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Cacher

Le Quartier

Accoudée au muret, là-haut sur le toit, je regardais le Sud qui s'élevait presque sous mes pieds. L'air du smog caressant mon visage, j'admirais ce que l'on nommait à une époque Le Quartier et qui dépassait les frontières de ce qui aujourd'hui, nommé ainsi n'est plus qu'une pièce du puzzle. On ne peut respirer l'atmosphère en son entier que depuis ce point culminant, l'odeur du sang s'élevant dans toute la splendeur des lumières grésillantes des alentours.
Plus tôt dans la journée j'avais eu la chance d'apprendre, de découvrir une facette, de ce lieu où je me sentais véritablement chez moi. Il n'avait pas toujours été aussi paisible et calibré, droit comme me l'avait conté le troll. Je me suis alors mise à rêvasser aux beaux jours du Sud. Mes doigts ont glissé sur du papier afin d'y retranscrire ces pensées.
Le Sud d'Antan

Première partie
Un bar enfumé où se mêlent odeur de Bloody et vapeur de MacGregor. Derrière le comptoir, plusieurs jeunes femmes, toutes vêtues de tenues affriolantes... Toutes? Non! Il y a cette petite brune tout juste sortie du CH. Elle porte un débardeur verdâtre et un pantalon si large qu'elle pourrait rentrer ses deux jambes dans un seul canon. Près du mur, sur les canapés, une de ces barmaid sur les genoux d'un homme aux mains baladeuses. En me tournant je remarque que les mâles consomment tous à leur manière le cocktail skiwi-cyprine. Tant de luxure, je ne m'attendais pas à moins en m'installant ici.
J'avais été une épouse parfaite du Nord pendant ces deux mariages. Cette vie des plus ennuyeuse pleine de crédits m'avait isolée du monde et ce soir je le découvrais, les poches pleines. Sur un coup de tête j'avais vidé mon compte, embarqué quelques affaires et investi dans un appartement sans prétention pas loin du bar où je me trouvais actuellement. Cheveux courts, borsalino griffé, souvenir d'une dispute, vêtue comme un homme, je me fondais dans le décor.
L'homme assis juste deux place plus loin s'adonnait au plaisir solitaire aussi discrètement qu'il le pouvait, suivant du regard une elfette ondulant en zone de service. Certainement le client le plus pauvre qui se trouvait en ces lieux. Mon attention fut vite reportée sur une conversation des employées à propos de la nouvelle, la fille aux vêtements trop grands. En bonne garces que pouvaient êtres ces nanas, elles s'impatientaient de l'humiliation qu'elle allait subir. J'ai fait signe d'approcher à cette pauvre gamine qui tentait de se fondre dans le décor. Empourprée et suivant la mécanique d'un protocole bien révisé, elle grimpa sur le bar pour venir se glisser sur mes genoux. Elle était si mal à l'aise que même à moitié aveugle je l'aurais remarqué. Je lui ai écarté les cuisses, elle retenait à peine ses larmes, la tension était trop forte. Quand j'ai sorti ma dague, je l'ai vu blêmir, elle était à deux doigts de me faire un malaise dans les bras alors je me suis approchée pour susurrer à son oreille que je n'avais aucune mauvaise intention. Ma lame a transpercé le tissu et en quelques coups par-ci par-là, transformé la tenue masculine de la demoiselle en une jupe et ceinture improvisée. Une fois cela terminé je l'ai invité en quelques mots à retourner travailler. Le petits tas de mauvaises langues m'ont jeté un regard froid et pénétrant. J'ai cru à cet instant que ma couverture allait tomber et la visite de ma cuve en prime.
Mais c'était mon jour de chance. La porte s'ouvrit et toutes les employées s'avancèrent vers le nouvel entrant et sa bande dans des démarches félines. Il aurait été difficile de ne pas remarquer son entrée tant sa voix raisonnait fort de clameur sexiste. Les petites minettes le regardaient avec leurs yeux de petite gobelines défoncées, baptisant leurs petites culottes si tout du moins elle en portaient, ciclant son prénom comme si l'Empereur venait de débarquer. La petite troupe de ses gaillards ne m'était pas inconnue, leur réputation les précédait jusque plus au mur nord. Enfin je pouvais mettre des visages sur Johnny et ses sbires.
