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I. L'homme qui marche

D'aussi loin qu'il se souvienne il a toujours été un homme sensible, même si sa mémoire ne remonte qu'à quelques poignées d'heures. Être né pour marcher, pour remplir une fonction, naître déjà formé et doté d'une personnalité propre, d'un déterminisme social et de convictions profondes.
Drôle de condition que celle du nouvel arrivant, pense t-il, déambulant dans le dédale complexe de la ville en tenue d'hôpital, comme un grabataire échappé d'une unité de soin, un junkie pris d'une bouffé délirante.
Posté droit et immobile devant cette vitrine crachant des holo-images criardes, mode épileptique enclenché, il savoure la cibiche glanée auprès du vautour rencontré devant ce rade à la mode, un gaillard bienveillant qui aura reconnu l'accoutrement pathétique du Centre d'Arrivée, sans doute soucieux de se montrer accueillant.
D'inspirer à l'homme qui marche le sentiment que tout va bien se passer, qu'il est tombé dans un endroit confortable, que tout ira bien désormais.
Sensible, Amadeus est fatalement un sceptique par nature, et alors qu'il la fume à s'en brûler les phalanges, en écrasant le mégot il songe qu'il va falloir se prendre en main.
Le réflexe évident pour l'homme qui marche est de se rapprocher des lieux de vie, là où se rencontrent ses contemporains, Les agoras.
Les débits de boisson.
La faune y est diverse, sentir les effluves, découvrir les morphotypes, les erreurs de programmation. Enivrer ses sens, sentir l'alcool brûler l'intérieur de l'enveloppe, se faire bousculer, découvrir les interactions.
Il lui faut peut de temps, à Amadeus, pour découvrir qu'il aime être là, que son plaisir passe par ceux qu'il croise, que les relents quasi opiacés émanant de ces lieux de vice et d'oubli nourrissent son être.
En pyjama, il boit deux nouveaux shots. Découvrant par la même une carte à crédits qui semble alimentée. Ce qui lui évitera de découvrir d'autres sensations, plus désagréables, volontiers infligées par les deux trolls de l'entrée.
Retrouver l'effervescence de la rue.
Ivre.
L'errance sans but.
Jusqu'à la rencontre fondatrice, celle qui change tout, celle par qui s'opère la bascule.

La découverte
Explicit lyrics
Assise à califourchon sur son membre, elle sautille, de haut en bas, s'empale avec délice et redouble d'intensité. L'homme qui marche se découvre, subjugué, homme qui copule.
Elle l'aura sorti de la rue comme de l'ignorance et ses yeux parcourent sa perfection plastique, déesse charnelle bienveillante. Son corps animé d'une frénésie semblant difficile à contraindre, ses appétissants globes de chair secoués en rythme dans un ballet qui prêterait à sourire si elle ne l'excitait pas autant, ses cheveux encore humide en désordre, cette chatte lisse qui le provoque et le mène à la baguette, tant le simple fait de poser ses yeux sur sa perfection en fait le plus docile des partenaires.
Il explose, répand sa semence comme dans une seconde naissance.
Il peut désormais considérer être entier, terminé.
L'homme qui marche.
Seul dans l'immense appartement il termine de se rhabiller, sa volatile partenaire éclipsée, il a une vue superbe sur les lumières de la ville et un excellent breuvage liquoreux disponible en carafe.
De sa vigie il songe à la suite. Il ajuste sa chevelure peroxydée et boit deux verres d'un trait.
L'homme qui marche s'engage dans le luxueux ascenseur qui le ramènera à la réalité, au pavé, au niveau 0 parmi ses semblables.
Mais tout a changé, l'homme qui marche vient dévorer le monde.

Informations sur l'article

Amadeus Von Steiner
11 Janvier 2019
68√  9 4

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◊ Commentaires

  • Phylène (370☆) Le 12 Janvier 2019
    [ 4 000% Cyberpunk, on en attend des pions et des écrits comme ça ! Let's go ! ]
  • Asajj (824☆) Le 12 Janvier 2019
    Ça m'en rappelle des choses ce genre d'articles. Merci.
  • Alexf (26☆) Le 14 Janvier 2019
    GENIAL !
  • Amaryllis (99☆) Le 16 Janvier 2019
    Quelle ambiance... *