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EDC de Manerina

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7- Un des sens (Non référencé)

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Texte écrit à quatre mains et deux têtes, illustrant un RP qui commence à dater, et même si des mers ont coulé sous les ponts depuis, on voulait tenter l'expérience de l'écriture partagée.
En espérant que malgré la longueur du texte, vous prendrez autant de plaisir à le lire qu'on en a pris à l'écrire.

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- "Tu sais pourquoi on parle d'âmes soeurs?"
- "Non. Raconte moi."
- "C'est un vieux mythe qui dit qu'au départ, les hommes étaient tous des êtres avec quatre bras, quatre jambes et une tête à deux visages. Craignant leur pouvoir, les dieux les ont séparés, les condamnant ainsi à errer à la recherche de leur moitié manquante."

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Et les voilà, ces deux âmes qui ne s'étaient pourtant pas cherchées, découvrant cette part d'eux-mêmes qui leur manquait. Le prologue était digne d'un conte ancien pour NI, une relation MPistolaire ponctuée de quelques rendez-vous qui n'avaient de secret que l'évidence qui se cachait derrière l'horizon. Mais quand on s'aime avec un grand M, celui du manque qui nous ronge de l'intérieur même quand l'Autre est là, le coeur a ses raisons que les sens n'ignorent pas.

De chaque côté du cadre ils avaient fait un pas, un sens après l'autre ils se redécouvraient pour la première fois.

Les yeux avaient déjà croisé la plume, lors de longues et silencieuses discussions, où chaque regard renfermait une prose et chaque battement de cil finissait par une rime.

Regarde moi...

Et du regard, ils s'étaient aimés.
Aimée la sensation grisante de redécouvrir quelqu'un de connu sous un angle nouveau, de saisir les nuances nouvelles d'une beauté saisissante au coin d'un regard, un détail à même la peau, une façon de sourire.
Aimés ces regards fuyants, tout ce qu'ils disent sur ce qui a toujours été là sans qu'on le sache, tout ce qu'ils avouent découvrir de l'inconnu côtoyé depuis si longtemps pourtant.
Aimées les perspectives nouvelles à l'horizon et plus loin encore, les visions qui ne s'apprécient qu'à deux observateurs.
Aimé troquer le noir uniforme des paupières closes contre l'image persistante de cet Autre.

Arrêt sur image, on coupe le son, entre rêveries muettes et mutins mutismes, mais surtout jamais trop longs. Car si le silence est d'or, certains mots n'ont pas de prix, et ceux qu'ils avaient échangé les avaient endettés pour plusieurs éternités.

Timides au début, comme ceux qui les prononçaient avec délicatesse, ils ont vite pris un sens qu'ils mirent pourtant du temps à saisir. D'abord écrits, ils les avaient bercés au rythme des battements du curseur qui clignote, puis un jour, la voix se dévoile, révélant avec elle, ce timbre unique à chacun mais qui n'en fait vibrer qu'un.
Les mots parlent au coeur et bercent l'âme, alors que la voix caresse et devient porte parole de la tendresse. Mais quand le souffle se fait court, c'est la faute aux murmures. Soufflés au creux d'une oreille, ils éveillent les sens et on devient tellement "à fleur de Toi", qu'on n'a qu'une seule envie: le crier sur tous les toits.

Entends moi...

C'était un poème qui se composait depuis plus longtemps qu'ils n'étaient capable de l'imaginer. Un monde où l'on réinventait la linguistique depuis le début, pour lui permettre de dire l'indicible. Les définitions s'étaient dissolues pour laisser entrevoir davantage de sens. Facétieux, ils jouaient avec les lettres et un beau jour, 'communication' s'était vu devenir 'communion'. Traducteurs à l'occasion, ils étaient avant tout devenus interprètes l'un de l'Autre, comme deux musiciens jouant des notes entendues d'eux seuls, celles d'accents que certains avaient qualifiés d'elfiques. Des elfes, qu'ils fussent déficients ou aspirants, parés d'oreilles assez délicates pour entendre toutes les confessions et y voir de la beauté.