Sans se préoccuper de ce qui se passait dans le bar, il a retiré son chapeau, qu'il a collé entre les pognes d'un certain Tonny. Il avait à peine fait un pas en remontant ses manches que toutes les donzelles s'étaient accoudées le long de comptoir, fesses tendues. Il allait pouvoir passer à ce qu'il appelait "le contrôle des pneumatiques". Une fois sa tâche accomplie sur la grande majorité des filles de joie, il envoya un de ces hommes vérifier les autres. Le petit spectacle n'avait perturbé que mon attention, les autres clients s'affairaient toujours à leurs activités charnelles, seul ou à plusieurs. L'alcool coulait, les caisses se remplissaient, la bande de privilégiés conduite par son chef aux cheveux gominés s'installait confortablement plus loin, les cigares s'embrasant. J'ai profité d'un peu d'accalmie pour songer à ce que j'allais faire maintenant.
J'entamais mon troisième verre, chèrement payé afin de m'offrir le service exclusif d'une de ses dame quand un type débarqué de nulle part a plombé celui assis derrière moi, l'envoyant en cuve sans sommation. Avant de poser son fessier d'elfe à la place du gars, il a simplement laissé entendre que c'était la sienne. Ce genre de petites mésaventures, il y en a eu plusieurs durant la soirée. Un regard de travers, bim et que je t'envoie chercher ton nouveau clone. Une petite bousculade involontaire et tu voyais un nom de plus sur la nécro.
Le bar devenait de plus en plus crade, le parfum du sexe, les émanations d'alcool, les effluves du sang fraîchement écoulé, la puanteur de la décomposition rapide des corps, le remugle, les exhalaisons, tout ce qui donnait le goût de la liberté. Le respect ne s'entendait pas, il se faisait dompter, baigné dans une vulgarité sans nom.
En me rendant aux chiottes, j'ai surpris une conversation entre Tonny et un des gars. La petite que j'avais accaparée toute la soirée devait passer à la casserole cette nuit, histoire d'être plus détendue et donc rentable pour le rade. J'ai poursuivi ma route, vérifiant bien que celle qu'il pointait de l'index était celle à qui je pensais. Par habitude je suis entrée dans les toilettes pour femme, surprenant une petite partie à trois. Ma chance continuant de me sourire, ils n'avaient même pas remarqué mon débarquement. Moi par contre j'avais parfaitement reconnu les râles d'un noble que j'avais fréquenté quelques années plus tôt, ce qui dessina un franc sourire sur mon visage.
En sortant des bons cabinets cette fois, j'ai ralenti à hauteur de Johnny et je lui ai tendu une belle CP de 500k pointant mon index sur la petite brune fraîchement débarquée. J'évitais de parler, ma voix même modifiée ne devait pas être très virile pour duper un mec tel que lui. Il a vérifié deux fois le montant avant de me tendre un de ces cigare, posant sa main sur mon épaule. J'étais tendue et une oreille sensible aurait entendu la sécurité de mon City être retirée, l'autre main acceptant le présent de cet homme qui commençait à m'apparaître charmant. Connerie! Fallait que je me tire avant de poursuivre le délire. Deux pas plus loin je déglutit alors qu'il m'interpelle pour que je m'arrête.
J'aime mettre un nom sur mes acquéreurs.
Alex! avais-je balancé avant de reprendre ma route vers mon acquisition.
Durant la journée j'avais songé àme servir de mon prénom qui convient parfaitement pour un homme. Puis je m'étais dit que si quelqu'un fouillait il découvrirait vite qui j'étais. Je voulais encore profiter de ce lieu de vie passionnant, j'avais donc opté pour une prénom tout aussi mixte que l'original.
