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Injonctions salvatrices

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Article HRP & subjectif.
Ambiance pour l'article.
Merci pour la profondeur de jeu d'Emily qui m'inspire tant. Merci Paloma pour l'image. Et à tous ceux avec qui je joue qui creusent un peu et offrent à creuser !
Je sens un instant le souffle me manquer. J'inspire, j'inspire, j'inspire aussi fort que je le peux. Pourtant la délivrance ne parvient pas à mes poumons. Tout juste un mince filet d'air qui me permet je ne sais trop comment de ne pas suffoquer. Ma poitrine se resserre et je dois lutter pour en reprendre le contrôle.
Un... Deux... Respire !
J'ai la sensation de flotter dans du coton, quand je tourne la tête et regarde autour de moi, je me sens observé et entouré d'innombrables silhouettes dans les moindres recoins. Instinctivement, je recule jusqu'à ce que mon dos heurte un mur froid.
Un... Deux... Respire.
Je m'y aplatit, une de mes mains cherche le rassurant contact de l'obstacle dans mon dos. La froideur, la rugosité sont concrètes sous mes doigts et constituent un repère. Mes doigts se crispent dessus, je ne veux surtout pas le perdre... Mon autre main vient fourrager sous ma chemise, dans mon plumage, pour chercher fébrilement les battements effrénés de mon cœur, comme si mes ongles bleuâtres pourraient se planter dans ma poitrine pour le ralentir.
Un... Deux... Respire..
Le sang bat dans mes tempes, furieuse cacophonie métronomique. Mon cerveau analyse chaque nouvelle information de la même façon, c'est plus fort que moi. Assimilation, traitement, interprétation, classification. Mais je ne suis pas un robot bien réglé, ni une création sans défauts. Je suis un vautour, aplati contre un mur, à étouffer sans parvenir à prendre la bonne décision.
Un... D-Deux... R-Respire, Minos... C'est ça...
Je dois prendre une décision. L'infime goulet d'air qui passe par miracle entre mes lippes s'étrécit peu à peu. Je sens l'étranglement plus prononcé que jamais et le sentiment d'urgence noyer peu à peu ma raison sous un flot de sensations plus incapacitantes qu'aucune autre entrave en cet instant. Les silhouettes se sont rapprochées, oppressantes, pour s'en repaître : ma peur panique, mon désespoir, mes fébriles suppliques les font siffler.
Un... Deux... Respire ? Je t'en prie...
Entre macabre excitation et lugubre fascination, je les sens s'impatienter... À mesure qu'elles remplissent l'espace, je me sens défaillir. Leurs sifflements prennent forme à mes oreilles, les promesses séduisantes, les menaces voilées, percent l'insupportable boucan de mon corps en déroute.
Un... Deux... Consumé. Je ferme les paupières.
Exit la dissonante mélodie de mon cœur qui s'enraille. Étouffé, le tumulte de mon souffle rauque. Succombe même le tapage de mes pensées désespérées; pour ne laisser plus rien que cette sinistre résignation. Quelque part contre ce mur, cerné, s'éteignent les émeraudes d'un vautour plongé dans les abîmes d'un monde pour lequel il n'a pas les armes.
« Minos. S-stop. Étincelle. Un claquement de langue réprobateur, familier, me fait me redresser, le contact contre le mur change, je sens un poids sur mes épaules. Regarde-moi, q-quand je te parle. L'impérieuse injonction me fait rouvrir les yeux à elle seule. Comment aurais-je pu faire autrement ? Calme. V-viens là. Comme un hoquet, je sens soudain se déverrouiller ma respiration. Douloureuse, elle ranime ma poitrine brûlante et fait reculer les charognards désapprobateurs. Le poids sur mes épaules s'alourdit encore, alors que je quitte le mur avec hésitation. M-maintenant ! Comme s'il avait s'agit d'un coup de fouet, tremblant d'un retour à la vie que je ne m'explique pas; je me met en marche. Mes premiers pas sont fébriles, puis je reprends contenance, lorsque je la distingue, plus loin. C'est davantage qu'un repère, c'est un but, une utopie, mon idéal. Je fends les ombres avec si peu de considération que j'embrase le foyer vide de leurs cœurs méprisants. Bien... Je v-vais t'expliquer, mon oisillon, écoute b-bien. »
Le poids sur mes épaules prend forme, il se fait concret, quand elle ajuste avec soin le collier à mon cou. L'étau est porté serré, pour se faire sentir, rappel constant du repère qui donne un sens à toutes choses. Nulle étreinte n'avait jamais été plus complète, plus juste, plus parfaite. Celle qui chassait les angoisses, m'élevait, m'aiguisait. Elle était le traitement, pièce Maîtresse et décisionnaire. Interprète de mes errements, traductrice de mes incompréhensions. Derrière moi, les ombres se resserrent, guettent, dans mon sillage, mes nombreuses faiblesses. Mais leur sifflement ne m'atteint plus, je respire bien.
« Comme ça, v-voilà. Je suis fière de toi. »
Mes émeraudes cherchent son approbation, sa satisfaction, avant de s'illuminer d'un pétillement reconnaissant. Droit, je me tiens à ses côtés, pour regarder devant.
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Informations sur l'article

King Minos
21 Mars 2019
261√  20 5

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