Deux vies passées trop longtemps séparées se contaient l'une à l'autre : Douce fragrance d'une ivresse qui dépassait toutes les autres, composée d'innombrables senteurs gravées dans leurs mémoires.

Il y avait l'odeur de la pluie, toujours là aux premiers rendez-vous. Et des premières fois, ils en avaient toujours trois.
Il y avait celle qu'ils imaginaient, quand seul le regard osait.
Il y avait aussi celle qu'ils décrivaient, pour mieux parfaire dans leur imaginaire, le décor de ce cafey qu'ils allaient partager.
Mais de toutes les fragrances qui resteront de cette rencontre, il en est une qui défiera toutes les autres: l'odeur de cette peau qui n'est pas la votre.
Humée au milieu de tous les ressentis, elle avait parfois le goût de la passion des synthé-fruits du même nom.
Les jours passent mais le souvenir reste vivace, mémoire sensorielle dis moi quelle odeur est la plus belle.


Sens moi...

Il n'a fallu qu'une seconde pour que ces parfums deviennent des ancres solides, pour que le moindre fragment perçu dans l'air transforme l'esprit en limier tout entier tendu vers cette personne qui avait su l'apprivoiser.
Quelques molécules suffiraient désormais à transcender l'espace dès lors qu'ils seraient séparés, et à immobiliser le temps pourvu qu'ils soient Ensemble. Pour les deux junkies, une senteur avait anéanti toutes les autres et aussi sûr que les fleurs odorantes parviennent à percer le béton, ils auraient pu enfoncer toutes les portes pour remonter à la source.
Parfum de ces cheveux qui caressent le bout du nez lorsqu'on s'enlace, parfum au coin des lèvres quand on les frôle, parfum dans un cou qui s'offre à la faveur d'une étreinte enfiévrée.

Odeur violette sur des lendemains sans promettre, mystère qui plane dans l'atmosphère des souvenirs...

==♪=♫=♪==

Promesse ou pas, ce lendemain là les avait vu se quitter, la suite de l'histoire dans le regard, de mélodieux murmures aux oreilles, une odeur à présent familière dans le nez et un goût de trop peu en bouche.

Cette bouche qui avait murmuré.
Celle qu'on regardait autant qu'on écoutait.
Cette bouche qui voulait crier.
Celles qui s'entrouvraient à la simple idée de se rencontrer.
Cette bouche qu'un simple regard était capable d'assécher.
Celle qui un jour a osé demander à goûter.


Embrasse moi...

La gourmandise, simple caprice, envie d'oser devenue un besoin : Sur les lèvres, le premier goût était celui de l'incomplétude, la seule saveur partagée sans le moindre baiser. Un indice de plus sur la piste de ces deux moitiés qui se retrouvaient. Piste suivie, mise en bouche contre le velouté d'une peau à l'exquise chaleur, chaleur qui pourtant ne suffirait plus alors qu'elle avait tant été désirée.
Sans un mot, car on ne demande pas ces choses là, les deux êtres avaient répondu à cet appel commun, une réponse qui avait mis fin à tant de doutes sur un parfum d'évidence, légèrement sucré. La soie des lèvres qui s'entre-caressent les avait fait glisser à l'unisson hors d'une réalité dont ils ne voudraient plus retrouver l'amertume.

La saveur persisterait sur leurs sourires sans espoir de rémission. Deux fractions d'un tout désormais confirmé, irrémédiablement correspondantes, s'étaient connectées d'un baiser. "Jamais assez", entendait-on murmurer alors que ce goût de "reviens" s'étendait au corps tout entier.

