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[RP] Cauchemars

J'ai perdu du temps
Ensuite je t'ai perdu toi aussi
Pourtant dieu sait que dans ma vie
Tu fais la pluie et le beau temps


Encore une fois, je le connais bien à force, ce mauvais rêve, celui qui va me faire crier dans mon sommeil avant que j'ouvre les yeux le front autant à sueur que l'intérieur de mes yeux. Je pleure, encore, je n'ose plus me rendormir de peur de voir encore cette scène de cul, cette scène dans le jacuzzi cette scène où je perds mon mari.
Elle me disait que je connaissais pas l'amour, ils me disaient, tous, que cela allait passer, mais ça fait deux ans et toutes les nuits sont encore des cauchemars et tous les matins, comme si je n'avais pas assez souffert, mon corps me rappelle ce que j'ai perdu en me faisant revivre cette odeur imaginaire de cannelle qui titille mes narines.
Je tente de vivre, de survivre, je déambule dans les sous terrains, dans les rues, l’âme autant dans le brouillard que notre météo quotidienne, chaque passage en SI est l'opportunité pour moi de le retrouver, de lui courir après, d'essayer de le tuer quand il me demande de l'oublier. Souvent dans le miroir je me déteste moi-même, j'ai beau tout essayer je sens encore son odeur, j'ai beau regardé ailleurs mais quand je ferme les yeux, seule, dans mon lit, ma peau frisonne en s'imaginant le contact de ses doigts, froids, sur mon derme désireux.

J'sais plus comment les attraper
Les mains qu'on me tend
Bien sur que je voudrais m'arracher
Des bras de la solitude qui m’enlaçait trop souvent


Encore un message, mamy Hati, comme je l'appelle, s’inquiète pour moi et me propose de dormir près d'elle afin d'avoir un œil sur ma personne. Trop de cauchemars dans trop de lieux différents, trop de rumeurs. J'en viens à me demander parfois comment des hommes peuvent encore venir se déclarer à moi en sachant que je suis bloquée dans le passé. Je voulais hacker son cœur mais il est finalement devenu mon dealer, sans lui je suis en manque, mon corps tremble, ma peau crie son nom en silence et mon âme plutôt que de me soigner par sevrage préfère m'injecter une petite dose pour rester dans la folie. La folie, oui c'est ça, je suis folle... de lui.

La moindre perche tendue me fait dire son nom, malgré les yeux froncés de celle qui est comme génitrice, malgré quelques pichenettes derrière la tête, malgré les bras de Tristana qui m'écoute lui rabâchant encore et encore mes sentiments, mes peurs et mes envies alors qu'elle est concentrée à la création de plusieurs armes, et malgré que Ryo se déclare encore et encore à moi, qu'il tente de me faire oublier le passé, qu'il me traque sans relâche pour savoir où je vais, qu'il tente de me charmer. Je suis là, à genoux, devant la matriarche sanguinaire espérant qu'elle s'excuse d'une souffrance que j'ai au plus profond de moi, sans en être la cause. Réclamant le pardon de chacun pour une traîtrise que je n'aurais pas commise, essayant de réparer un chagrin pour qu'un autre soit plus léger, mais cela ne marche pas, mon cœur, lui, est toujours brisé.

Je sais pas comment je vais faire, non
J'assiste à mon propre enterrement
Je n'ai pas besoin de fleurs
Je veux qu'on m'offre des jours meilleurs


C'est donc ainsi qu'est à présent le cadrant de ma vie, réveil dans la souffrance, journée dans le brouillard et nuit dans un cauchemar. Ryo tente d'entrer dans mon monde, de le faire s'exploser, il est un peu comme une météorite qui aimerait bien me percuter... sans y arriver. Trop de douceurs, trop mielleux, trop gentil, ce n'est pas cela que je veux, ce que je veux c'est des bras assez forts pour me soulever, un caractère assez fou pour me maîtriser, quelqu'un pour me recadrer. Comme si je n'étais pas assez désespérée, ma mère, pour diverses raisons, décide d'aller dans le caisson se reposer. Jamais je ne la lâcherais, mes bras autour de son mollet, je n'arrive pas à me décrocher d'elle, j'y suis attachée, je ne veux pas souffrir, pas une couche de plus dans mon monde brisé. Elle ne s'en va pas longtemps, juste de quoi se revigorer, alors pour me consoler elle appelle quelqu'un pour venir me chercher. J'aurais cru voir la présence d'une sœur quand c'est l'imposante carrure sombre qui se dresse devant moi, ma mère ferme les yeux, alors que la cuve fait son travail de cryogénisation, lui donnant sa bénédiction avant de s'endormir, alors que moi, les yeux rouges, le chagrin au plus haut, je me fais embarquer par la bête.
Même pas un jour avec lui qu'il avait déjà une dominance sur moi, dans sa maison, devant cette baie vitrée il m'apprend à l'oublier. Mes yeux bleus se perdent dans la vue des bâtiments lumineux, le smogg est léger ce soir, ferais-je encore des cauchemars ? C'est la question qui traverse mon esprit alors que ma joue vient se coller contre la vitre, que mon souffle chaud devient buée et qu'un gémissement, plus entendu depuis des lustres, vient à se faire entendre à nouveau. Serait-ce la fin ? Je n'en sais rien...

M'en sortir j'en fais le serment
La douleur je préfère en rire
Toute façon y'a rien à dire
Alors je la porte fièrement*

*Hoshi

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10 Juin 2021
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