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Patience

Assise sur un fauteuil en terrasse, une bouteille d'ambré posée à son habitude sur la table accompagnant son verre plein qu'elle tient en main, elle profite de ce temps d’accalmie, un sourire accroché à ses lippes. Ses jambes croisées par-dessus le bras du fauteuil, elle laisse l'air lui caresser sa peau nue et moite de quelques événements passés. Ses joues rosies, son regard détaché, elle bat le vent de ses pieds en un rythme qui lui appartient. Le smog s'étend en bas, et les néons luisent indéfiniment dans cette clarté artificielle, illuminant les pas des fouilleurs et autres créatures de la nuit. Elle se laisse aller à quelques rêveries nocturnes ... Se délassant, impériale, sur son trône surplombant les activités peu recommandables qui s'y activent.
Il y a de ces choses que seul le temps peut créer. La patience est une vertu que les vieux sages ont pu acquérir avec l'âge, et que les jeunes envies sans pouvoir encore ne serai ce qu'imaginer les bienfaits que cela peut apporter. Et si je n'ai pas su le saisir au premier coup d'œil à notre rencontre, je l'ai compris avec les années qui ont pu s'écouler, nous séparer, nous rapprocher...
Je me souviens ...
Elle amène entre ses doigts le liquide chaud jusqu'à ses lèvres brûlantes. Une légère brume s'échappe de son souffle incendiaire avant d'aspirer les arômes chaleureux de son poison du réconfort. Ses opalines se ferment un instant... Savourant la tranquillité enfin acquise alors qu'au loin, un ronflement léger se laisse entendre par la baie laissée ouverte.
Au tout début, tu me semblais bien mystérieux. Assis à mon comptoir, tu n'étais pas des plus enjoués, mais sûrement l'une des oreilles les plus sensibles que j'ai pu voir. Tu écoutes pendant des heures les discussions, rassasiant ta soif de société avant de disparaître dans quelques coins sombres, loin de mes pensées. Parfois jouant de ton espièglerie afin de pimenter ton ennui. D'ailleurs, c'est comme ça que tout à commencé, tu te rappelles ? Moi qui t'abordes en bonne serveuse, et toi qui me permets de t'offrir ce que je souhaite... Néanmoins, je ne te connaissais pas encore, et mes distractions étaient sûrement plus légères que tes pensées effarouchées qui devait semer le bordel dans ton esprit. Un sex on the street plus tard, et te voilà abonnée à vie à mon comptoir ! Très vite, ma curiosité a pris le pas...
Je sentais que tu étais quelqu'un de spécial, sans m'imaginer encore à quel point, et la place que tu prendrais dans ma vie.
Les soirées s’enchaînaient au Continental et à l'impasse, je t'y croisais régulièrement et notre Sud vivait pleinement. Tu t'amusais beaucoup de voir les nombreuses personnes essayant de me séduire vainement, visiblement. Au point même, au détour d'une pix de me chambrer, tout en me pénétrant de ton regard à défaut d'autre chose ... Naïve que j'étais ! De me suggérer que le barman sans visage, timide et silencieux, pourrait bien en vouloir à ma culotte.
Je te l'ai rappelé tellement de fois cette anecdote dont tu es l'acteur. Comment ne te lasses-tu pas ?
Quelques mèches blanches, sauvages et rebelles, indisciplinés et revêche habille son corps frissonnant sous la fraîcheur de la bruine qui s'est invitée à sa soirée. Une fine rosée se dépose sur elle alors qu'elle souffle un petit rire nasal. L'agitation nocturne dans l'appartement semble se tourner dans les draps. Peut-être s'est-il rendu compte de son absence ? Un petit moment de silence ... Et la respiration calme et rythmée reprend.
Je ne sais pas si tu t'en étais mordu les doigts à la suite. Mais toujours à mon comptoir, tu venais t'assurer que j'étais heureuse, en toute simplicité. Le temps des confidences et du rapprochement n'était pas encore venu. Mais nous nous lions d'une entente cordiale qui fût à l'avenir une base solide dans notre relation. Une confiance s'acquiert, tu es de ceux qu'on apprivoise, je l'ai bien sentis dans ton regard, au détour des verres et des discussions banales.
Tu as toujours été là ...
Après mes cryos, j'ai toujours été surprise de voir que tu t'étais inquiétée de mon absence. Je ne pensais pas que je pouvais te manquer. À l'époque, tu n'étais pour moi qu'un compagnon de comptoir... Et puis à mes retours, tu as toujours été là, à m'écouter, parfois me sermonner, une certaine complicité s'est installé. Parfois, on ne se disait rien. Mais en avait-on besoin ? On s'accompagnait et s'accordait dans nos solitudes et notre mélancolie romantique. Des acolytes d'un soir ou d'une après-midi. Boire pour oublier, se taire pour se calmer.
Tu n'as jamais vraiment été bavard, mais je savais.
Un soupir s'exfiltre de ses lèvres, long, calme, la sérénité la rattrapant. Elle réouvre ses yeux l'air émue à ses pensées et ces ressassements de ces souvenirs. Comme si l'évidence était devant elle depuis le début et qu'enfin elle arrêtait de se débattre inutilement. En un geste automatique, elle vient remettre l'une de ses mèches volages derrière son oreille.
À force, je savais voir quand ça n'allait pas, je le devinais. Mais tu ne m'en laissais pas une miette, alors que je voulais juste t'écouter. Seul, on peut sembler plus fort, mais à deux, on va plus loin non ? Je t'ai pris pour une figure paternelle pendant longtemps. À me faire la morale et essayer tant bien que mal de me mettre sur le droit chemin. Je t'aimais déjà, ça se voyait, mais pas la même façon que toi.
Et pourtant ... !
Un mordillement de sa lèvre trahit ses pensées secrètes et son sourire en coin un amusement certain. Elle arrête un moment de regarder le néant et de battre ses pieds, prend son com pour en lire certains d'entre eux. Retrouvant son air léger, elle prend une gorgée de son skiwi.
Tu as su être patient, m'apprivoiser, comme j'ai pu tenter de t'apprivoiser. Voir qui j'étais au-delà de mon corps, m'accepter au-delà de mon métier que tu exécrais au plus au point. Pour ma part tenter de percer ton armure afin d'atteindre ton coeur et ton âme. Tu t'es excusé de tes jugements sur mes choix. Par forcément les meilleurs, mais j'ai tout fait pour te rendre fier et t'écouter. Car malgré ce que l'on peut croire ...
J'écoute, j'entends, je comprends
J'ai essayé d'être heureuse. Avec Slytia avec qui j'ai fini mariée grâce à toi, avec Law dont tu détestais me voir revenir les larmes pleins les yeux, avec Djoogo que tu m'avais conseillé malgré un premier contact qui me semble t'il, tu as toujours de travers ... Mais je n'ai fait que leur faire du mal et les rendre malheureux. Des "victimes" comme dirait Minori... J'ai fait des erreurs, j'ai cru avoir droit au bonheur. Et celui qui ne m'a jamais abandonné : c'est toi. Celui qui venait me soigner après mes conneries, sécher mes larmes après mes peines : c'est toi. Le seul en qui j'avais assez confiance pour TOUT dire sans exception. Et ce, malgré ta vie et tes difficultés, malgré nos peines et nos cœurs brisés, de ses espérances peut-être irréelles pour le commun des clones... Toi et encore TOI...

