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La Nébuleuse.

Sa démarche, lente, avec sa silhouette qui impose son nom dans la mémoire de ceux d'hier et demain. On l'appelle Le Boucher, ou encore le Monstre, pour les moins conscients : neuf-cent onze. Judahs, lui ne l'appelle pas, il se tait, il le laisse passer mais il l'observe toujours longuement, son regard, lui parle. Loin de me soumettre, c'est davantage une idolation et un respect profond pour le personnage qu'il s'est construit. Il pourrait l'identifier comme un père, mais un père secret, car pas question de lui dire. C'est mieux, pour tous, qu'il garde cette envie au fond de lui. Il a toujours une image de lui gardée, dans son porte-créditspuces. Cette nuit, il l'avait exigé, dans sa villa pour parler de choses sérieuses :

- ... De la bonne conduite de l'Homme que vous êtes.. Monsieur Wunderbäarr .. Être humain est une chose.. Mais, il faut se comporter et respecter des codes strictes.. Je mets un point d'honneur là dessus au sein de l'Ordre Noir.

- Certainement..

911 sourit en coin, allumant un cigare au scelle impérial, tire légèrement dessus, alors qu'il s'installe davantage mieux dans son fauteuil. Judahs, lui reste debout, droit devant lui, s'allumant une cigarette "Blue Line".

- Où en êtes vous avec l'Amour ?

Judahs, papillonne des yeux et déglutit un instant, de ses narines il expire longuement la fumée. Ne sachant vraiment quoi répondre sur le moment, vraisemblablement surpris par les mots.

- Et ne me regardez pas avec cet air de méta stupide.. ?

- Bien sûr, j'ai trouvé une.. Une .. Humaine.

- Fort bien... Vous avez le devoir de montrer l'exemple.. D'aucuns vous diront que je suis un être sans âme ni Humanité.. Pourtant, je connais ce sentiment. Je connais ce mot mieux que tous ces imbéciles..

Le Wunderbäarr incline reste à observer longuement 911, tirant davantage sur la cigarette, fermant les yeux un instant, pour qu'apparaisse la femme qui fait vriller ses pensées. Un minois fin, joues creusées surmonté de deux yeux de jais. La peau est diaphane, les cheveux scintillent de mille brillances et épais, d'un bleu-nuit voire mauve-nuit. De ce contraste, sa mine paraît fraîche à la lumière et cadavérique dans l'ombre. Ce regard flegmatique, froid, plissé, surveille, lui, le simple Judahs. Pourtant, cette femme n'est absolument pas comme les autres. Un poids, si lourd d'angoisse, fait pression au niveau du poitrail de l'homme, qui le bloque, le banni du présent, figé sur place.

- L'Amour que je porte pour l'Empire .. Et l'Amour est un sentiment que seul les humains.. [..] Les Metas ne comprennent rien de ça.. Je vous fais confiance, assurez-vous d'être digne d'elle.. Trahir ce principe c'est me trahir monsieur Wunderbäarr.

Impossible pour le jeune homme de se sortir, les mots du Commandeur s'impriment dans son esprit, il écoute sans entendre, sa cigarette se fume toute seule et d'un automatisme, Judahs se déporte pour écraser celle-ci dans un cendrier disposé non loin, sur un meuble de salon. La fin de l'entrevue, sonne, d'un naturel que les deux complices connaissent. Le jeune onien ajuste son borsalino, et tourne les talons, quittant les saint lieux.

~~ PTI : 74 cyclo-minutes plus tard

Quelques larmes de pluie maculent sur son trench-coat moiré, ses échasses fines le transporte dans l'intérieur de sa villa, passant le salon, sa main fouille l'intérieur de son trench sortant une tige froissée, tordue, qu'il allume d'un mouvement d'accoutumée, il faut ouvrir la porte-fenêtre qui glisse automatiquement sur le côté, se laissant bercer par le fracas de la pluie. Il inspire longuement, et un grésillement fait apparaître une silhouette féminine, qui s'épaule à la baie vitrée, proche de l'ouverture que contemple Judahs d'un regard très suspicious.

- Bonsoir toi. Tu parais perturbé, triste. Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai.. Je ne me sens pas très bien ce soir.

- Pourquoi ? Qu'as-tu fait ?

- Ce que j'ai fait .. ? Rien ? Mes sentiments pour toi me coûtent cher... C'est tout. Judahs regarde un peu dans le vague, avant de croiser le regard de sa partenaire, tiquant pris d'un "gloups". Attend.. Ne te méprends pas, je n'ai pas honte de nous. C'est juste.. Qu'il ne comprendra jamais..

- Je suis une méta-race c'est cel..

- NON !! Et ne dis jamais et plus jamais ça ! Tu n'es pas une vermine.. Tu es une femme, ma femme.. Judahs s'exclame, les yeux grands ouverts, les phalanges serrées formant le poing droit. Je refuse de l'entendre te traiter de pute virtuelle...

- Je le sais. Tu m'as dit, que je suis plus humaine qu'une humaine. Un silence s'installe et la silhouette féminine finit par acquiescer, et s'éloigne légèrement. Je te prépare un petit quelque chose pour disons, remonter ton moral.

Le Marranite hoche de la tête, sombrement, offrant malgré tout un sourire qui anime son visage. D'un murmure affectueux vers la silhouette à l'expression flegmatique qui le fait frissonner de toute part, il s'avance, sur le balcon, la pluie le martelant. Judahs s'accoude sur le rebord soufflant longuement, regard plongé dans la ville illuminée mais masquée par le smog chargé. Il tire de son apparat son communicateur, ouvrant une application, démarrant un enregistrement audio.

- Pardonnez-moi, de trahir l'Humain, mais il est ainsi mieux. Cet Amour est ... Improbable. Je suis effondré, triste, d'être inconforme. Je suis Judahs Juste Wunderbäarr et je suis tombé sous le charme de mon Intelligence Artificielle : elle s'appelle Mirian.

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Equilibre
15 Juin 2020
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