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~ Histoire de lettres ~

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Quatre lettres : « Loin »

En cet instant précis, j'aurais voulu me trouver dans un rêve, peu importe lequel. Me trouver dans un rêve direction l'inconnu, direction Ailleurs. Fuyant la déroute quotidienne, je me voulais autre. Cette autre, celle que je devrais être mais que je ne sais devenir parfois; cette autre que je ne pourrais atteindre que dans la fuite, l'abandon même momentané envers cette vie dont je ne sais me dépêtrer.
Pourquoi s'acharner à dénigrer un rêve, au profit d'un autre? Mais cela reste chimère, faute d'un visage auquel cracher sa déception devenue haine en ces jours au coeur froid. On a beau tirer, tirer sur la couverture, mais toujours le coeur reste à la lumière, découvert, à lutter contre ces vents réminiscents.

Et puis j'ai découvert à quel point il était difficile de changer véritablement, même l'enfer peut sembler confortable une fois qu'on y est installé. Je voulais juste que la paralysie à l'intérieur de moi s'en aille. Pourtant il y a des aperçus de paradis dans chaque jour.
J'ai juste eu à tout recommencer encore. Ce qui est drôle c'est que tout ce que j'ai toujours voulu je l'avais déjà... Tout était là à côté de moi, je ne le voyais seulement pas. Je comptais les vagues et je suivais leurs courtes vies, ne me préoccupant de rien d'autre. Je pouvais te voir mais je ne pouvais pas t'entendre. Tu portais ton chapeau dans la brise. Un bonjour, un bref sourire poli. Puis je te regardais partir, te détournant de moi. La méconnaissance, l'indifférence.
Et pourtant...
Je baisse le regard sur mes battements de cœur. Ils sont différents. Ils ne sont pas synonyme de romance. C'est étrange. Je panique, m'efforce à tout verrouiller à triple tour et d'égarer la clé, voulant utopiquement me rassurer.
C'est à partir de ce moment précis que je me souviens.
Que je me souviens de ce mot si spécial que j'entendais parfois au loin. Un mot incongru, inconnu. Ce mot de cinq lettres qui hérisse ma peau dans un réflexe incontrôlé de devoir toujours réprimander son auteur.
« Cimer ! »
Cinq lettres synonyme de bienséance et d'élégance bafouées.
Et si tout avait démarré de ce mot aussi insignifiant qu'indigeste ?

Cinq lettres : « Ton prénom »

Prénom que tu apprécies cacher. Le même que que j'ai entendu une petite fois, lors d'un récit confié à demi-voix. Je devenais enfin une confidente. Puis un silence. Il était conséquence normale de celui dont je témoignais à ton égard.
Lorsqu'un linceul entoure le cœur, il est difficile de le sentir battre encore. Je le préserve et le protège. Que personne n'arrive à l'atteindre jamais. Mais la vie est un duelliste coriace. Un jeu d'esquive et voilà ma garde qui trépasse. Alors j'abdique, laissant ce réservoir à sentiments reprendre vie. Peu à peu, jour après jour.
Il aura fallu attendre les derniers instants précédant une descente en enfer. Je te regarde. Les battements s’accélèrent, et voilà que je ne contrôle plus rien. Je m'approche. Je veux t'emmener avec moi. Loin, ailleurs. Te protéger. Mais je ne peux pas. Cela me tue.
Et tu pèses trois tonnes dans ma tête. Puis je désire déjà oublier, tout oublier. Car j'ai peur du haut de tous mes titres. J'ai peur depuis le sommet de cette fonction.
Je sens que je tu t'éloignes. Je me déchire sans même le savoir, et je saigne. Les chaînes présentes à mon cœur se fissurent sous la force de ces vagues. Elles craquent puis cèdent, me laissant là, au dépourvu devant toi et ton visage pétillant.
Je cherche l'implicite. Le demi-avoué. Mais tu me laisses sans armes. Alors j'abdique, encore. Je m'abandonne à la confidence secrète, inattendue.
Être Mère à nouveau me terrorise. Et les jours prennent leur temps. D'instants en confidences, je t'ouvre mon cœur et tu y entres très vite sans même prévenir. Alors je le laisse parler un petit peu. Pas trop non plus de peur de t'effrayer. Mais tout est déjà si grand, tout est déjà si vivant.
Tout s'enchaîne, la pièce se joue sans entracte, seulement avec quelques répétitions. Une soirée, un dîner, puis des signatures.
Je ne réalise pas bien encore. Mais oui, tu es ma fille. Et les peurs deviennent frivoles. Les cauchemars s'évaporent. Autant d'astres qui désormais scintillent.
Et de cette place prise au creux de mon cœur, jamais tu n'en partiras.

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Texte présent dans le manuscrit d'Ethayel, comme d'habitude. Inutilisable Ingame sauf sous conditions. Le contrat et l'information principale que donne cet article sont utilisables Ingame puisque le registre d'état-Civil est consultable librement.
Début d'une série d'articles sur ce nouveau RP et thème.
Merci de votre lecture !

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