L'homme de main de Johnny dont j'ignorais le nom s'est approché de la mistinguette à grandes foulés afin de lui remettre une petite trousse et des indications, je présume. Tout en s'adressant à elle il me désignait. J'ai pensé à le buter pour ce doigt tendu en ma direction, et c'est ce qui ce serait passé avec un autre, mais j'avais trop envie de rentrer me coucher. Dans l'espoir qu'elle s'active un peu, je suis sortie et j'ai allumé une cigarette. Cela a fonctionné à merveille car je n'avais pas tiré ma troisième latte que sa frêle silhouette se présentait devant moi.
Nous avons traversé Le Quartier. Moi froide comme un caisson de cryo, me contentant de souffler ma fumée après l'avoir savourée, elle cherchant par tous les moyens à se comporter comme on attendrait d'elle, s'aventurant à glisser ses mains sur mes fesses maladroitement pour les malaxer. Arrivés devant l'immeuble qui heureusement n'était pas loin du bar, j'ai saisit son poignet violemment et je l'ai poussé dans le hall sans aucune retenue. Je suis entrée dans la peau de mon personnage et je l'ai plaquée contre la porte, mes lèvres au bord des siennes tandis que je tapais le digicode de mon appartement. Là où tout autre homme voyant la peur au lieu du désir aurait fermé les yeux, au vue de la somme investie. Moi femme sous les traits d'un homme, je me suis prise de pitié pour elle.
Je suis passée devant la laissant tremblante dans l'entrée et j'ai servi deux verres d'ambré. Je savais qu'elle ferait tout ce que je demande, j'avais payé pour cela. Elle a tourné plusieurs fois dans mon petit salon, cherchant certainement un fauteuil ou un canapé. Mon appartement était peu meublé et tout ce qu'elle trouverait serait mon grand lit. En rejoignant la terrasse les deux boissons en main, je me suis fait la réflexion que je m'étais offert une garçonnière. Avant qu'elle ne me rejoigne, j'avais fait fondre dans son verre un bon vieux somnifère.Toujours aussi malhabile, elle est arrivée derrière moi, plaquant son corps dans mon dos et promenant ses mains sur mon ventre, prête à aller chercher plus bas ce qu'elle ne trouverait pas. Je lui ai donc collé le verre de skiwi drogué dans la main, glissant celle-ci sur son pubis, ce qui suffirait à lui faire perdre le peu de contrôle qu'elle avait. Nous avons trinqué, vidant nos verres entièrement.
Pendant vingt cycles minutaires je me réinventais pour la tenir à distance, attendant que la substance soit effective. J'étais pas bien musclée et elle pas bien grasse. Je l'ai allongée sur le lit et malgré la fatigue j'ai rejoint la terrasse dont le vue plongeait vers le Nord. J'avais devant moi ce que j'avais été et me tournant sur la jeune endormie ce que je risquais de devenir. Je lui avais fait cadeau d'une nuit de pureté supplémentaire, un temps d'adaptation prolongé dans la vie qu'elle s'était choisie en rejoignant cette zone de non-droit.
A son réveil, j'étais déjà debout en train de siroter une tasse de cafey à l'extérieur. Elle pensait avoir tourné de l'oeil et s'inquiétait de la punition qui l'attendrait une fois de retour près de son employeur.
Tu diras que tu as passé une nuit torride et que je suis un amant...spécial. j'ai laissé un temps avant de poursuivre, m'assurant qu'elle avait bien compris. Ce soir tu seras encore à moi et personne ne saura rien de ton incompétence.
Quitte mon appartement tout de suite! je lui ai indiqué la sortie sans même la lui accorder un minimum d'importance, concentrée sur ma voix masculine.

Spoiler (Afficher)
Voilà fiction dévoilant la vision qu'a Joey du Sud d'antan avec les gens qu'elle y connait aujourd'hui.
C'est super long!!!
Merci à ceux qui auront eu le courage d'aller jusqu'au bout ainsi qu'à celui qui m'a inspirée.

Informations sur l'article

Histoire d'un temps
20 Janvier 2017
839√  11 2

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◊ Commentaires

  • AGRAMF (230☆) Le 24 Janvier 2017
    Un plaisir à lire, très immersif. J'aime moins les fictions DC en général mais la je prend ! En espérant que la basse ville devienne cela smiley *
  • Joey (417☆) Le 24 Janvier 2017
    Il faut dire que nos échanges m'ont inspiré cette basse-ville. La suite arrive bientôt.