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Vale Doctor - 1

Je pensais y échapper. Je pensais que j'étais inébranlable et que malgré toutes mes galères traversées, je tiendrai toujours. Après tout, j'en ai eu des claques, des creux, des envies de partir. Mais je suis toujours resté un homme debout.
Sauf qu'aujourd'hui ça n'a plus rien à voir. L'Imperium, ou ce qu'il est devenu, ne vaut même plus la peine de se battre. Il n'est plus rien, dévoré par le conflit. Autant que moi même je me suis dévoré l'esprit.
J'ai honte. Car je me suis laissé consumer par le pessimisme et le chaos. À force de jouer avec les avenirs possibles dans ma tête, à force de laisser petit à petit le rêve pessimiste dominer sur l'optimiste, je me suis rangé dans une voie obscure dont je ne vois plus de sortie possible.
Rongé, détruit. Je suis mon propre ennemi. En guerre contre ma propre tendance à la destruction. J'ai voulu tous les anéantir. J'étais à deux doigts de le faire. La pensée même que ça m'a traversé l'esprit et que tout était en place pour ce faire, me rempli d'un certain dégout de moi même. Qu'y puis-je... Si j'ai été poussé à bout comme jamais.
Ma femme est partie. Ou plutôt est revenue, pour mieux me quitter. Parce que j'ai été me consoler auprès d'une autre. Mais cette autre a été mon seul soutient pour tenir pendant ces jours difficiles. Sauf que quand même ce pilier s'effondre et qu'elle part à son tour, que me reste t-il alors?
Rien. Ou plutôt plus assez.
Je suis vide. Je n'ai plus envie de rien. Si ce n'est de me libérer de tout ça. La décision est prise, c'est acté d'avance. Je part pour de bon cette fois.
Pour autant je suis pas du genre à partir dans le cycle en laissant tout tomber.
Il me reste encore assez d'esprit du devoir pour continuer et finir au moins ce que j'ai entrepris. Finir le QI. Finir deux derniers livres à transmettre. Finir mon héritage. Une heptade... ou une heptade et demi... Voilà le temps qu'il reste.
Commencer à avertir que je m'en vais, de ne plus trop compter sur moi. Et comme par magie de me faire inonder de propositions et de travaux à faire. Pauvre Imperium. Il faudra bien que tu apprennes à te passer de moi. C'est terminé.
Quelques retours disant "C'est dommage." ou "L'Imperium a pourtant besoin de gens comme vous." Mais pour chacune de ces phrases, combien d'autres diront "Bon débarras..."
Je suis las de ces vermines rampantes. J'ai besoin de repos. 44 ans sans aucune pause. J'ai peut être droit d'en prendre non? Que je sois là ou pas je n'empêcherai pas l'Imperium de s'écraser. Je n'ai plus envie de voir ça. Je reviendrai s'il daigne reprendre une pente remontante. Sinon je n'ai pas envie de voir de mes yeux se réaliser mes pires cauchemars.
40 ans de vie. 40 ans de descente visible de l'Imperium. 1/3 du temps. Il te reste 40 autres années pour inverser la tendance, sinon tu auras passé le point de non retour. Et dans 80, tu auras disparu...
C'est inéluctable. Je l'ai vu, je l'ai calculé. Mais je n'ai plus la force de tenter de mes petites mains de changer le sens des engrenages. Je me suis fait broyer les doigts déjà.
Essayez donc vous qui survivez. Ne regardez pas vous même mais l'Ensemble. Ou c'est Ensemble que vous périrez, vous même compris.
Je ne part pas sans rien laisser. J'ai une fille que j'aime. Et pour elle il faut que je continue d'exister. Je sais comment faire. Et j'emploie également mes journées à cela depuis ma décision. C'est ma punition.
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Il éteint sa simulation d'Imperialization, aux paramètres sectoriels, après avoir exploré diverses possibilités d'avenir et prit des notes.
Puis il se tourna vers le droïd non loin de lui, lissa son uniforme.
- Prêt Tore? Lance l'enregistrement 21f.
La caméra activée, l'outrilien commença à parler face au droïd.
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Presque deux heptades finalement ont passé. Deux heptades nécessaires pour boucler tout ce qu'il avait à faire, retenu pour divers autres tâches, un départ toujours légèrement différé. On aurait dit qu'ils faisaient exprès pour le retenir. Mais il n'allait pas le repousser indéfiniment, la décision était prise et il s'y tiendrai.
Tout avait été légué, tout était prêt. Il n'avait plus rien à faire ici.
Il avait fait ses adieux au QI aux personnes présentes lors de l'inauguration. Les sept personnes qui étaient restées à la fin l'avaient écouté. Certaines étaient déjà au courant de son départ prochain. Pourtant au fil des mots, l'humeur joyeuse de la visite laissa place à une chape mortuaire qui s'abattit sur le salon. Chacun prit conscience de la réalité, et ceux qui n'étaient pas encore au courant furent stupéfait. Un silence lourd et troublé s'installa, percé que par les vaines demandes de rester et les explications clairement insuffisantes de Cryx, mais il ne pouvait tout raconter là. Ils essayaient de lui dire qu'en travaillant en équipe ils pourraient travailler à redresser l'Imperium.
- Vous n'avez pas besoin de moi pour ça.
Il avait confiance en eux et croyait en leur capacité.
- Que tu crois.
- On aura toujours besoin de toi; tu le sais bien !
Il secoua la tête.
- Vous ne pouvez vous résoudre à être dépendant d'une seule personne pour avancer.
Depuis 40 ans il avait peut être trop tendu la main à trop de monde à les assister dans le dos bien plus que de raison. Faisant que finalement s'il les lâchait ils se sentaient tous incompétent, dans des tas de domaines, dans plusieurs OI et annexes. Il était temps de lâcher la main pour de bon et qu'ils apprennent par eux même à suivre ce qu'il avait enseigné.
- Je ne suis qu'un individus, les individus n'existent pas, ils sont sacrifiables. Il n'y a que les tendances des masses qui comptent.
- Nous le sommes tous mais certains sont des boulons qui font tenir le tout.
- Je n'ai plus rien à apporter dans les courants actuels.
Mais débordée par l'émotion ambiante, sa fille Adelheid craqua et partie en pleurant.
Après un dernier adieu à tous il parti la rejoindre. Elle était recroquevillée dans son lit, pleurant, hurlant tout ce qu'elle pouvait. Cryx se sentait impuissant à la réconforter malgré le soutient de Kemelvor. Il ne savait comment gérer sa crise de larme, il fit ce qu'il pu mais elle ne s'arrêtait pas. Il fini par les laisser tranquille pour la nuit, la laissant aux soins du vaut.
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Deux jours après, il enfila un costume blanc, se regarda dans le miroir, se coiffa au mieux et se mit en route pour le centre de cryo. Il n'avait prévenu personne de la date exacte de départ, il ne voulait personne d'autre que sa fille. Et il avait autorisé que son compagnon soit là pour la soutenir. Après un passage à la Domus, il sorti comme si de rien et entra dans le grand bâtiment froid.
Mais sur place, arriva en même temps une autre vautourde que sa fille. Elle n'aurai pas du être là... Il fronça les sourcils en la regardant alors qu'elle s'approchait.
- Vous comptiez vraiment partir sans me dire au revoir ?
Il la serra contre lui pour lui dire adieu et échangèrent quelques mots avant qu'elle ne s'écarte pour se blottir dans un coin.
Dans l'attente, sa fille qui était entré avec Kemelvor, avait craqué et était ressorti. Il la rejoint dehors pour la consoler et la faire venir.
La petite était désemparée, elle avait du mal à le regarder, encore plus à parler, emplie de colère et de désespoir à le voir partir.
- Il faut que tu sois forte et courageuse et que tu suives Kemelvor, qu'il puisse te soutenir, afin que toi même tu puisses travailler.
Ses deux droïds qu'il avait amené avec lui restaient non loin.
- Tore, Stilly, à partir de maintenant vous switchez de propriétaire, et suivez Adelheid.
Il prit Adel dans les bras pour la serrer contre lui tendrement.
- Je suis pas très doué pour les adieux puce... Faites en sorte que je revienne.
Les larmes perlaient à ses yeux, alors qu'Adel sanglotait contre lui, ne tenant même plus debout.
- Je t'aime ma fille.
- Je t-t'aime au-aussi...
Il essaya de se détacher mais elle s'accrocha désespérément à son bras, gémissante de douleur et serrant autant qu'elle pu avec le peu de force qui lui restait après des jours de pleurs.
- N-non... non..
- Chérie... je dois y aller...
Il la reprit contre lui pour un dernier câlin.
- Pars pas...
Kemelvor se joint à l'embrassade en les entourant tout deux de ses plumes, lui même envahi par l'émotion ambiante bien qu'il cherchait à le cacher.
- Il le faut... Tu comprendras un jour.
Il fini par se détacher pour éviter de faire durer le supplice, et se recula doucement en direction de la porte. Sans quitter des yeux Adel, il souffla un ordre à un des droïds.
- Tore... deux minutes. Maintenant.
Rentrant dans l'ascenseur, sa fille effondrée contre Kemelvor à le regarder, il lui adressa les derniers mots.
- Vale ma fille, à bientôt.
Les droïds se rapprochèrent de la fille et bipèrent tristement. Sur un dernier signe de la main d'Adel, les portes se refermèrent.
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Il resta seul avec ses pensées tandis qu'il s'enfonçait dans les tréfonds du Centre de Cryo. Une petite pièce qui lui était dédiée s'ouvrit avec une cuve à l'intérieur.
Il se déshabilla doucement, rangeant ses affaires dans le casier dédié et frissonna.
Il se tourna vers la cuve et s'avança doucement. Les pieds nu sur le sol, celui ci était aussi glacial que toute l'atmosphère.
Cryx rentra dans la cuve et se retourna pour un peu plus face au bouton fatidique.
Une sorte de crainte le prend subitement au cœur... Celui ci s'accélérant.
Je veux pas m'en aller...
- Il le faut.

