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Subroutines

Article HRP. Inutilisable In-Game.


Bom ♪ , bom ♪ , bom ♪ !


change_sign: procedure(array);
    declare array(*,*) float;
    array = -array;
    end change_sign;


    Il y a des matins, parfois. Où tu te lèves à pas d'heure, parce que tu n'es pas pressé. Tu penses avoir trouvé le job planque idéal pour arrondir tes fins de semaines. Le calvaire de rentrer des milliers de chiffres est derrière, t'as touché tes primes, et t'as toute la journée devant toi. Tu t'offres un bon holo-film comme tu les aimes, vautré comme une merde sur ton canapé, en te disant que tes projets personnels, dans ton atelier, peuvent attendre à cet après-midi. Tu te rends compte que c'est plus un navet qu'un film, alors tu le suis plus que d'un œil, l'autre occupé aux machinations de tes decks.

    Pas si idéale, cette matinée, alors que ton com' vibre avec insistance. Tu mets l'écran en pause, tu tends un bras juste assez long pour atteindre la connerie du jour qui va te tomber sur la gueule...et...félicitations! T'es LR CEV, sans l'avoir vraiment choisi. Fini la glande, fini le temps à donner aux projets personnels, et bienvenue aux emmerdeurs qui vont se faire un plaisir de te pourrir à la moindre occasion. Hé ouais, bon retour dans la politique. Ça te manquait pas, hein? ...Allez, un p'tit cafey et ça repart, aujourd'hui, tu vas être occupé.


    Il y a des jours, comme ça. Où tu te sens prêt à briller de nouveau, au milieu de cette arène surplombée d'un brouillard rougeâtre. Ça faisait longtemps que tu attendais ce moment, que tu anticipais cette montée d'adrénaline. La grille bleutée hexagonale qui entoure ton avatar encaisse la lance vicieuse de ton adversaire, et, alors qu'il te surplombe, tu saisis l'occasion et sautes sur la hampe de son arme. Une haute voltige de données, et une lame qui traverse les yeux de ton ennemi. Après un salto d'une longueur surhumaine pour battre en retrait, tu découpes l'air: une vibration naît du mouvement, une onde pure qui parcourt le vide jusqu'à lui. Tu rengaines, et l'entité te regarde, incrédule, alors que son torse tranché glisse le long de son abdomen.

    Mais tu étais loin d'être prêt pour ce qui allait suivre. Un fracas de tonnerre, un danger encore plus grand que le précédent, dans les deux sens du terme. Dix piliers... neuf... huit... ton intégrité se fissure à la même vitesse qu'eux. Tu commences à paniquer, aucun de tes plans ne fonctionne, et tu n'es pas assez rapide pour suivre la cadence. Le flux de données est trop vif. Ton armure n'est plus. Mais tu ne te résignes pas, et tentes un dernier assaut désespéré. Un autre échec. Et tu te retrouves subitement à ton point de départ, nargué par une interface qui moque tes limites. Pas le choix: il faut retourner au monde physique. Quelques critiques et conseils t'attendent à la sortie. Ainsi qu'un glukoz', que tu sirotes, pensif...il y a beaucoup à revoir, mais tu comptes bien obtenir ta revanche.


    Il y a des moments, précieux. Où tu arrêtes de cacher tes valeurs derrière un cynisme désabusé, au profit de ces quelques amis qui ont eu le courage de traverser les années. Peu de gens, inestimables, car les seuls capables de te relancer à la découverte de l'inconnu, et de te donner une force supplémentaire pour avancer. Alors, quand tu peux rendre la pareille, c'est avec joie. Tu cherches à lui montrer ton univers, dans une démarche honnête. Ce n'est pas pour satisfaire ton ego. Tu veux partager, à ton tour, briser les hésitations de ces personnes, afin qu'elle puissent avancer, aussi déterminées que toi. Tu penses avoir réussir à convaincre.

    Mais tu n'es ni le seul, ni le plus important, qui puisse influer sur les autres. Les cartes sont dans les mains de ces deux salopes nommées "temps" et "destinée". Tu es arrivé trop tard, et tu n'y peux rien. Dans ce tumulte qui résout l'ordre des choses, tu n'es qu'un élément du décor. Et voilà! Tu recommences avec ton fatalisme à deux balles. Mais si les dés étaient truqués dès le départ, pourquoi s'en vouloir? Tu regrettes le peu de choix qu'il te restait? Illogisme complet, puisque tu as fait de ton mieux. Pour cesser de t'auto-flageller, tu t'allumes un joint; et alors que les vapeurs embrument ton esprit, une seule pensée, vraie, persiste: tu lui espères le meilleur des avenirs.


    Il y a des soirées, des fois. Où tu es le rien qui peut renverser la situation. Ton com' enchaîne les notifications à un rythme effréné: le CM est en ébullition, alerte au SAS, il faut du monde pour renforcer. Tu bouges ton cul à contrecœur, pour aller aider à la protection de tous ces tocards et de votre secteur. Tu revêts ton exo-tenue, enfiles ton casque, rabaisses la visière; puis tu files à travers le smog, chalumeau dans une main, boîte à outils dans l'autre. A ton arrivée, tu es accueilli par quelques sourires et soupirs de soulagement: c'est que les ingénieurs, ça manque au secteur.

    Mais ton orgueil n'a pas le temps de profiter de cet instant de gloire envers l'ombre du passé que tu es. Bang, bang, bang. Les coups fusent pour forcer le SAS, les minutes s'écoulent, les petites mains s'agitent. Tu joues de la clé de 13 et du chalumeau sur une plaque de titanium, barricade improvisée, alors que les six verrous vont et viennent dans un bruit assourdissant au gré des hacks. Puis, peu à peu, le silence retombe. Une victoire par abandon, si vite? Tout le monde se félicite et repart. Le bleuté se retrouve presque seul, sauf une personne qu'il déteste plus que les autres, et un inconnu. Les alarmes sonnent de nouveau! Avant que tu ne puisses réagir, le SAS s'ouvre et te laisse, presque seul face au régiment. Tu cours, cries lorsqu'une balle te perce le bras, sort dans la rue en titubant. Sous les coups incessants, tu mords la poussière. A peine le temps de relever la tête pour dévisager ton agresseur, et ton crâne explose en morceaux, allant crépir la façade du Blood Moon. Tu es bon pour la cuve. Mais ce n'est pas grave.


Car d'ici deux heures, tu te relèveras, avec un sourire en coin et une direction à suivre.

Informations sur l'article

Itin-errance
08 Février 2020
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