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EDC de Aellô

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Janus

Vision subjective ne peut pas être connue de vos pions.


Janus


Tournent les aiguilles sur l’asphalte. Roulé-boulé du caillou jusque dans le caniveau. Carillonne les bocaux dans mon dos, le bruissement des sacs marque le rythme de mon avancée... Il est encore bien tard.

Les lumières diaphanes des néons et autres devantures me guident à travers l'obscurité de la nuit. Les ombres lambda tracent leur route, tels des automates. Mes yeux en suivent une qui sort du rade non loin.

Un sourire se dessine sur mes lèvres, le regard moqueur, lorsque la silhouette se met à tanguer dangereusement en avançant. Chaloupant dans la brume, elle effectue quelques embardées manquant s'échouer par-dessus un rebord. Après bien des peines, elle se fait peu à peu diffuse puis disparaît.
Tu as vu les marques de ses vies croisées, taillées au couteau dans tes chairs éthériques. Tu les as côtoyées, ses âmes abrasées sur leurs piédestaux gonflaient par les émotions des moments présents. Si hautes, qu'elles se sont envolées. Me diras-tu encore qu'il existe toujours des lendemains meilleurs ?

Un croisement, quelques rues, traversée de terrains vagues. Je déambule dans les quartiers, funambule dans le smog. Se déploient mes espoirs face à l'éclat des vitrines, qui me renvoient le reflet du triste sir de mes pensées.

Je voyais mon univers s’étendre, se construire autour de lui ; rassasiant ce besoin d'appartenance, un envie d'avoir et d'être. Mais j'en ai oublié que le postulat n'avait pas de réciproque, édulcorant ce qui n'avait pas lieu d'être. Se fourvoyer autant fait mal... Comment ai-je pu me voiler la face ? La certitude de l'acquis, cette douce barrière rassurante, se fissure pour voler en éclat.
Tu marches à l'aveuglette ; ta vie, mise à la roulette. Mets une balle dans le chargeur et compte avec moi tes souvenirs, tes maigres secondes de bonheurs. Quel goût a le suintement des tes petits espoirs lorsqu'ils sillonnent les rigoles de tes sourires ?
Un soupir de soulagement sort une fois devant mon antre.
Je pousse la porte et en passe le seuil, la refermant dans un claquement. Le long couloir me mène à l'immense pièce à vivre que je dépasse pour traverser mon coin et attérir dans la salle de bain. S'ensuit une chorégraphie du corps. Mains qui se lèvent, tombent les sacs dans une cacophonie, froissement des vêtements qui chutent. Se mettre à nue face à soi même...
Pourquoi trembles-tu ?

Murmure empoisonné de mon esprit qui s'insinue dans les tréfonds, rebondit l'écho qui m'étire les entrailles. Le froid qui m’imprègne m'engourdit pendant que j'entreprends de me laver. Je suis forte.
Tu sais très bien pourquoi.

Nul besoin de mot. Une pensée, un ressenti, nous suffit. J'appuie plus que nécessaire, irritant la peau, m'efforçant à essayer d'effacer ce qui ne peut l'être. Ce qui ne peut-être atteint.
Ce corps m'appartient.
Celui-ci se crispe en une sorte d'appréhension mécanique. Il sait...

C'est un combat perpétuel, une fatigue sans fin. De mon éveil à maintenant, il n'a jamais cessé d'exister. Les idées se mêlent, se brouillent dans un grésillement parasitaire... Il me faut un peu de temps pour faire le vide, chasser les troubles n'est pas aisée. Mais, c'est moi qui suis aux commandes de ce destin.
... Autant qu'à moi.
Menteuse, traîtresse et de mauvaise foi en plus de ça ! Tu n'es qu'une lâche et une faible. Une misérable vautour qui ne vaut pas mieux qu'une chier de gnoll ! Tes gênes ne s'expriment pas correctement et tu le sais ! Tu as beau essayer, tu ne comprends rien, tu m'entends ! RIEN !!! Et si c'est pas...
Soubresaut du cœur, qui m'excède le self-contrôle.
Ça suffit ! Ferme là !

En tant normal, j'aurais cherché un autre corps auprès duquel m'accrocher. Je me serais allongée à ses côtés, nicher contre sa chaleur, mon monde dans ses bras.

Verrouiller les portes sans oublier d'enfouir les brèches sous l'indifférence. Je m'empresse à terminer avec la hâte de m'oublier.
*

Inspirer
Prendre du recul
Expirer


Se rendre jusqu'au lit dans lequel je glisse. M'enrouler dans la couverture froide, seconde peau synthétique faisant office de cocon.
A cette instant, je ne souhaite qu'une chose...
Tu sais que j'ai raison...
...
Sombrer
...


*
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◊ Commentaires

  • MockingJay (394☆) Le 26 Février 2016
    J'ai beau me dire que ça n'a pas du avoir tant d'impact que ça et qu'encore une fois mon perso s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, mais je culpabilise. x)
    *
  • Aellô (722☆) Le 26 Février 2016
    Merci pour les commentaires, les néoiles, c'est toujours encourageant pour la suite, pas facile de manier les mots pour en décrire d''autres (maux). Le texte est une référence à la nuit du 24 au 25 02. Cela dit, @DarKobalt, il y a quand même eu une sorte de couteau dans la plaie =P
  • Aellô (722☆) Le 26 Février 2016
    Je suis pas trop moussaka !
  • Shaia (659☆) Le 27 Février 2016
    Aaaaah, n'étoileuh :3