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Contes des murs (2)

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Tous les contes sont trouvables IG, dispersés en copies physiques ici et là.. Oh. Et cliquez sur "Cacher", aussi ! Pour le confort. Bonne lecture. smiley



Je ne sais plus si je vous avais déjà conté cette histoire, celle de l'homme qui rêvait d'aller au-delà des murs. C'était sans doute dans un autre secteur, à une autre époque, une époque si proche et pourtant si lointaine. Enfin, toujours est-il qu'il contemplait, chaque soir, les hautes-murailles de son petit monde urbain, avec la tenace impression d'être enfermé, et l'envie, plus tenace encore, d'en sortir.

Les humains, comme les autres espèces, ont des qualités et des défauts. Et parmi leurs qualités, nul ne peut nier celle d'adaptation. J'ai croisé des humains écrivains, combattants, des humains bâtisseurs et d'autres destructeurs, des criminels et des savants, des barmans et des hackers. Mais l'adaptation se suffit pas à elle-même ; elle est là, comme une potentialité latente, et c'est la motivation et la nécessité qui lui donnent sa force.


De la motivation, notre homme en avait à revendre. Le premier jour, il tenta d'escalader, espérant, à défaut de franchir les murs, entrevoir le monde mystérieux qu'il devinait derrière celui-ci. Mais les murs étaient hauts, les prises éparses. Après des heures de dérapages et de coutusions, il retourna à son poste, en usine, espérant songer à une autre stratégie durant ses heures de tête-à-tête avec la machinerie.

Le deuxième jour, il tenta de nouveau la stratégie de l'escalade, cette fois équipé de deux pieds de biche dérobés sur son lieu de travail. Pendant quelques éternelles minutes, il cru que sa stratégie fonctionnait ; mais c'était sans compter le smog s'épaississant, et, la gorge âcre et le coeur amer, il redescendit. Ses bras ne supporteraient pas la charge supplémentaire d'un équipement respiratoire ; sur ce point du moins, il était lucide.

Il en parla à quelques amis, entre une pause cafétaria et trois poses de nuit. Erreur partagée, étant donné que si nul ne lui apporta son soutien, aucun ne tenta d'activement le détourner de son impensable projet, se contentant d'une muette désapprobation à peu de frais. La folie effraye, et souvent, quand elle plonge les yeux dans les nôtres, on détourne le regard de peur d'y voir un reflet plus ressemblant que notre réalité.


Les jours passèrent ; la motivation se fit angoisse, l'angoisse, nécessité. Et dans la nécessité, l'homme a toujours su s'adapter. Il tenta les coups de pied de biche, et compris les lacunes de sa force ; il essaya les explosifs, et comprit ses lacunes techniques ; il s'ingénia sur les acides, sans autre résultat qu'une série de cloques, une phalange manquante et une fierté irrémédiablement froissée. C'est sans doute ce dernier point qui le poussa à agir déraisonnablement.

Le dernier soir, il déroba la perforatrice farine de son lieu de travail. Il connaissait la chimie, alors, il fit fondre les verrous ; il avait étudié l'ingénierie, et su fabriquer une plate-forme flottante à partir d'overboards ; il s'était renforcé, assez pour que sa volonté ne faiblisse pas à chaque étape de son plan. Enfin, face au mur tant haï, il activa l'appareil usuellement employé pour déblayer les cavités souterraines, dans une insoutenable luminosité de pure énergie farine.

Liberté, que de folies on commet en ton nom, et que de portes on se ferme quand le désir nous enferme. L'eau s'engouffra dans la brèche, vestige d'une inondation immémorée dont seul le mur encore préservait. Glaciale, radioactive, elle submergea les passants et empoisonna les survivants ; son héraut fut sa première victime, et le centre de clonage le suivit de près.


Je ne pourrais vous dire s'il demeure des vivants dans ces demeures hantées. Mais j'ai parlé aux morts, et je sais, que même quand un ailleurs aux airs de plénitude leur est offert, les âmes du Secteur Noyé refusent avec ferveur d'en délaisser les murs. Nous ferions tous mieux de nous en inspirer.

◊ Commentaires

  • Sana_Peli (432☆) Le 20 Octobre 2018
    Tu met enfin un "cliquez sur cacher", d'habitude je suis frustré de pas le faire, là j'étais frustré de douter de si il fallait que je le fasse ou pas, ARRÊTE DE ME FRUSTRER !!!

    Sur une note moins frustrante j'ai clairement préféré ce conte là à son prédécesseur, je te donne une étoile avec des plumes dessus !
  • Sneni (1341☆) Le 20 Octobre 2018
    Merci pour ce retour constructif smiley et je suis désolée de te frustrer. Quand je conterai l'histoire de Plumes-Bouffies Le Vaut Alcoolique tu pourras décider de si on cache ou non.
  • Sana_Peli (432☆) Le 20 Octobre 2018
    ahah YES