Le verre fini, elle vient le reposer sur la table basse. Prenant une grande inspiration, elle écrit un com ... Quelques fusillades au loin se font entendre alors que la pluie se tarie enfin. Elle semblerait au bord des larmes si on la voyait, ses prunelles pastel reflètent le petit écran dans sa main, lui qui l'illumine et donnerait presque vie à son minois diaphane...
Je t'aime mon amour ~
Tu as le droit au bonheur et à l'amour, tu sais ? Et si je peux te le donner et te rendre heureux, conserver ce sourire sur tes lèvres et partager nos joies encore et encore, j'en serai des plus heureuses et des plus honorées... Pourquoi je n'y ai jamais songé finalement ? On me l'a déjà demandé.... Et j'ai cherché des excuses. J'en suis à court dorénavant et j'espère qu'on nous laissera la tranquillité pour en profiter l'éternité de ce calme que tu mérites après tous ses combats passés.
L'ombre blanche se lève enfin en s'étirant légèrement. Elle laisse tout posé sur la table et se dirige vers la baie, la laissant ouverte. Silencieusement, elle s'approche du lit ou des cheveux gris dépassent de la couette, à sa place la forme de son corps ayant pris la sienne. Elle vient se pencher au-dessus de lui pour lui remettre quelques mèches volages et lui embrasser la tempe affectueusement. Comme si tout avait toujours été comme ça.... Humant son parfum un instant, elle ferme les yeux savourant sa présence rassurante.
Ta patience m'a vaincue, je dépose les armes...
On ne sera pas les plus glamours, les plus enviés, les plus scandaleux, ou les plus dépareillés ... Mais on sera Nous, ensemble avec ou contre l'adversité. Et peu importe ce qu'ils pensent de moi, de toi, ils ne comprendront jamais ce que nous avons construit avec le temps, et ne saisiront les nuances de cet enchantement. Cela durera le temps que ça durera, mais si on a pu se supporter plus de 15 ans ... Est ce que 15 de plus semblent si fou ?
De sa main fine, elle vient soulever le drap pour s'y glisser contre sa peau, elle fraîche et lui si chaud. Il marmonne un brin et en un automatisme, comme si un manque vital lui prenait, il vient la happer de ses bras pour l'enserrer et ne plus la laisser repartir. Blottie dans son étreinte, elle sourit béatement et laisse sa respiration se caler sur la sienne, écoute sagement les battements de son cœur... Avant de s'endormir, la poupée dans les bras de son vieux con bien-aimé.
Oh Full ... Qu'est ce que je serais devenue si je t'avais toi aussi perdu ... ?
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As usual article totalement HRP !

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Une journée de plus
25 Juin 2020
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