Il dressa la main un peu hésitante, et l'abattit sur le bouton. La porte de la cuve coulissa pour l'enfermer à l'intérieur hermétiquement.
Le nuage froid empli le caisson dans un souffle. Une larme n'a pas le temps de finir de rouler sur la joue qu'elle se fige. Des petites frises fractales de givre se répandent sur la vitre du bas vers le haut, troublant légèrement la vue vers l'occupant.
Dans un sifflement, le caisson se remit en branle en quittant son logement temporaire, porté par une énorme pince et prit la direction de l'intérieur, rejoignant des longues rangées de cuves bleues sombres en attente depuis des éons.
Celle de l'outrilien se rangea dans son logement et s'immobilisa, pour un temps indéfini.
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Dans la salle de réception, après quelques minutes, c'est avec une marre de larme sous les yeux qu'Adel essaye de retenir de sangloter en vain. S'effondrant dans les bras de Kemelvor, il l'amène plus loin dans un coin pour la dorloter, la laissant ensuite exploser en larmes.
Spoiler (Afficher)
hrp sauf pour ceux qui étaient présent. Je coupe cet acte final en deux parties, plutôt que faire un seul EDC de 15min à lire.
Merci à tout ceux avec qui j'ai joué pendant ces presque 4 ans, qui ont aimé ou détesté mon perso. Et bon jeu à vous.

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