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EDC de Salem

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Partie I

Le 5/270.1, dans une tour miteuse du Centre-Ville.

Mon communicateur s’agite dès le petit matin. C’est pas un cycle pour 
réveiller les gens, je sais pas si vous saviez ? Une patte sort de la
couette et se pose sur l’appareil avec des lourdeurs ensommeillées. C’est
le gros Léon qui veut me voir. Une affaire importante, paraîtrait.

Maudissant les services de télécommunication, je pose les coussinets sur le 
plancher froid de mon appartement. Mon regard parcourt la pièce dans la
pénombre. Encore une journée passera sans que je mette de l’ordre dans tout
ca. Probablement ce qui l’a faite fuir, une raison parmi tant d’autres.
D’innombrables dossiers jonchent le sol, une feuille se promène sur chaque
surface plane et des vêtements occupent le reste d’espace disponible. Ca
attendra, un jour de plus.
Je ramasse mes affaires habituelles, et me brosse soigneusement le poil.
C’est pas le jour pour faire le coquet, mais c’est pas aujourd’hui que
j’aurai l’air d’un crasseux. Je tire une bouffée d’une clope encore fumante
de la veille, et quitte l’endroit.

Le smog est froid et me saisit jusqu’à la pointe des oreilles. Les brumes 
matinales ne m'épargnent jamais leur caresse. J’ai fini par m’habituer. De
toutes manières, j’ai plus important à penser. Voilà dix ans que j’ai pas
eu de nouvelles de Léon. Un gars pas très futé, mais pas besoin quand on
tient un rad’ en Basse-Ville. Toujours à faire à des attardés, là-bas, il
doit se croire intelligent. En tout cas, ses tuyaux ont toujours été utiles.
C’est bien pour ca que je vais le voir.
Le trajet met une plombe, la populace se presse de tous côtés. Ca sent le
vautour pourrave et le troll qui se néglige. Malgré tout, je me dis que je
dois leur faire le même effet. Un kobold au milieu d’eux, à peine mieux
sapé. Sans être rare, je suis pas dans mon habitat naturel. On me jette des
regards qui feraient pleurer une elfette sortie de maturateur. J’attends
pas qu’on m’invite à danser, je trace tout droit vers le Vaut’ Déplumé, le
bar de Léon.

Une foule d’habitués. C’est bien le problème, je suis pas habitué à traiter
avec des clodos. De loin, je capte un signe en ma direction. C’est Léon.
Toujours aussi corpulent, à ce que je vois. Ca, la bière, c’est leur
faiblesse aux nains. Ca les rend agressif et ca leur fait une panse grosse
comme un baril.
Il m’indique l’arrière salle, où je vais l’attendre. Une gynoïde aux
cheveux bleus m’apporte un Skiwi bien tassé. Ils sont cons, mais pour le
Skiwi, ils sont forts ces Sudistes. Bien pour ca que je venais dans le
quartier, à l’époque. Le gros Léon me rejoint alors que j’allume ma
première tige de la journée. Il a la mine pâle des jours sans clients,
alors que la salle est remplie.

“Tu t’souviens d’un certain Marik ?”

Pas un bonjour, pas un “Tiens, c’faisait longtemps, l’Matou”. Pas même un 
“D’solé d’te faire venir tôt, t’avais p’t’être aut’ chose à fout’. “. Il a
pas changé, je suis rassuré.
Marik, c’est une saleté de gobelin. Je hais cette race. Il nous avait fait
courir un certain moment du temps où j’étais flic, mais on avait fini par
l’avoir. Sa suffisante de gobelin, toujours à narguer la police. Ca lui est
retombé dessus, au final. Mais je vois pas ce que Léon peut lui vouloir,
le gobelin a disparu des écrans radars depuis un paquet de temps.
Le gros tortille ses pognes noueuses sur la table. La pièce s’enfume peu à
peu, et il se décide enfin à parler.

“Il a tué une d’mes filles. Laura, qu’elle s’appelle. C’pas la plus belle,
mais c’t’une humaine. Et t’sais bien qu’on en touche pas souvent, par ici.
Alors j’y t’nais. Y m’faut d’ton aide, sur c’coup là.”

Pas gonflé non plus, le nain. Il a l’air dans l’embarras, mais c’est pas la 
navrance qui l’étouffe. Je lui fais savoir que les affaires du Sud nous
concernent pas, nous autres détectives. Plus d’un privé a été retrouvé dans
une poubelle, la gorge ornée d’un sourire écarlate. Mais sa trogne me fait
pitié, et en souvenir du bon vieux temps, je peux bien faire l’effort. Et
puis, il y a peut-être un lot à la clef. D’ailleurs, je lui demande.

“D’l’argent, des pilules, un sac à fout’ s’tu veux, mais il m’faut un bon 
sur c’coup là. J’peux pas envoyer les gars habituels, l’situation est
complexe.”

Un gobelin qui trucide une pute des bas-fonds. C’est pas complexe, ca. 
C’est navrant de banalité pour l’endroit. Des détails, et vite !

“Il a été adopté, le gob’. Pour ca qu’il profite ! Par un noble, cette 
sal’té d’borgne d’Lord Valcarian !”


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Chronique fictive dans l'univers de DC... et encore !
Inspirations diverses.
Toute ressemblance avec une situation ou un personnage est tout à faire fortuite smiley

Informations sur l'article

Les Chroniques
10 Février 2019
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