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EDC de Aellô

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Mĕmŏrĭa-01

Vision subjective ne peut pas être connue de vos pions.
Le cerveau en compote, emplit de smog ; les yeux luisant d'alcool et autre substances illicites. Si ce n'est pas ça et sa démarche bancale, ce sera certainement l'odeur de la mort'gane
qui trahira son ivresse.
Mais qui pourrait la voir ici ?
Personne.


Quelques seringues traînent sur la table basse, la pièce éclairée par quelques écrans, elle s'y traîne paresseuse, la bouche pâteuse et l'estomac noué. S'enfonce son corps dans le canapé usé, l'armature défoncée crisse sous son poids plume. Un souffle poussif s'extirpe du corps gracile... La descente va être rude. Elle le sent au fond de ses tripes... Les rétines traversaient de flash.
"Un an..."

Elle se penche tendue et prend le paquet de Rézo, si léger avec son unique et dernière clope...
...cette clope,
qu'elle n'avait pas fumée par angoisse, échappant ainsi souvenirs des cauchemars.
...cette clope,
qu'elle avait volontairement occultée aux faveurs des vapeurs et aux délices de la désinhibition.

Le geste mal assuré va soulever l'ouverture pour se saisir de l'unique. La main se lève ensuite, venant la glisser entre ses lèvres. Les muscles se crispent pris par un léger spasme... Lui aussi se souvient.
Elle se penche à nouveau, main tendue vers le briquet qu'elle presse du pouce pour l'actionner. Son regard reste un instant fixe à observer la réaction, angoissé.

...Une, deux, trois...


Elle inspire lentement une bonne fois, se gorgeant de courage et souffle un bon coup. La flamme vient lécher le bout rougissant. La fumée expirée pendant qu'elle tire dessus à plusieurs reprises, s'échappe de sa bouche éparse.

...Quatre, cinq, six...


Les mains se mettent à trembler, mais elle poursuit. L'odeur de chair brûlée se répandant tout autour d'elle, les souvenirs submergent son esprit ; envahissent ses chairs.

Noir, il fait noir.
Quelque chose dans l’atmosphère a changé, impalpable et pourtant perceptible.
Un malaise s'installe, mais il est trop tard pour comprendre, sous leurs pieds ça se met à vibrer puis à trembler en propulsant certains de l'équipe au sol.
Elle se retrouve renversée, saisie par l'effroi de la situation comprenant trop tard ce qu'il se passait.
Se préparer au pire.
Non ! Ne lève surtout pas tête !
Colle-toi aux rails !

Pour une fois, elles s'étaient mises d'accord sur une chose... Elles devaient survivre.
Les secondes semblent s'éterniser, le rythme de son cœur tambourine à ses oreilles, le souffle court. Tout s’accélère précipitamment, saisit de vertiges, elle se trouve prise par une douleur fulgurante. Ses oreilles sifflent, le crâne vrillait sous l'émotion, lui arrache un hurlement.
... Et ce fut le vide.
Elle reste là sans bouger entre la vie et la mort, dans un état de semi conscient.
Du sang... Il y'a du sang partout.
Morts... Ils sont tous morts...

Elle s'agrippe aux épaules...
Sa voix.
Elle s'en souvient...
Présente à ses côtés.
Avoir prié...

Prié d'être assez forte pour supporter...
La douleur qui s'abat à nouveau.
Ses hurlements alors arrachés, lui rappellent que la vie peut aussi être cruelle.
Et cette odeur...
Portant une main à son cou, les serres s'enfoncent...
L'odeur de ses chairs qui brûlent...

Ses cris ne cessent pas, plaie béante de chairs à vif, de l'arrière des cuisses jusqu'aux épaules, elle n'est qu'une poupée écorchée, marquée à l'arrière de son crâne de la même manière.

Elle se souvient avoir erré dans ses délires, d'être sortie de l'ombre pour être éblouie de lumière... Il y avait des escaliers aussi, immenses à lui donner le tournis. C'est flou, brouillon, des mouvements rapides. Les sirènes chantent l'ode aux intrus. Elle se sent traînée et regarde les variations monochromes de rouge qui disparaissent peu à peu, laissant place à l’obscurité...

Non, elle n'était pas morte cette nuit-là survivant aux blessures infligées par les mécanismes du convoyeur. Restée en prises avec ses terreurs nocturnes, ces dernières s'étaient peu à peu calmées pour disparaître.

Vivantes...

Les plumes, ont repoussé, complétant son maigre plumage. Son corps porte à jamais les seuls souvenirs physiques de cet épisode.

Ses paupières s'ouvrent...

Qu'elle heure est-il ?
Je ne sais pas.


...Quelques seringues traînent sur la table basse. Elle se redresse sans force, une main est passé sur son visage. A sa portée, elle remarque ce qu'il reste de la clope pas tout à fait terminée. Elle se saisit du mégot et le porte à ses lèvres cherchant le briquet.
L'objet de ses convoitises trouvé sous la table, le mégot est rallumée. Il sent plus fort, peu ragoutant et pour autant...
M'ah, foutu bad trip...

...Tout va bien.
Elle tire une dernière latte, et bazarde le mégot plus loin d'un geste nonchalant.
"...Nous sommes vivantes."

Spoiler (Afficher)
Merci au MJ et aux participants de cette petite expé' courte mais sympathique qui a eu lieu il y un mois, je crois me souvenir d'un détail sur une description du JD Odul lorsque le convoi passe, peut-être un bruit fluet accompagné d'un hoquet smiley
J'ai mis un peu de temps pour l'écrire, ne sachant pas trop comment faire, alors voilà, il est ressorti le texte ci-dessus !
Merci aux proches et au moins proches de faire vivre mon pion au quotidien et à bientôt pour de nouvelles aventures !

◊ Commentaires

  • Shaia (521☆) Le 29 Mars 2016
    Super prenant :3
  • Odul (473☆) Le 29 Mars 2016
    Spoiler (Afficher)
    Un bruit fluet vous dites ? Hum... Un hoquet en plus ?
    Je ne pense pas, Odul est un exemple de contrôle de soi, une telle réaction bêtement primaire ne lui ressemble pas.
    smiley
  • Lyssana~60446 (17☆) Le 31 Mars 2016
    Super propre, j'adore ^^ N'étoile !
  • Aellô (678☆) Le 31 Mars 2016
    Merci pour les étoiles filantes !

    @Shaia @Lyssana Merci à vous deux !

    @Odul Certainement une locomotive à vapeur alors smiley