N.-6.



Quel endroit pour installer une clinique...



Mais pour l'instant, il était la... Dans ces ruines, a tatoner. Que c'était-il passé pour qu'il se retrouve ainsi piégé ? Isolé ? Combien de temps, même, s'était-il écoulé ? Il entreprit son avancée dans les décombres, craignant toujours autant cette forme humaine, allongée près d'un bureau.
De visu, il était maintenant presque sûr de ne jamais avoir quitté la clinique. Bien que ne reconnaissant pas le lieu ou l'aile précise, certains signes ne trompaient pas. La blouse, maculée de sang rouge, que portait l'homme a terre, ou encore l'affiche promotionnelle sur les rabais de vente de Paracaïne près de la porte...



Mais cet endroit semblait plus... Administratif. Une aile fermée au publique surement, ou s'alignait les vieux ordinateurs de gestion, antique aux yeux de l'égaré. Partout, alentour, semblait régner la dévastation, la ruine.
Mais, a mesure qu'il s'éloignait de sa fidèle source de lumière, seule amie qu'il trouvait dans son malheur, ses yeux perçurent quelque chose d'autres. Une petite lueur, si faible qu'il aurait été aisé de la rater. Celle d'une led, sur un terminal ainsi affiché comme "en veille".



La joie s'empara de lui, alors qu'il se ruait vers l'outillage informatique, poussant d'un geste brusque la chaise lui bloquant la voie, l'envoyant se fracasser au sol pour poser ses mains sur le clavier. Dans un grésillement atroce, mais si rassurant, l'écran s'alluma alors, sur une session laissée ouverte. Avec une note, adjointe.



Pour le courant : Propriétés
=> Gestion alimentation
=> Aile C
=> Uptime : 12 heures.
Laisse le memo



Une aubaine pour lui. Une chance incroyable même. Rapidement, ses doigts glissèrent sur les touches de clavier comme autant d'instructions au terminal, et, dans un léger temps de latence a l'envoi de la requête, ses prières furent exaucées.
Dans le claquement lourd et net des néons, une a une, les lumières commencèrent a revenir a la vie. Cependant, il savait que cela ne durerait pas. Si un uptime maximum avait été programmé, ce devait être pour une raison... Peut-être pour économiser les réserves d'énergie ? Peut-être y'avait-il eu un attentat, ou un accident ayant privé le secteur d'énergie ? Un blackout, ou...



Mais les questionnements furent de courtes durées. Car un détail qui avait échappé a son esprit jusqu'ici revint soudainement se fracasser dans ses pensées. Avait-il toujours eu que quatre doigts ?



Son regard s'attarda sur l'état de ses mains... Ou de ce qu'il en subsistait. Des membres noirâtres, a la peau craquelée et rugueuse. Ses doigts, réduits au nombre de quatre, paraissaient a présent dotés d'une articulation supplémentaire tandis que ses ongles s'étaient fondus avec sa peau en une espèce de callosité grotesque en forme de griffe.


Non, c'était impossible... Il était humain, il en était sur. Il n'était pas l'un de ces... Meta-humains. Il s'en souvenait maintenant, il était John. John Quench, ingénieur des Services Techniques. Humain ! Merde !
Il en avait d'ailleurs assez bavé a cause de ca ! "Non, vous ne pouvez pas réparer cette cuve, vous n'êtes pas aussi compétent que votre collègue Gobelin", ou encore "Non, si un Troll vous prend votre portefeuille, vous vous contentez de faire profil bas"...



C'est pour ca qu'il était la ! Pour profiter de cette nouvelle drogue dont on lu avait vanté les mérites ! Celle qu'on ne vendait que dans les coins les plus reclus de la ville, les plus cachés. Celle qui vous rend fort comme un Troll, vous soigne comme un Outrilien.
Il avait dépensé tout ce qu'il avait pour ca ! Jusqu'au dernier crédit. Il s'en rappelle bien, de cette alcôve médicale, et de la boite de pilules. Les gobant, deux par deux, une bonne douzaine ! Ils verraient bien qui fera le malin après !



Il devait bien y avoir un moyen de vérifier, un moyen de... Oui, la, un autre fichier. "Lisez-moi.avi". Sa souris ne fut surement jamais aussi rapide a double cliquer sur celui-la et, dans l'instant, le lecteur vidéo archaïque du système d'exploitation délivra son du.
Un fichier audio... Grésillant.



Ca... Ca enregistre, la ? Ok... Ok. Ok...

Si... Si t'as ouvert ca, c'est que tu dois avoir pas mal de questions. Et... Les réponses vont pas te plaire. Oui, t'es plus humain, John... Je l'sais parce que... J'ai vu aussi. L'mains crochus, les reflets sur l'mur d'entrée...

On a merdé... J'ai merdé. J'en ai trop prit et... Et ca a fait... "Ca". Je sais pas combien d'temps je serais encore moi. Combien d'temps avant d'sombrer encore, avant d'oublier, encore. Mais... Si tu m'entends. On est mort, mec.

T'aurais du lire la boite. T'aurais du lire la putain d'boite ! Merde ! Pas plus d'huit ! Jamais plus d'huit !




Maintenant... C'est trop tard, maintenant. Y'a plus rien a faire... Ils ont verrouillé l'SAS. Hermétiquement. Si t'es pas encore mort... On est pas encore mort, j'sais même pas pourquoi.

Ou même s'qu'on mange. Est-ce qu'on mange ? J'sais plus...



... J'sais plus, putain.
J'sais plus...














... Si... Quelqu'un d'autre a ce message. Dites a Lizza... Que j'l'aime. Et de pas m'oublier.
... M'oubliez pas... Putain... M'oubliez pas...



... j'suis toujours la. J'suis...






[Épisode 1 : Fin]



Spoiler (Afficher)
[HRP: Petite parenthèse rapide. Ici se trouveront plusieurs histoires, fictives ( ou peut-être pas, qui sait ? ), ancrées dans l'univers de Dreadcast. Certaines contemporaines, d'autres plus anciennes, tournant autour de personnages non-joueurs. L'idée étant d'écrire un peu autour de cet univers, voir qui sait, inspirer une vision de la ville différente ?
Voila voila. Certains trucs seront peut-être borderline BG ou incohérent, n'ayant pas toute la connaissance du dit BG mais je ferais au mieux ! De même, j'essayerais d'éviter le spoil, bien sur !]

Informations sur l'article

[Tales of Dreadcast]
04 Juin 2017
666√  18 3

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◊ Commentaires

  • Cryx~52202 (607☆) Le 04 Juin 2017
    chic, des nouvelles de fiction.
  • Asajj~42272 (714☆) Le 04 Juin 2017
    Ô John ! ☆
  • Aëlissya (43☆) Le 04 Juin 2017
    Woh... Je suis scotchée.
    La musique pose bien l'ambiance, la note de fin aussi.
    J'ai le ventre tout chamboulé en fin de lecture !
    Et j'approuve le concept.
    Étoile, obligatoirement !