Viens. Un mot, cinq lettres, quelques soupirs et deux regards croisés avaient insufflé l'impulsion qui manquait à l'évidence pour se concrétiser. Mais les deux fous étaient loin d'imaginer qu'une fois, une seule fois suffirait à contaminer le futur, jusque là jamais envisagé.
Car longtemps après, la peau se souvient. De simple organe elle s'était faite parchemin, sur lequel chaque arabesque de caresse racontait son désir en frisson.
Longtemps après, la peau se souvient encore. Au détour d'une pensée qu'on croirait égarée, un liseur averti aurait su y déchiffrer, les mémoires de l'épiderme sous ses yeux se hérisser.
Longtemps après, la peau se souvient toujours. Et aujourd'hui comme hier, psalmodie une prière.


Caresse moi...


...Du bout des doigts au creux des reins, traçant la voie vers tant d'autres besoins. Chaleur? fraîcheur? Climatiseur réglé sur choc thermique... Tickle him and tease her, sens déréglés sur choc dermique... Perte du fil des événements, se défilèrent étoffes et vêtements. Peau contre peau, les sensations défiant le temps. Au rythme synchronisé de deux palpitants, les amoureux dansaient sur la piste de l'épiderme brûlant. Deux (ré-)inventeurs d'un jeu de proximité obsédant réécrivaient les règles tout en jouant, ressentaient la symbiose qui se devinait depuis longtemps. Elle se cramponne autour de ses tremblements, eux deux drappés d'un amour adolescent qui regarde déjà plus en avant.
L'un à l'Autre, complètement, juste un instant, à se mettre dans on ne sait quel état au point d'être certain de ne plus pouvoir se lâcher, plus jamais. Plus après que les doigts se soient tenus si fermement.
La peau n'est jamais aussi perméable que lors de ces rencontres là, celles où elle laisse tout ce qu'elle couvre s'exprimer, s'harmoniser. Dans la peau l'un de l'autre...

L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais les sens ne sont qu'une corde parmi d'autres à leur arc narratif et les deux conteurs n'ont pas encore tout dit sur ce qu'ils soupçonnent depuis un moment déjà.
Faits l'un pour l'autre.

Aime moi...

Tellement... Au point que les mots manquent pour le dire. Un coup de l'ironie -une notion familière- : La voie des sens se décrit si facilement, quand ce qui fait le plus de sens laisse sans voix. Mais puisqu'il s'agit d'une histoire qui n'en finit pas, il y a des chances pour que tout ceci n'en reste pas là. Des pages se tournent et s'enlacent en chapitres, les années glissent et demeure ce qui était là depuis le début, une évidence qui échappe à toutes les perceptions mais engendre tant de ressentis.

Ce qui aurait pu n'être qu'une aventure s'est transformé en épopée, les rebondissements ont tendu les bras vers l'éternité et à la force de leurs rêves bornés, ces deux là sont partis vers l'Horizon où les attend un Tout reformé...

...ainsi que deux plumes, pour peut-être vous le raconter?

◊ Commentaires

  • Kambei (278☆) Le 18 Juin 2018
    Merci pour ce bout de chemin, chère complice. La plume signe avec plaisir pour continuer l'épopée.
  • Leander (26☆) Le 18 Juin 2018
    Comme dit sur l'article à Kambei, mes larmes.. merci ~
  • Kmaschta (247☆) Le 18 Juin 2018
    C'est tout aussi beau de ce côté là du miroir.
    Si on l'ajuste bien on peut apercevoir l'infini par réflexion.
    Et tout au bout du tunnel rectangulaire, mes deux petits scribes de l'éternité.
    Je vous enverrai mes compliments autrement ♥
  • Eaven (680☆) Le 20 Juin 2018
    Parce que, ici ou ailleurs, ça ne change rien à la beauté des mots, et de tout ce qu'ils soulèvent.
  • Manerina (1403☆) Le 22 Juin 2018
    @Kambei Lu et approuvé. ♥
    @Leander Touchée. ♥
    @Kma Et le miroir c'est Toi. ♥
    @Eaven Et c'est une experte des mots qui dit ça, ça prend encore plus de sens. ♥